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 Young ones

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Arutha L. Kark
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MessageSujet: Young ones   Mer 2 Mai - 21:50



1er Septembre 2040

« Hé les Hunter ! Par ici ! »

Les jumeaux se retournèrent simultanément vers Amaranth Kark, dont la tête émergeait d'une cabine au fond du couloir. Son sourire éclatant n'était éclipsé que par la lueur de folle euphorie qui pétillait dans son regard. D'un grand geste survolté, le gamin de onze ans renouvela son invitation.

« Alleeeeeez ! Bougez-vous là ! Freya nous a réservé le mei-lleur compartiment. »

« Tu veux dire avec des sièges massants ? » se moqua la fille de Corvus et Esmé Hunter.

Son jumeau laissa éclater son amusement, à la fois convaincu par la pique de sa soeur et par la mine boudeuse du jeune Kark.

« Sinon vous avez qu'à vous trouver une cabine tous seuls.... »

« Pourquoi faire ? On déjà des places réservées. » rétorqua chichement le fils Hunter en marchant dans les pas de sa jumelle. Celle-ci ne s'était pas gênée pour poser la main sur le torse du jeune Kark et le repousser à l'intérieur, le faisant ainsi basculer sur la banquette derrière lui.

« Salut Freya ! »

L'aînée des Kark, jusqu'alors penchée par la fenêtre, rentra la tête à l'intérieur pour adresser un sourire aux jumeaux.

« Salut ! Je pensais que vous seriez en retard. » avoua-t-elle dans un sourire.

« Sans Maman on le serait. » reconnut l'adolescent.

« Ouai enfin surtout sans nous. Comme d'hab on aurait pu dormir au moins une demi-heure de plus au lieu d'attendre que Papa sorte du lit. On était même prêts avant Maman. C'est presque nous qui avons dû les mettre dehors. Tssss. »

« N'importe quoi ! Comment ça se la raconte ! Vous vous êtes sûrement pas levés aussi tôt que nous. » fanfaronna Ama. « J'étais tellement excité que je me suis levé aux aurores, sans réveil ni rien. Eh ouai ! »

« Et c'est moi qui me la raconte ? »

« Hey, Papa et Maman veulent te parler avant que le train parte. » interrompit brusquement Freya en fixant Amaranth.

Le petit brun rougit instantanément :

« Quoi ? Encore ? Mais.... je leur ai déjà parlé avant de monter ! »

N'ayant toutefois pas le courage de désobéir à ses parents - et surtout à son père -, le jeune écolier pencha à son tour la tête par la fenêtre. Les deux Hunter se moquèrent allègrement jusqu'à ce qu'Amaranth ne se retourne pour leur signifier que « Votre père aussi veut vous parler ! » et la séance de recommandations sérieuses se transforma en énumération de conseils idiots et de choses amusantes à faire à Poudlard, évidemment proférés par Corvus et aussitôt interdites par un Arutha et une Rosae mi-sérieux mi-amusés. Lorsqu'enfin la légendaire locomotive rouge siffla, les trois enfants serrés les uns contre les autres se mirent à agiter bras et mains, non sans se donner involontairement - ou pas - des coups de coudes.

« Je suis sûre que Maman va pleurer. » affirma Amaranth en refermant finalement la fenêtre.

« Tu veux dire pleurer de joie ? »

La taquinerie fit rire tout le monde, y comprit le fils d'Arutha Kark. Mais il n'avait ni le temps ni l'envie de répondre quelque chose de spirituel. Il y avait beaucoup plus important ! ... et urgent.

« Bon alors.... vous pensez que vous irez où ? »

« Ce serait cool d'être à Serdaigle ou Gyffondor, comme Papa ou Maman, mais..... »

« .... il paraît que les cuisines sont plus au sous-sol vers les salles communes de Serpentard et Poufsouffle. »

« Quelque part entre le lac et la Forêt interdite. »

« Quoi ?! »

« Bah ouai ! Ca fait un an que t'y es et tu sais pas ? »

« C'est sûrement parce que vos parents connaissent pas tous les passages et les pièces secrètes comme Papa. »

« Ouaip ! Lui il y a été plein de fois aux cuisines et il nous a révélé qu'elles sont entre le lac et la Forêt Interdite, parce que comme ça Poudlard peut être ravitaillé directement par un bateau qui arrive dans le lac. Et puis aussi récupérer des légumes qui sont juste au-dessus dans les serres. Et les Poufsouffles aiment bien les plantes et tout ça donc ils sont vers la Forêt. T'as vu, on est bien renseignés hein ! »

Freya parvint à garder son sérieux une demi-seconde avant d'éclater de rire. Les jumeaux échangèrent un étrange regard avant que la jeune adolescente ne s'exclame d'un ton faussement désinvolte :

« Non mais c'est bon, on fait semblant ! On sait bien que c'est faux et que c'est que des salades tout ce qu'il nous raconte. »

« Euh... ouai. Ouai on voulait juste tester la naïveté d'Ama. » approuva son jumeau.

« Geeeeeeeeeeenre ! Vous vous êtes trop fait avoir, haha ! Bah moi je m'en fous tant que je suis pas à Poufsouffle ! »

Son regard se tourna vers sa grande sœur en prononçant ces mots. Mais loin de s'en amuser, la deuxième année s'assombrit brusquement. Amaranth n'ignorait pas que leurs parents avaient été plutôt déçus par la répartition de leur aînée et ils n'avaient pas manqué de le lui faire savoir. Un an plus tard, la potion avait presque été digérée par le couple Kark mais le sujet demeurait sensible pour la jeune fille.

« T'inquiète pas : Poufsouffle voudra pas de toi. » rétorqua-t-elle froidement. « Et maintenant, je vais rejoindre mes amies. »

Et elle quitta le compartiment en faisant doucement claquer la porte.

« Waaaah ! Elle est énervée ta sœur ? »

« Ouai ! Elle est bête laisse béton. Et sinon vous voulez commencer par quel cours ? Moi j'ai tellement hâte de pouvoir lancer des sorts ultra puissants, genre Stupefix et tout ! »

Et il y arriverait, il en avait la certitude ! Tout comme ses deux compagnons de voyage. Les yeux brillants, les trois nouvelles recrues poursuivirent leur voyage jusqu'à Poudlard sans jamais se douter vraiment de ce qui les attendait....



Dernière édition par Arutha L. Kark le Dim 17 Juin - 20:28, édité 1 fois
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Arutha L. Kark
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MessageSujet: Re: Young ones   Dim 17 Juin - 18:46



2052

« Salut Frérot ! »

Amaranth eut un brusque mouvement de recul avant de porter la main à sa ceinture... en vain. Sa baguette trônait fièrement sur sa table de chevet trois pièces plus loin et de toute façon, il n'aurait pas besoin de se défendre contre cet intrus là. Pas à coup de sortilèges en tout cas....

« T'es familière avec le concept de prévenir les gens avant de s'introduire de force chez eux ou pas du tout ? »

« De force ? Non, pas du tout. » rétorqua Brie en agitant une paire de clés dorées.

Amaranth se promit d'apprendre à leur mère à mieux planquer ses doubles à l'avenir. En attendant, il n'avait pas le courage de débattre avec sa petite sœur sur la moralité de cette intrusion. Pas après avoir dormit aussi peu et s'être couché aussi tard.... ou aussi tôt. Tout dépendait du point de vue finalement.

« Qu'est ce tu veux ? » grogna-t-il en activant la bouilloire d'un sortilège.

« Waw ! T'as l'air de super humeur ! T'as passé une mauvaise soirée ? »

« On en reparlera quand tu me trouveras dans ton salon au saut de lit. »

« Ce qui ne risque pas d'arriver puisque les parents n'auront jamais le double de mes clés. Mais sérieusement, tu fais une drôle de tête. Ca va pas ? »

Amaranth soupira en se servant une tasse de café noire (sans omettre de ne PAS en proposer à l'intruse).

« Tu veux dire la tête de quelqu'un qui vient juste de se lever ? »

« Il est midi trente mec ! Ça veut dire que t'as fais la fête toute la nuit ? »

L'ancien Gryffondor ouvrit la bouche pour répondre... puis la referma subitement. Quelque chose clochait. Il n'aurait sû dire quoi précisément mais une petite main venait de tirer la sonnette d'alarme dans son cerveau embrumé. Sentant le changement, Bryony passa au ton de la confidence :

« Oh. Tu as fais des choses dont tu n'es pas fier. Je comprends frérot ! »

Un clin d'œil complice vint ponctuer cette déclaration. Et soudain, aidé par sa première gorgée de café, le cerveau d'Amaranth alluma sa première bougie.

« Pourquoi tu veux savoir ce que j'ai fais hier soir ? »

Le changement d'expression de Bryony fut si subtil que seules les personnes la connaissant très bien aurait pu le remarquer. Manque de bol : c'était le cas de son grand frère. Et il comprit que ces questions puaient la merde.

« Je m'intéresse juste à ce que....»

« C'est pas mes affaires ! » gronda le blond avant de vider sa tasse d'une gorgée.

Ça y est, la deuxième bougie c'était allumée.

« Mais je te demande pas...  »

« Parfait ! Me demande rien. »

« Ama ! »

Elle poursuivit son frère jusqu'à la porte de sa chambre, qu'il lui claqua au nez sans scrupules.

« Dis moi juste s'il était là ! ........ Alleeeeez ! ........ S'teu plaît ! ........ Juste ça ! »

La porte se rouvrit brusquement sur un Amaranth vêtu d'une robe lavande et d'une cape cendrée. Il écarta sa sœur d'un bras sans lui adresser un regard.

« Je te demande presque rien là ! Amaranth ! Je suis ta sœur ! »

« Et c'est TON copain ! » rappela-t-il en attrapant son trousseau de clé. « Ou ton flirt, ton amant, peu importe ce que vous êtes en ce moment. T'as qu'à lui poser la question ! »

« Mais arrête ! Il va croire que je suis une espèce de folle jalouse de tout ce qui bouge et qui veut contrôler sa vie ! »

Amaranth eu une seconde d'arrêt avant de brusquement éclater d'un rire mauvais.

« AHAHAHA ! Étonnant tiens ! »

Son sourire disparu toutefois aussi vite qu'il était apparu lorsqu'il vit sa sœur furieuse porter la main à sa ceinture.

« Turfermraenpartant » débita-t-il avant de s'echapper.

« PLUTÔT CREVER !  »

Son maléfice détruisit la poignée au moment où la porte se refermait. Faux frère ! Ca, il allait le lui payer, foi de Kark ! .... pitié qu'il n'en parle pas à Jay.
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Arutha L. Kark
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MessageSujet: Re: Young ones   Dim 1 Juil - 12:47



31 décembre 2059

« Alors... alors cette fois c'est vrai ? »

Je lève les yeux vers Jay, qui arbore un grand sourire. Pendant une demi-seconde, son regard irrésistiblement flamboyant, transpirant le bonheur, l'amour et toutes ces choses incroyablement niaises dont nous sommes les pauvres victimes, manque de me couper la chique.... bon, ok ; ça me la coupe. Je sens malgré moi mes lèvres s'étirer bien haut sur mes joues.

« Oh Merlin ! .... C'est vrai. » murmure Freya d'une voix tremblante.

Jay enroule un bras autour de mes épaules tandis que je me retourne vers ma soeur.

« Il faut croire que o.... »

Mais ! Attendez ! Me dites quand-même pas que....

« Hey ! Tu va pas pleurer ? »

Eh bah si. Oh la laaaa ! Même moi j'ai - presque - pas versé une larme. Bon, peut être juste quelques unes mais je suis la principale concernée donc c'est normal. Fé est vraiment beaucoup trop investie dans notre histoire !

« C'est juste tellement.... tellement.... »

Et elle continue de pleurnicher sans trouver ses mots, essuyant maladroitement ses larmes d'une main tandis que de l'autre elle tient le dernier arrivé dans la famille en Kark.

« Romantique ? » complète Jay d'une voix amusée.

La pique transforme l'émotion de Freya en un rire sanglotant. Quant à moi, j'adresse à mon rouquin une moue mi-reconnaissante mi-boudeuse ; faudrait pas qu'il l'encourage trop dans ses fadaises non plus. Mais ironie du sort, l'oeillade que je lui accorde suscite un nouveau sourire attendri dans notre direction. Merlin !

« Vous êtes parfaits ensemble. Regarde. » chuchote-t-elle à l'oreille du bébé à moitié endormit qui nous regarde silencieusement entre ses paupières à moitié fermées. « Il va devenir ton tonton pour de vrai. »

Cette fois-ci je roule des yeux sans cacher mon exaspération.

« Tu sais, je pense qu'il est bien au-dessus de tout.... mais hey ! Qu'est ce que tu fais ?! »

Je rêve où elle est en train de confier son fils à mon fiancé ?!

« Puisque tu fais partis de la famille maintenant, c'est ton neveu aussi. »

« Mais il a pas envie ! » je proteste.

« Je savais que j'aurais du lire toutes les petites lignes en demandant sa main à votre père. » se plaint faussement mon Hunter avec un petite sourire en coin « Zut. »

Ce qui ne l'empêche pas de tendre docilement les bras une fois la première surprise passée. Et en plus, malgré des gestes hésitants, il a l'air heureux.

« Tu vois bien qu'il en a envie. » triomphe Fé.

Sous mon regard abasourdi, mon homme se penche au-dessus du nourrisson qui ouvre finalement les yeux pour observer son .... oncle. Damn. J'ai la tête qui tourne. Je me sens pas bien. Je sais pas si .... j'aime ou pas. La tendresse avec lequel il le regarde... Je mentirai si je disais que la scène n'est pas adorablement touchante. Et quelque part, je crois même que ça me rend encore un peu plus amoureuse de lui. Mais... c'est quand même très bizarre. Lui avec un bébé. Je déglutis.

« Bon. Je te laisse mon fils le temps de discuter un peu avec ma soeur, tu permets ? »

Hein ?

« Après tout, tu me l'as enlevée un long mois. »

Merlin, je suis sûre qu'elle avait prévu ça depuis le début ! Des fois, on oublie trop vite que Freya est aussi et avant tout une Kark.

« Et puis, il vaut mieux l'éloigner de là avant qu'elle nous fasse un malaise. »

« Ha. Ha. Hilarant. »

« Bonne idée. » approuve Jay avec un clin d'oeil moqueur.

« Traître ! »

Freya éclate de rire en m'entraînant par le bras.

« Vous êtes vraiment trop mignons ! Bon allez, raconte. Je veux touuuut savoir ! Comment ça s'est passé ? »

Je pousse un soupir en accordant un dernier regard à mon fiancé, occupé à essayer de faire rire le mioche qu'il tient entre les bras. Son neveu. Voldemort. Y a vraiment que Freya pour nous faire des coups pareils. Le sourire aux lèvres, je me lance dans la narration de mon histoire.... notre histoire.
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Corvus Hunter
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MessageSujet: Re: Young ones   Dim 1 Juil - 14:16


Décembre 2059

"Hey, patron! Je peux prendre 30s de ton temps?!"

Apostrophé en passant le coin d'un des trop nombreux couloirs ministériels, je savais qu'Arutha devait avoir roulé des yeux en reconnaissant ma voix. Mais le principal était de pouvoir l'arrêter non? Il fit signe à son secrétaire de continuer sans lui avant de se retourner vers moi, un sourire amusé étirant ses lèvres.

"Je crois qu'aucun Hunter sur cette Terre n'est capable de dire quelque chose en si peu de temps."

"Mais si promis!" Et d'un geste de ma baguette, j'affichais un chrono translucide qui se mit immédiatement à décompter les secondes à hauteur de Ministre. "Puisque du coup, j'aimerais savoir si tu as un peu de temps à accorder à ton filleul préféré prochainement? Genre ce soir? Demain..Demain soir 21h chez toi?" Corrigeais-je rapidement sous sa moue à la première proposition. "Parfait."

"Si tu pouvais me laisser officiellement accepter ta requête, cela pourrait être satisfaisant pour mon vieil égo hein..Filleul préféré." ironisa t-il. J'haussais les épaules en répliquant que je me faisais un devoir de respecter ma parole. Sous entendu des trente secondes. Et du reste sous-entendu encore derrière bien sûr. Parce qu'il était limpide vu son regard, qu'il savait pertinemment de quoi je voulais l'entretenir. Ce n'est pas comme si c'était un secret de polichinelle cette histoire..Mais je savais que cela ferait plaisir au vieux Kark que je me conforme à certaines normes plus terre à terre. Alors autant le faire, non?

Le chronomètre dont les secondes s'égrainaient toujours émit un petit bip discret pour marquer les dix dernières.

"Et puisqu'il me reste ça... fait gaffe à l'émissaire français, il a la mine de quelqu'un qui dissimule sa main..et en tire une grande fierté." rajoutais-je d'un clin d’œil à mon futur beau-père avant de clôturer l'ultime "BIP" du minuteur qui s'évapora avec un grand sourire. Et de prendre congé sans rien de plus.

Notre gouvernement avec Arutha et mon père à sa tête était largement capable de gérer les petites stratégies politiques de leurs homologues. Mais mon indication pourrait toujours leur servir à creuser un peu en amont ou sur place. Au pire, il savait où était mon bureau...s'il voulait m'accaparer plus que ces trente secondes d'Hunter!

Quand à demain...J'étais ma foi curieux de savoir s'il allait me voir en tête à tête ou avec Rosae? Allait-il faire mine de rien ou s'amuserait-il à pimenter la situation? Même s'il était bien moins..Chaotique que nous, Arutha n'était pas le dernier à être capable de s'amuser et à taquiner à sa façon.

De toute manière, un peu plus de 24h et mes fiançailles avec Brie serait officiellement officielles.

Le sourire niais qui étirait mes lèvres devrait rapidement disparaître si je ne voulais pas plomber mon boulot des prochaines heures... Ce serait le comble pour un pro de l'étude comportementale...
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Arutha L. Kark
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MessageSujet: Re: Young ones   Mar 10 Juil - 0:03

Journée de merde.... Conseil de merde. Magenmagot de merde. Brigadiers de merde. Criminel de merde. Je crois que je viens de trouver le mot du jour.... De la semaine. Du mois. Si j'avais cette sale race de sang-de-bourbe en face d'un moi, j'en ferai un cadavre en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Un simple Avada avant de lacérer sa chaire et d'exposer sa dépouille nue au monde entier. Comme un trophée de chasse. Comme un monstre hideux dont on pend la carcasse. Le crâne rasé et les yeux crevés par les corbeaux.

J'ouvre la porte du corridor ministériel d'un violent coup de baguette puis m'élance entre les murs tapissés de rouge. Furieux. Éreinté. A bout de patience. Certainement pas disposé à m'arrêter lorsque ma secrétaire m'interpelle.

« Monsieur Kark, Monsieur Hunter a... »

« Pas maintenant. »

Etant donné que je viens d'abandonner le père devant l'ascenseur qui le conduira loin de moi et de ma mauvaise humeur, je suppose qu'elle parle du fils. Qui en est à sa troisième tentative si je ne m'abuse.... Tant pis ! Il est bien placé pour savoir que j'ai actuellement autre chose à foutre que de l'accueillir dans mon bureau.... mon bureau.... dont la porte est entrouverte. Scroutt ! Je crois malheureusement deviner ce que je vais y trouver.... ou plutôt qui. Je repousse le panneau en chêne lustré et.... bingo !

« Jay. » je m'exclame avant que mon filleul n'ait le temps de desserrer les lèvres. Mon grand sourire hypocrite et forcé ne trompe évidemment personne ; ni lui ni moi. Mais il n'a qu'à s'en prendre à lui-même. « Il ne me semble pas avoir de rendez-vous planifié avec toi aujourd'hui, si ? »

« Salut Arutha. » rétorque-t-il calmement en s'enfonçant un peu plus dans son siège. Damn it ! Au moins a-t-il eu la politesse de s'asseoir du bon côté du bureau, contrairement à son père qui aurait librement prit place en face dans de telles circonstances. Je lui en suis reconnaissant, mais pas assez pour perdre de précieuses minutes à écouter ses enfantillages.

« Effectivement, notre rendez-vous n'était pas planifié aujourd'hui mais il y a trois jours. » me reproche-t-il avec un petit sourire en coin.

« Tu as été prévenu à l'avance non ? Bien. » Alors viens pas faire chier. « Si tu permets je vais te laisser convenir d'une nouvelle date avec... »

« Je pensais que tu aimerais être au courant avant que j'en parle à McKay. » m'interrompt-il en plongeant son regard dans le mien.

Je suspend mon laïus le temps de hausser un sourcil.... puis de pousser un long soupir. Dites-moi que c'est pas vrai ! Dites-moi qu'il est pas encore là-dessus.

« Je t'ai donné accès à tous les dossiers, toutes les archives et tous les éléments dont on dispose. » Un peu comme on confie un livre à un gamin de quatre ans qui ne sait pas lire mais qui tient absolument à regarder quand-même. « Qu'est-ce que tu veux de plus ? » je demande sans chercher à dissimuler mon agacement. « Qu'est-ce que je dois encore demander à McKay de te donner ? Hein ?! »

Tel père, tel fils ! On donne la main et ils prennent le...

« Rien. »

Attendez.... quoi ?

« Je n'ai plus besoin de rien. J'ai la solution. »

Je me fige un instant... puis me passe une main lasse sur le visage. Par les couilles de Merlin.... Dans d'autres circonstances j'aurais sûrement rit avant de l'inviter à me raconter sa fabuleuse petite histoire mais ce soir, je n'ai ni le temps ni la patience. Heureusement pour lui, il ne s'agit ni d'un crétin décérébré ni de n'importe quel sorcier doté d'intelligence qui agit sous mes ordres. Jay Hunter est le fils de mon meilleur ami, le meilleur ami de mon fils, et mon filleul préféré, comme il aime à me le rappeler. Alors pour lui - et juste pour lui - je vais prendre des pincettes.

« Jay. Je suis sûr que tu fais de ton mieux mais je n'ai pas le temps d'écouter tes théories. »

« Ce ne sont pas des théories. C'est une certitude dont j'essaie de te parler depuis trois jours : j'ai le nom du criminel. »

« Je.... »

« Et si tu m'écoutais avant de te faire une opinion ? Juste au cas où mes théories mettent fin à toute les merdes que tu tapes en ce moment. »

Je pousse un nouveau soupir agacé. Fils de mon meilleur ami, meilleur ami de mon fils. Et un sorcier généralement doué dans ce qu'il fait.... sauf que là, c'est un cas qui le dépasse. Comme il nous dépasse tous. Mes yeux voguent jusqu'à l'horloge qui indique une heure beaucoup trop avancée. Humpf..... qu'est ce que cinq minutes de plus ou de moins après tout, enfoncé comme je le suis dans ce merdier ?

« Je t'écoute. »

L'ancien Serdaigle arbore un petit sourire satisfait, même après que je me sois enfoncé dans mon fauteuil en croisant les bras sur mon torse dans une manifestation de mon scepticisme.

« Déjà, il est inexact de parler de criminel. En tout cas au masculin ; c'est forcément une femme. »

Je laisse malgré moi échapper un bruit à mi-chemin entre le reniflement et le rire méprisant. Je m'excuse d'un petit sourire gêné mais Jay n'y prend pas garde et continue sur sa lancée. Sans jamais se décourager. Sans jamais s'interrompre face à mes roulements d'yeux, mes soupirs agacés et mes claquements de langue. Sans laisser non plus son orgueil gangrener son exposé lorsque, au détour d'une phrase, il m'arrache un premier haussement de sourcil. Puis un second... suivi d'une question. Est-ce qu'il pense vraiment que..... Mais pourquoi.... Et comment est-ce que.... les minutes défilent à une vitesse folle tandis que les mots captivant de mon filleul me révèlent la possible identité de notre poseur de potions explosives. Ou notre poseuse ? Je n'ai jamais cru à toutes ces conneries de profil psychologique mais.... mais s'il avait raison ? Et à notre surprise commune, je décide finalement de l'écouter. De vraiment l'écouter. Jusqu'au bout. Et de faire confiance à Jay Hunter. De faire confiance à ce brillant sorcier passionné par son domaine de compétence. Oui.... je décide de faire confiance à mon filleul préféré.


Dernière édition par Arutha L. Kark le Mar 17 Juil - 23:14, édité 2 fois
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Arutha L. Kark
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MessageSujet: Re: Young ones   Mar 10 Juil - 18:45




8 août 2056

La première gorgée de potion me donne envie de vomir. Putain.... Je me doutais que ça ne passerait pas aussi facilement que Imelda me l'avait décrit, de son habituel ton détaché et nonchalant, mais là, c'est pire que tout. Une abominable sensation que mes entrailles essaient de se liquéfier pour se faire la malle. Une torture. Une angoisse... et personne pour m'aider. Enfin, personne à qui j'ai envie de demander de l'aide en tout cas. Si je contactais Imelda, elle me proposerait sûrement une solution miracle mais après la soirée d'hier, je crois que je préfèrerais encore envoyer une lettre à Freya. Ce qui est bien sûr hors de question....
Non ; je vais me débrouiller toute seule. Comme à chaque fois. Comme tous les jours depuis un peu plus de six mois. Jamais encore je n'étais partie si longtemps.... sans repasser par l'Angleterre je veux dire. Six mois sans revoir personne d'autre que ma mère, chassée aussi vite qu'elle s'est imposée, et Circée, croisée à la va vite il y a six semaines entre l'Arizona et le Mexique. Six mois, deux visages familiers et une enivrante liberté. Jusqu'à n'en plus pouvoir.... Jusqu'à ce que l'ivresse devienne une étouffante camisole dont on ne sait plus se débarrasser. Une peine autant qu'une nécessité. Un privilège autant qu'une prison. Lorsque l'addiction à la solitude nous interdit de rentrer chez soi, peut-on encore appeler ça de la " liberté " ?

Putain. J'aurais jamais dû en prendre autant.... Toutes ces questions philosophiques à la mort-moi-le-noeud, toutes ces réflexions futiles et inutiles... A tous les coups, ce sont les effets secondaires qui perdurent. Comme cette sensation de chaleur. En passant la main sur mon front, je constate sans surprise que mon visage est perlé de sueur. Je suppose aussi que je suis blanche comme un cul. Scroutt.... Du bout des doigts, j'attrape le sachet d'herbes séchées que m'a laissé Imelda. " Si ça va pas, t'en fumes une " m'a-t-elle recommandé de son accent hispanique. " Pour vaincre el dragón con un dragón. Sólo uno ! " Humpf... Même si elle a un paquet de défauts (et que je ne la connais que depuis 12 jours) Melda m'a prouvé à de nombreuses reprises qu'elle connaissait son domaine de prédilection sur le bout des doigts, et qu'elle m’appréciait trop pour vouloir ma mort. Finalement, je décide de lui faire confiance une dernière fois et de m'en rouler une, para matar el dragón con un dragón. Sous mes doigts désormais habitués, la cigarette prend forme en moins de deux minutes. Enfin, je l'allume et inspire la première bouffée..... Oh. Mer. Lin. Putain de bordel de merde de goule galeuse écossaise ! Cette sensation.... je ferme les yeux pour mieux savourer les effets magiques de l'alihosty. Je transpire encore, mon mal de ventre n'est pas passé et je suis toujours blanche comme un cul mais ça va déjà beaucoup mieux ! Imelda avait donc raison. Je rouvre les yeux pour tirer une nouvelle taffe, mais au lieu de retrouver le bleu de la mer et le ballet des vagues, mon regard se heurte une paire de jambes. Une loooongue paire de jambes que mes yeux escaladent à la vitesse d'un vif d'or, propulsé par ce mélange de méfiance et de curiosité qui coule dans mes veines.... et qui se transforme doucement en stupéfaction lorsque je reconnais cette chemise, cette monstre à gousset, cette barbe.... La fumée dorée m'obstrue brusquement la gorge. Dans un violent soubresaut, je me plie en deux pour cracher mes poumons, le visage rouge et les yeux larmoyants.

« Ca manque encore un peu d'entraînement. »

Sa mère ! Depuis quand... Pourquoi.... Comment.... " Montoya évidemment ". Scroutt. Le souffle rauque, je prends le temps de stabiliser ma respiration avant de relever la tête. Même si je n'en doutais pas vraiment, le grand sourire d'oncle Corvus me confirme que je ne rêve pas et qu'il est bel et bien là. Sur l'Isla de tierra bomba. En Colombie. A des milliers de kilomètres de son manoir bien british. Et tout à coups, mes vieux réflexes reprennent possession des lieux, extirpant de leurs valises les phrases, les mots, le verbe et l'attitude qui me définissent le mieux. Qui m'ont toujours définie.

« Je m'en sors mieux quand on déboule pas à l'improviste devant moi. »

« Toutes mes excuses ; on m'a dit que c'était le seul moyen de rencontrer la rarissime Bryony Kark. »

« Alors on t'as mal renseigné. J'offre le privilège de me rencontrer à tous ceux et toutes celles qui en font la demande.... à l'exception des personnes cherchant à me materner et des espions. »

« Parfait ! Puisque je ne fais partie d'aucune de ces catégories j'en déduis que je suis le bienvenu. »

Et paf ! Il s'assoit dans le sable à côté de moi, là comme ça, comme si tout était parfaitement normal. Merde ! J'avais vraiment pas prévu de passer ma journée avec le mouchard de Papa. Surtout pas aujourd'hui, dans l'état dans lequel je suis. Je prends une nouvelle latte en lui accordant une longue œillade contrariée. Aucune de ces catégories... tssss !

« Non seulement tu fais partie des deux mais en plus tu rentre doublement dans la catégorie espion. Je suppose que Montoya t'as contacté avant-hier ? »

Après que je sois rentrée dans un état un peu trop.... voyant. Et que j'ai chouiné quelques minutes lors d'une étrange crise de mal du pays qui n'était due qu'à ma première expérience de poudre d'alihotsy. La preuve : j'en riais comme une folle le quart d'heure suivante. Toutes ces émotions étaient factices et pas le moins du monde à prendre au sérieux... ce qui n'a pas empêché mon hôte fouineuse de contacter Oncle Corvus.

« Je passais par là et je me suis dit que j'allais faire un petit crochet. » rétorque-t-il dans un sourire.

« Bah tiens ! Et tu va pas non plus cafter à Papa en rentrant, bien entendu ? »

« Je suis vexé. Quand est-ce que...  »

« Quand t'as mouchardé que je sortais avec Jay ? » j’interromps avec un grand sourire factice.... qui se métamorphose malgré moi en un sourire amusé alors qu'il lève les paumes devant lui en signe d’innocence.

« Il me semble avoir seulement promis que je ne mentionnerai pas ta relation amoureuse.... ou quelque chose dans ce goût-là. »

« Attends... tu veux dire que tu lui as fais deviner avec qui Jay sortait ? »

Je me suis toujours douté qu'Oncle Corvus a joué sur les mots, comme à son habitude, mais c'est vrai que je n'ai jamais demandé précisément comment il a balancé notre secret. Levant les yeux au ciel, il fouille dans sa mémoire de longues secondes. Puis :

« C'est possible.... En tout cas, je crois me souvenir que c'était long. »

J'éclate brusquement de rire. Imaginer mon père bourré en train d'essayer de deviner avec qui sort son filleul, ça n'a pas de prix. Sa tête lorsqu'il a découvert la vérité devait être assez drôle aussi.... marrant comme avec les années tout ça m'a l'air beaucoup moins grave. Et sans importance.

« Ca fait quand-même de toi un mouchard. » je constate avant de prendre une nouvelle bouffée de cigarette. Le regard qu'il accorde à ma clope improvisée laisse transparaître tout le bien qu'il en pense. A moins qu'au contraire ce genre de chose ne lui manque ? « Tu fumes ? » je demande avec un sourire taquin, persuadée qu'il refusera ou s'étouffera avec. A ma grande surprise, il m'accorde un large sourire avant d'attraper le joint pour tirer une taffe. Sans crapoter. Sans grimacer. Sans recracher. " T'as l'habitude à ce que je vois ! " je m'apprête à dire d'un ton moqueur.... juste avant qu'il n'écrase le mégot à moitié entamé sur le sable fin.

« Putaiiiiin ! T'abuses Corvus ! Ca m'a coûté une blinde ! »

Je me penche rageusement sur le cadavre de clope mais elle est trop abîmée pour être ressuscitée.

« Tu crois pas que t'as eu ta dose ? » demande-t-il d'un ton Ô combien paternaliste.

« Ca a rien à voir ! C'est...  »

« Para matar el dragón con un dragón. »

Je déglutis. Scroutt... est-ce que je dois en déduire qu'il est passé par là lui aussi ?

« Ton accent est moisi. » je grogne en toute mauvaise foi.

« Contrairement à ma mémoire qui se souvient encore très bien de mes nuits embrumées par l'alihosty. »

Oh.

« ..... et ? »

« Et je m'en referai volontiers une si j'avais encore ton âge. » avoue-t-il dans un sourire. Je ricane avant qu'il n'ajoute d'un ton plus sérieux : « Mais pas à des milliers de kilomètres de chez moi, dans une baraque aussi stable que mon taux d'alcoolémie, entouré de personnes incapables de lancer un lumos correctement. »

« Pffff ! Tu les connais même pas. Ils ont grandit là-dedans, ils savent ce qu'ils font. Et ils sont vraiment cools.... »

« Ce qui bien sûr pallie tous les dangers. »

Je hausse des épaules en soupirant. Mes yeux se perdent sur la ligne d'horizon bleutée où se marient terre et mer.

« Les gens de ce pays sont vraiment différents Ils mentent pas ; s'ils t'apprécient, ils te le disent, s'ils t'aiment pas, ils te le disent aussi. Ils laissent leur porte ouverte à tous ceux qui veulent les rejoindre et moi, ils m'ont accueillie comme si on se connaissait depuis Poudlard. »

Je déglutis avant de reposer mon regard sur Corvus, me mordillant doucement la lèvre supérieure avant d'avouer :

« J'ai hésité à rentrer pour mon anniversaire. J'ai vraiment hésité.... Et puis Imelda m'a proposé de rester, de me faire visiter Cartagena, de me planifier une journée d'enfer avec une tournée des meilleurs restos et des meilleurs bars pour fêter ça. C'était génial, vraiment inoubliable ! »

Mais surtout.... Surtout....

« Et t'avais pas envie de rentrer. »

Voilà. Je hoche la tête sans réussir à prononcer les mots.

« Dommage.... j'avais vraiment envie de savoir ce que t'avaient préparé Amaranth, Circée et Jay. »

« Ils avaient prévu un truc ? » je m'étonne.

« Vu toutes leurs messes basses en murmurant ton nom le mois dernier, je suis presque sûr que oui. Et que c'est quelque chose que tes parents n'auraient pas apprécié à sa juste valeur. J'espère qu'ils ont gardé l'idée pour l'année prochaine.... enfin, si tu as l'intention de nous honorer de ta présence. »

Je me sens rougir sous son regard mi-moqueur mi-accusateur.

« Evidemment ! ... enfin normalement je serais rentrée d'ici là. »

« En restant sur place ? »

Je lui répond d'un vague grommellement incompréhensible. Oui, je sais ; je suis partie, je suis revenue, j'ai vadrouillé en Europe, j'ai été incapable de me poser plus de quelques jours d'affilés en Angleterre, je suis repartie à l'autre bout du monde et rien ne m'empêche de disparaître à nouveau si je repasse par Londres d'ici la fin de l'année. Au contraire, y a même de fortes chances pour que je recommence ce manège si les choses restent telles qu'elles. Mais vider mon sac ici, maintenant... à lui ? Je sais pas...

« Tu as rencontré un colombien ? » demande abruptement Oncle Corvus.

« Hein ?! Quoi ? Mais non, pas du tout ! Où est-ce que t'as été chercher ça ? »

Et à son sourire, je comprends précisément où il a été chercher ça ; derrière son envie de me faire cracher le morceau. Foutu Hunters !

« Raaaah ! C'est juste que... je sais pas.... je sais pas ce que je pourrais faire si je rentre. »

Il lève un sourcil intrigué avant de rétorquer :

« Il me semble que l'avantage d'être un Kark - et surtout un rejeton de celui qui est ministre - est justement de pouvoir faire ce qu'on veut. »

« Non mais je voulais dire... qu'est ce que je vais faire ? Le quidditch s'est terminé. J'ai ni envie de bosser dans un bureau, ni envie d'être potionniste, ni envie d'être médicomage... »

« Ce qui est une très bonne nouvelles pour tes éventuels patients.... »

« Très drôle ! J'ai pas envie de bosser dans la mode, pas envie d'être dans le journalisme, pas envie de faire de recherche ou d'épouser le premier crétin venu pour me poser et lui pondre trois gosses. Alors je sais pas.... » Je prends une brève inspiration avant que mes lèvres ne libèrent le poid mort qui pèse sur mon cerveau : « J'ai peur de rentrer et de me retrouver coincée. »

Ca y est, c'est dit. Et ça ne semble pas le surprendre le moins du monde. Si je lui posais la question, je suis sûre qu'il dirait qu'il s'en doutait....tssss. Je lui donnerai pas ce plaisir ! Le silence dure donc quelques secondes avant qu'il ne reprenne dans un sourire :

« J'ai une bonne nouvelle pour toi : il existe plein d'autres métiers. Avocat, brigadier, chanteuse de pop criarde, funambule, architecte.... »

« Pffff.... »

Il va tous me les faire ?

« Et rien ne t'empêche de tous les tester ou d'en changer tous les ans si c'est ce qui te fait plaisir. »

« Tu veux dire rien à part Papa qui va grogner que je suis instable, immature et sans avenir ? »

« Sois un peu compréhensive, Brie. Ton père serait malheureux comme tout s'il ne pouvait grogner sur personne à longueur de temps. »

La moquerie m'arrache un nouveau rire.

« Je suppose qu'Ama prend pour deux ? »

« Certains jours, il prend pour trois. » Arf. « Mais heureusement pour lui, votre père est plus souvent mélancolique que grognon ces derniers temps. »

Et sous vos yeux Mesdames et Messieurs, le retour de la culpabilisation ! .... qui fonctionne à merveille. Je détourne le regard en soupirant.

« C'est bon, je vais rentrer. »

« Tes parents ont compris le message Bryony, personne ne t'empêchera de faire quoi que ce soit ou n'essaiera de t'étouffer. Surtout après l'accueil que tu as réservé à ta mère. »

« J'aime juste pas être prise par surprise. » je me défends en grommelant.

« Ah ? Tu veux donc que je prévienne tout le monde de ne rien prévoir pour ton retour ? »

« Tsss ! Ca c’est pas une surprise ; je sais très bien que vous avez l’intention de fêter ça parce que je vous ai manqué à la folie. »

Je redresse fièrement le menton avec un sourire vaniteux qui fait rire Oncle Corvus à son tour.

« Tu repars quand ? » je demande finalement d’une voix timide.

« J’ai pas encore pris mon billet de retour. Pourquoi ? L’information t’intéresse ? »

« Carrément ! Les voyages d’une semaine en bateau ça devient vite chiant en solitaire. Ca t’embêterait de rester juste deux ou trois jours de plus le temps de dire aurevoir à tout le monde et de prendre un dernier bol d’air ? »

Je lui offre mon plus beau sourire charmeur, auquel il répond en levant les yeux au ciel.

« Pas le dernier j’espère. Mais je pense que je peux envisager le terrible sacrifice de rester deux jours de plus dans ce coin paradisiaque. Montoya me l’avait proposé de toute façon. »

« Cool ! Par contre… hum…. est-ce que tu… »

Scroutt. Comment formuler ça ? Corvus fronce les sourcils, attendant que je trouve les bons mots. Il peut pas m’aider aussi ?! Non ?…. Bon….

« Est-ce que elle et toi…. »

« Qui ça ? »

« Senora Montoya. Est-ce que tu préfères que j’aille crécher ailleurs cette nuit ? Parce que ça me dérange pas et y a plein de gens dans le coin qui peuvent m’héberger hein ! »

Tout plutôt que d’entendre ou même deviner ce genre de trucs gênants. Tellement gênants que Corvus met plusieurs secondes à comprendre ce à quoi je fais allusion. Lorsqu’enfin il capte, son rire franc teinte mes joues de rose.

« Je préfère prévenir que fuir par la fenêtre en plein milieu de la nuit. »

« Tu as déjà entendu parler des sortilèges d’insonorisation petite Brie ? Mais sinon non, tu n’as rien à craindre. Autrefois peut-être, mais plus maintenant. »

« Ah ouai ? Elle est bien conservée pourtant ! »

Une seconde de silence marque le moment gênant où nous réalisons tous les deux ce que je viens de dire. Scroutt, scroutt, scroutt !

« Non ! Oublie, laisse tomber, je veux pas savoir ! Fais comme si j’avais rien dis ! »

« Comme tu voudras. » ricane-t-il avec son rictus Hunteresque.

« Je vais plutôt aller faire un tour pour … voir des gens, boire des trucs, piquer une dernière tête. »

Je me lève maladroitement en tremblant. Ouai… va bien falloir encore quelques heures pour ça passe. A moins que…. Je me retourne vers Oncle Corvus qui m’observe avec une petite lueur moqueuse dans le regard.

« Dis, t’aurais pas un truc pour…. enfin tu sais. »

« Non. Pour ? »

Ah la goule !

« Allez !... s’teu plaît. » je cède finalement, la mâchoire serrée.

Il ricane avant de répondre plus sérieusement :

« Il te faut de l’essence de mangrove. »

« Hein ? Mais c’est toxique, j’vais pas… »

Et soudain je capte. Ooooh ! C’est donc ça…

« Matar el dragon con un dragon. »

« Une seule goutte, pas une de plus. Je ne suis pas très emballé à l’idée de te ramener en urgence dans un état encore pire que celui dans lequel je t’ai trouvé. »

« Ca va ! Je suis juste un peu vaseuse. Et je trouve ça où ? »

Il hausse les épaules en se levant.

« C’est tes potes colombiens louches, pas les miens. »

Ouai, ouai, message reçu : démerdes-toi. Et il a pas tort dans le fond : Imelda sait sûrement où trouver ça. Y a plus qu’à la trouver elle.

« Bon bah…. à ce soir ? »

Je doute pas qu’il saura s’occuper comme un grand d’ici là. Et peut-être que demain je pourrais profiter de notre dernière journée sur place pour lui faire visiter tous les spots qu’il ne connait pas. Je suis sûre que je peux réussir à en trouver au moins un dans lequel il n’a encore jamais mis les pieds. J’en fais mon défi personnel tiens, même s’il ne le sait pas encore. Je le regarde s’éloigner sur la page après un dernier sourire….

« Oncle Corvus ! »

Le patriarche Hunter se retourne alors que je fonce vers lui en courant. Mes bras s’enroulent autour de son torse tandis, que sous l’effet de la surprise, il se fige.

« Tu croyais quand-même pas que t’allais y échapper ? »

En vrai c’était pas du tout prévu mais ça fait tellement longtemps que je n’ai pas eu de contact avec une personne de mon entourage. Une personne proche...  Une main dans le cheveux, une tape sur l’épaule, un pincement de joue indésirable, un câlin.... de toute façon, il a pas le choix ; il est là, il subit. Même s'il n'a pas l'air de subir tant que ça.... il referme ses bras autour de mes épaules et pendant deux secondes, l'émotion me gagne. M'écrase même. Putain... il est temps que je rentre.

« Merci d'être venu. » je murmure en m'écartant doucement.

« Bah ! Tu nous manquais à la folie. » se moque-t-il gentiment.

« Je sais. Les autres pourront te remercier aussi ! »

Et sur un dernier tirage de langue, je le plante là pour repartir dans l'autre sens. Plus légère. Soulagée. Optimiste.... et inavouablement heureuse de rentrer enfin chez moi.

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Arutha L. Kark
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MessageSujet: Re: Young ones   Ven 13 Juil - 0:44



2052

Eeeeeet.... Ca y est ! Ça faisait vingt minutes. Amaranth soupira en rangeant la montre à gousset offerte par son parrain. Les Hunter étaient décidément incorrigibles ! Si seulement Eloy Flint avait pu venir.... Si seulement il leur avait donné un horaire avec trente minutes d'avance au lieu de juste quinze. A tous les coups, c'était encore..... Ah ? Est-ce que ce serait pas.... Un grand sourire fendit son visage en voyant apparaître Circée. Et juste Circée.

«  Cool ! Un bout sur deux ! Où est l'autre ? »

« Avec ta sœur ! » rétorqua la Hunter en prenant place en face du Kark.

« C'est bon je déconne, pas la peine de le prendre comme ça. »

La jeune femme se mit à rire d'une étrange façon qui poussa le Gryffondor à hausser un sourcil.

« T'as pas saisis. » remarqua Circée.

«  Qu'est ce qu'il y a à saisir ? »

« Je te laisse rembobiner pendant que je vais commander. »

Et elle le planta là sans plus d'explications. Scroutt.... est-ce qu'il avait dit quelque chose de vexant ? Ou bien au contraire quelque chose de drôle, sans vraiment s'en rendre compte ? Ce n'était pas la première fois qu'il appelait l'un des deux Hunter " l'autre bout " et ce surnom était on ne peut plus affectueux. Etait-ce la question alors ? Etait-il censé savoir où était Jay ? Quelque chose en rapport avec lui ?

« Alors ? »

« Alors va falloir que tu m'expliques parce que je vois vraiment pas ce qui a pu... »

... te vexer au point de répondre " Ta soeur ! " Ou plus exactement " Avec ta soeur !".... Avec ta soeur. Et soudainement, il percuta. Oh...

« ... putain. »

« Ah bah voilà ! » railla la Serpentard.

« Attends, attends, attends ! Tu veux dire.... tu veux dire AVEC ma soeur ? Jay avec ma soeur ? »

Circée esquissa un grand sourire en sirotant une gorgée de bière.

« Ma soeur, ma soeur ? »

Cette fois-ci, elle roula des yeux.

« Non mais attends ! J'ai besoin de digérer l'idée qu'il a ENFIN craqué ! »

« On sait tous les deux que c'était qu'une question de temps. »

« Mouai... je suis étonné qu'il ait résisté à ses charges frontales et absolument pas subtiles aussi longtemps. Bon allez, raconte ! Raconte tout. Je paie ma tournée Cissy. »

« Vraiment tout ? » s'amusa la Hunter.

« Raaah ! Fais pas semblant de pas avoir compris. Raconte-moi tout en passant sur les détails que personne ne veut connaître sur ses frères et soeurs. »

Leurs rires se mêlèrent au tintement des glaçons dans leurs verres. La soirée promettait d'être longue, joviale et bourrée de potins. Finalement, leur comité restreint n'était pas plus mal. C'était même parfaitement parfait !
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Arutha L. Kark
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MessageSujet: Re: Young ones   Mar 17 Juil - 23:15



2039

" Peu d'entre eux ont apprécié l'interprétation, très libre, du discours prononcé par le chef du département de la justice mardi soir devant ..... "

Le tonnerre gronda comme un chat en colère, emportant avec lui le peu de sens qu'Arutha avait presque réussit à donner à la phrase qu'il lisait pour la cinquième fois.... Et qu'il relirait encore, jusqu'à ce qu'elle lui livre tous ses mystères. Ce n'était pourtant pas bien compliqué. Au contraire, c'était très simple : " Peu d'entre eux ont apprécié l'interprétation, très libre...  " L'interprétation ; on parlait d'interprétation. "... du discours prononcé par le chef du département de la justice ..... " Lui il savait qui c'était. Et il avait effectivement prononcé un discours.... " ... mardi soir devant l'assemblée du Magenmagot. " Voilà. Mardi soir. Devant l'assemblée du Magenmagot. Le discours. Interprété... pourquoi ? Par qui ? Ses yeux épuisés revinrent au début de l'article, soit à peine quatre lignes plus haut. Quatre lignes... c'était pathétique. Il aurait mieux fait d'arrêter. De refermer ce putain de journal et d'aller se coucher comme tous les autres soirs, sans demander son reste, sans chercher plus loin, sans forcer les portes de son cerveau fatigué. Il aurait dû oui... mais le Kark n'était pas du genre à baisser les bras. Sauf... sauf cette fois-là....

" Peu d'entre eux ont apprécié l'interprétation, très libre, du discours prononcé par le chef du département de la justice mardi soir devant l'assemblée du Magenmagot. "

Ok, phrase comprise. Suivante ! Il força ses yeux à poursuivre les marques sans intérêt tracées à l'encre noire sur le papier froissé. Se forçant à les relire encore et encore et encore et encore et encore.... relevant parfois la tête pour se perdre dans le tambourinement de la pluie sur les carreaux, ou le galop du tonnerre dans la campagne inondée. Ce fut au cours de l'un de ces instants où son esprit parvenait à s'échapper que la porte du salon grinça, si doucement, si lentement, que son murmure fut absorbé par le bruit de l'orage. La petite silhouette s'approcha sur la pointe des pieds, évoluant dans l'ombre du fauteuil occupé par le Kark, moins intentionnellement que parce que le siège de son parrain était tourné face à la fenêtre. En réalité, il dû aller jusqu'à contourner la table basse pour que le regard d'Arutha ne capte enfin les mouvements subtiles du gamin.... et ne sursaute violemment en poussant une exclamation de bête surprise par un lumos en pleine forêt.

« C'est juste moi. »

« Voldemort ! Qu'est-ce que tu fous ici ?! » s'énerva le ministre de la magie en reconnaissant son filleul.

« Je suis venu par poudre de cheminette. »

" Comment ? "
n'était pas la question mais soit. Reprenant et sa posture et son calme, Arutha fit signe à l'enfant d'approcher.

« Ta mère sait que tu es là ? »

« Non. Juste Circée. »

Il s'en serait douté. Le Kark soupira, déjà prêt à le congédier d'un ton paternaliste.

« Mais je voulais te parler. »

Sa main se figea sur l'accoudoir avant qu'il n'ait le temps d'esquisser le moindre geste. Ca aussi, à vrai dire, il s'en serait douté.... Il déglutit en s'efforçant de ne pas avoir l'air trop mal à l'aise.

« Jay... »

« Ce qu'il a fait, c'était vraiment grave ? »

Une longue seconde de silence assourdit les deux sorciers avant que le tonnerre ne retentisse à nouveau au loin. Que répondre à ça ? La vérité ? .... qui ne serait pas tout à fait la vérité. Un mensonge enrobé de douceurs amères, que le jeune Hunter ne digérerait probablement pas ? Une explication évasive sans contrastes ?

« Oui. » s'entendit-il finalement répondre d'une voix sèche.

Par simplicité. Par honnêteté. Et parce qu'une partie de lui-même refusait toujours d'accepter... Le fils de Corvus posa un regard triste sur son parrain avant de hocher doucement la tête... pour finir par ne plus la relever. Vaincu par la réalité. Si jeune, si fragile. Arutha s'en voulu terriblement.

« Mais c'est plus complexe que ça. »

Le rouquin redressa le menton avec une nouvelle lueur au fond des yeux. Un peu d'espoir, un peu d'optimisme... et un peu de colère aussi.

« Ca l'est toujours avec lui. Je sais, j'ai plus 5 ans. »

" Non, juste neuf. " pensa cruellement Arutha. Bientôt dix mais pas encore. Il le laissa toutefois exprimer sa pensée.

« Il a plein de défaut, il fait des boulettes et des trucs chiants parfois, et même souvent. Je sais qu'il a déjà fait des choses vraiment reloues et j'ai compris que cette fois c'était grave. » Cette fois-ci, ce fut au tour de Jay Hunter de déglutir avant d'oser poser la question qui lui taraudait l'esprit depuis plusieurs jours : « Ca a un rapport avec.... avec ton père ? »

Ton père. Ton. Père. Ton père.
La soudaine brûlure qu'Arutha éprouva au coin des yeux ne pouvait être dissociés de ces mots qui renvoyaient si simplement au fond du problème. Son père. Son géniteur. Le seul qu'il ait au monde. Ou plutôt... le seul qu'il ait eu.

« Je suis sûr qu'il voulait pas... »

« Si. »

La réponse, sèche et cassante, lui avait échappé avant qu'il n'ait eu le temps de la retenir. Il se maudit aussitôt pour ça, comme il maudit le fils de son meilleur ami pour son intelligence et sa perspicacité. Mais comment un enfant aussi malin et aussi logique aurait-il pu manquer la coïncidence entre le décès de Mervyn Kark, malgré tout médiatisé plusieurs jours après son assassinat, et la rupture brutale des relations entre les familles Kark et Hunter ? Pour prendre leurs distances. Pour se laisser de l'espace, juste quelques semaines... ou plus si cela s'avérait nécessaire. Mais dépeindre l'image d'un père meurtrier à son filleul n'avait jamais fait partie du plan. Jamais.

« Mais comme je te l'ai dis, c'est.... complexe. »

Et comment expliquer ça à un gamin de neuf ans sans rentrer dans des détails sordides et trop personnels ? Difficile... mais nécessaire au vu de l'expression qu'affichait le gamin qui avait prit la peine de fuguer de chez lui en poudre de cheminette pour tirer cette histoire au clair. Par les couilles de Merlin...

« Ton père est plus doué que ce que tu crois. » reprit-il doucement. « Il est même.... sacrément bon, quand il s'en donne la peine. Un as, malgré tous les trucs chiants et relous qu'il a pu faire. » admit-il en reprenant volontairement le vocabulaire du jeune Hunter.

Sa voix se brisa avant que d'un geste, il n'invite enfin le gamin à s’asseoir dans le fauteuil à côté du sien. Jay accepta aussitôt l'invitation, sans lâcher son parrain des yeux.

« Ce qu'il a fait est grave. Mais » - Arutha Kark mesura l'ampleur de ses paroles à mesure qu'il les prononçait « il l'a fait pour mon bien. »

Et pour la première fois depuis de longues semaines, les coins de ses lèvres se retroussèrent très légèrement. Oui, pour son bien. Putain de Hunter.

« Ca veut dire que tu va le pardonner ? »

Dans sa voix comme dans l'éclat de son regard brillait un vif espoir contagieux.

« Je l'ai déjà pardonné. »

Le sourire du gamin illumina la pièce plus efficacement que le feu crépitant dans la cheminée ou les éclairs zébrant le ciel noir.

« On a juste besoin de temps pour.... finir le chapitre avant de tourner la page et d'en commencer un nouveau. »

« Ouai, je vois. »

Cette fois-ci, ce fut un petit rire que le jeune Hunter réussit à arracher au ministre de la magie. Il voyait.... étonnement, il n'en doutait pas.

« Tout redeviendra bientôt comme avant... ou presque. »

« C'est un bientôt proche ou un bientôt lointain ? »

Le Kark roula silencieusement des yeux.

« Il me manque. » explicita Jay sous le regard gêné d'Arutha. « Et toi aussi. Et Ama... »

Sous la coupe de la culpabilité, l'homme politique s'agaça en se demandant s'il allait tous les faire. Heureusement le mioche s'arrêta à Amaranth, pour mieux reprendre la défense de son paternel.

« Et puis, ça le rend vraiment triste, Papa. Avant qu'il parte il était pas bien. Pas bien du tout. »

« Je sais. »

Parce qu'il l'avait vu.... et parce qu'il éprouvait la même mélancolie que son ami. Son meilleur ami. Celui qu'il avait failli perdre une fois ; celui qu'on avait tenté de lui arracher une deuxième fois ; celui que le Destin ne cessait d'attraper pour l'entraîner ailleurs, loin de lui et de tout ce qu'ils avaient bâtis, peut-être pour la dernière fois..... Non.

« Donc tu vas lui écrire ? » réattaqua l'enfant, déterminé à ne pas lâcher l'affaire.

« Oui, bientôt. » soupire-t-il. « Et c'est un bientôt proche. »

« Tu le promets ? »

Foutu gosse. Dans d'autres circonstances, il lui aurait expliqué que les promesses et les contrats s'achetaient au prix de lourdes négociations demandant des heures de réflexion, de froncement de sourcils et de menaces à peine voilées. C'est à dire dans des circonstances où il ne serait pas en partie responsable du malheur d'un gosse séparé de son père.... et où ce gosse ne serait pas son filleul, Jay Hunter.

« Je le promets. » céda-t-il finalement en tendant son auriculaire.

Jay observa le doigt tendu comme s'il s'agissait d'un rat mort avant de poser un regard plein de pitié sur son parrain.

« Euh.... Arutha on fait plus ça. C'est plus la mode. »

Ah parce qu'il y avait des modes chez les enfants aussi maintenant ? Manquait plus que ça tiens !

« Mais c'est pas grave, tu pouvais pas savoir ! »

« Et on fait quoi alors ? » pesta le Kark.

Le rouquin haussa des épaules en riant.

« On s'en fout, ça ça ira très bien ! »

Et sans le moindre signe avant coureur, il abandonna son fauteuil pour se jeter sur Arutha, ses petits bras inutilement tendus dans une veine tentative de les enrouler autour du torse de son parrain. Le Kark se figea quelques secondes en grimaçant, avant de se résoudre à passer une main hésitante dans la chevelure rousse du Hunter. Attendrit malgré lui. Oui, il arrangerait les choses.... Et le plus tôt serait le mieux.

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