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 Chroniques de jumeaux terribles

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Arutha L. Kark
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Messages : 96
Date d'inscription : 28/03/2015

MessageSujet: Chroniques de jumeaux terribles   Mer 25 Avr - 21:17



Avril 2040

CLAC ! Une baffe. Voilà ce que c'était. Une putain de gifle inattendue et plutôt douloureuse en pleine face. Certes, pas littéralement, mais c'était tout comme. Zoltán, son meilleur ami, son frère jumeau, son double, sa moitié, cet être qui représentait presque à lui tout seul tout son univers - et vice versa - .... venait de lui claquer la porte au nez. Et le pire, c'était qu'il l'avait fait sans violence. Sans cri, sans colère, sans méchanceté. Non, il n'y avait rien eu de tout ça. Voir presque rien ; tout juste un soupir et un frémissement de lèvres, déchiré, à la fois dans l'ombre du rictus mauvais et du sourire triste qu'on se coud sur le visage après une cuisante défaite. Ca et... trois mots. Juste trois mots qui avaient sonné le blondinet plus violemment qu'un confrigo.

« Je suis fatigué. »

Je vais me coucher. Seul. Sans toi. Sans dire quoi que ce soit. Sans te dire quoique ce soit. Je ne veux pas te parler. Pas te voir. Pas t'écouter. Pas même te laisser entrer. Et tout ça .... pour une meuf ? Jamais il n'aurait imaginé .... Qu'il en pinçait pour elle, ça oui, il l'avait comprit. Mais à ce point là ? Vraiment ? Comment est-ce qu'il avait pu passer à côté de ça ? Zoltán était.... Zoltán. Un adolescent de quatorze ans à l'égo démesuré qui s'amusait de tout, qui surjouait tout, qui faisait semblant d'accorder de l'importance aux choses et aux gens quand ça l'arrangeait ou quand il s'ennuyait mais qui se foutait toujours royalement de tout. Ou du moins était-ce ce que Nas avait cru. Bêtement. Parce que c'était toujours comme ça que son jumeau s'était comporté. Parce qu'il n'avait de cesse de vanter le couple idéal que formaient ses parents lorsque parfois, dans le dortoir vide ou dans un coin tranquille dans lequel ils avaient trouvé refuge, leurs mots devenaient tout à coup un - tout petit - peu plus sérieux et leurs regards moins moqueurs. Parce qu'il avait dressé une liste des filles qu'il aimerait se faire en détaillant pour chacune le moindre de leurs atouts ou de leurs défauts.... strictement sur le plan physique bien sûr. Et avec son aide, bien entendu. Ils avaient commencé ensemble, s'amusant des gros seins de celle-là et des fesses plates de l'autre. Imaginant de quoi elle aurait l'air à poil ou dans cette tenue qu'ils avaient vus dans le dernier magazine pour adulte chippé à ce sixième année... Quant à l'aspect plus "romantique" des relations avec les filles, c'était à peine s'ils avaient effleuré le sujet. Juste quelques phrases échangées en riant avant que Zoltán ne balaie la conversation d'arguments aussi vrais que débiles comme " Ca rend con " , " On est trop jeunes pour ça " et " Faut toujours tester la marchandise avant de l'acheter. " Merci Papa. Autant de signes pour montrer à toutes et à tous qu'il n'en avait rien à foutre, rien à branler. Et pourtant.... Anastáz aurait dû savoir. Voir, comprendre, deviner au delà de ce que son crétin de frangin voulait bien montrer.

Katarina était sa victime favorite. " Aussi pigeonne qu'elle est bonne. " avait-il l'habitude de dire en riant. Et il était vrai qu'elle était sexy, cette blonde un peu naïve qui tombait la tête la première dans tous leurs canulars. Certains peut-être un peu plus mesquins que d'autres mais ils n'étaient jamais vraiment méchants... même cette fois où elle avait eu les larmes aux yeux, tout n'était qu'un concours de circonstances. Un mauvais jour où elle n'était pas d'humeur. En tout cas, ce n'était certainement pas de la faute de leur plaisanterie qui elle était trop bonne. Et puis ils s'étaient fait pardonné.... ou du moins, Zol avait essayé, prétextant qu'il n'avait rien de mieux à faire ce jour là. Raaaaah ! Comment avait-il pu passer à côté de ça ? Il arrivait bien à son crétin de frangin de faire de bonnes actions sur un coup de tête parce que le coeur lui en disait de temps en temps, tout comme lui d'ailleurs, mais Katarina la bonne pigeonne.... qu'il cherchait du regard pendant les repas, dont il commentait les tenues déplorables inadaptées à sa silhouette pourtant sexy, pour lesquelles il proposait régulièrement de nouvelles farces capillotractées.... sa victime favorite.

Nas n'avait compris que trop tard, lorsqu'après avoir fièrement annoncé qu'il avait déjà une cavalière en tête pour le bal de fin d'année, Zoltán s'était dirigé vers le coin du parc où avaient l'habitude de traîner Katarina et ses amies. Évidemment, il l'avait suivit ; hors de question qu'il rate ça ! Et par les couilles de Merlin, la tête qu'il avait fait en comprenant que Zol avait l'intention d'inviter La bonne pigeonne ! Et le rire qu'il avait dû étouffer en l'écoutant déverser tout son égo pour convaincre la fille de son choix qu'il lui faisait un immense honneur en l'invitant à danser. Rire qui avait douloureusement finit par s'estomper lorsque cette connasse de basique quatre avait osé hésiter, faire la moue de longues secondes et demander à son frère s'il se foutait d'elle. Sous le coup de la surprise, Zoltán n'avait pas eu le temps de répondre avant qu'elle ne reprenne la parole d'une voix sèche pour lui demander ce qu'elle devait penser de l'invitation de l'un de ses plus fervents bourreau. Et lui, lui qui avait essayé de lui expliquer avec sa maladresse, ses mots malhabiles et ses petits sourires cyniques que toutes ces attentions étaient la preuve qu'il l'avait distinguée entre toutes. Le connaissant, Nas avait comprit. Mais elle.... elle n'avait pas comprit, préférant lui cracher aussi poliment que nécessaire son fiel et tout le mal qu'elle pensait de lui avant de le planter là. Le coeur abîmé. Pour la toute première fois.

Anastáz l'avait laissé repartir vers le dortoir, incapable de trouver les mots justes, ne le rattrapant qu'à la porte dans un soudain élan. Et Zol avait deviné. Qu'il avait vu. Qu'il savait. Qu'il voulait en parler. Il avait tout deviné.... et avait choisit de lui claquer la porte au nez. Le blond resserra les doigts sur sa baguette. L'envie d'apprendre le vrai sens du mot bourreau à cette pauvre conne le démangeait. Parce que oui, c'était sa faute à elle et certainement pas celle de son frère qui ne disait jamais les choses clairement. Parce qu'il était comme ça. Et il était parfait comme ça ! Il fallait juste passer outre le mur pour comprendre qui il était vraiment. Outre le mur.... saisit d'une soudaine inspiration, Nas franchit la porte qu'on venait de lui claquer au visage. Même dans le noir, il réussit à distinguer la silhouette recroquevillée et tristement silencieuse de son jumeau. Sans un mot, le blondinet se coucha contre lui, passant un bras autour de ses épaules pour le serrer contre lui. Et sans un mot, Zoltán accepta l'étreinte qu'il n'aurait jamais osé demander. Mais Nás savait. Parce que Nás finissait toujours par savoir. Par être là. Pour lui. A jamais.


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Arutha L. Kark
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MessageSujet: Re: Chroniques de jumeaux terribles   Jeu 26 Avr - 20:09



Juillet 2044

D'un geste nonchalant, Zoltán repoussa doucement une mèche de cheveux qui lui tombait sur le front. Un geste tout simple, tout bête, qui lui permit de basculer innocemment la nuque sous prétexte d'accompagner le mouvement de sa main.... et d'apercevoir ainsi l'heure affichée par l'horloge au fond de la pièce. Un sourire presque imperceptible se glissa au coin de ses lèvres. Parfait. S'il ne se trompait pas - et si son jumeau n'avait pas dévié de ses méthodes habituelles - Nás en aurait bientôt terminé. Il était donc raisonnable de passer à la suite du programme.

Agissant comme s'il était désagréablement surpris par cette mise au défi qu'il avait lui-même provoqué, grâce à de petites phrases expertes dont Anastáz et lui avaient désormais le secret, Zoltán s'éclaircit la gorge.

« Eh bien c'est que.... »

« Effrayé Hunter ? »

« Mais alors là, pas du tout ! » s'offusqua-t-il d'une voix tremblante qui puait le mensonge à plein nez. Il avait déjà joué le rôle d'adolescents peureux mais cette composition d'adolescent peureux qui s’efforce d'être courageux, c'était une grande première. Et sans surprise - ni modestie - il était assez satisfait de sa prestation. Pris au piège, son interlocuteur relança sa proposition avec un ridicule sourire carnassier :

« Dans ce cas tu ne verras aucun inconvénient à ce que l'on fasse ce duel tout de suite n'est-ce pas ? »

Ne pas sourire. Ne pas se trahir. Ne pas laisser passer le moindre détail et garder cette petite voix tremblante si pathétique.

« Je..... non. Je... je n'ai pas peur. Je sais même où on pourrait faire ça. »

« Quoi ? Tu veux que je te laisse choisir le terrain ? »

« Je... effrayé Orbán ? »

Cette fois-ci, Zoltán ne put retenir le sourire moqueur qui se dessina sur son visage. Heureusement, ce qui aurait pu être une erreur fut vécu comme une ultime provocation par l'imbécile qui fonça tête en avant dans le filet du diable.

« Tsss ! Très bien, je te suis. Si ça peut te faire plaisir et te donner un peu d'espoir. »

Le Hunter posa aussitôt son verre pour quitter la salle de bal. Quitter les festivités, le brouhaha et la lumière pour s'enfoncer dans un couloir sombre dont l'un d'entre eux ne ressortirait pas indemne. Longer les tableaux, les portes secrètes et les fenêtres gothiques pour se diriger vers la pièce dans laquelle il savait pertinemment qu'Anastáz avait trouvé refuge. Il n'y avait pourtant aucune lueur sous la porte. Aucun son qui puisse trahir la présence de qui que ce soit dans cette salle. Rien qui n'aurait pu mettre la puce à l'oreille de ce crétin d'Orbán. Ou confirmer à Zoltán qu'il ne se trompait pas et que Nás avait bel et bien finit son "oeuvre". A vrai dire, que ce soit le cas ou pas, Nás lui en voudrait forcément un peu, au moins pour ne pas l'avoir prévenu. Mais l'idée lui était venue subitement et il n'avait pas eu le temps d'en parler à son jumeau avant que ce dernier ne disparaisse au fond du couloir. Et l'occasion était trop belle pour la laisser passer.... alors tant pis. Anastáz comprendrait ; il détestait autant que lui ce sang-pur hongrois et il était persuadé qu'à sa place, il aurait eu la même idée. Quant à savoir s'il l'aurait mise à exécution.... quoiqu'il en soit, Zoltán se ferait pardonner. Probablement.

D'une main exagérément tremblante, il fit mine d'appuyer sur la poignée, de forcer, de pousser, de tirer. Orbán poussa un soupir exaspéré avant de l'écarter d'un geste. Tirant sa baguette, il la pointa sur la porte et prononça la formule. " Pourvu que Nás ait terminé. " songea Zoltán une dernière fois avant que le hongrois ne s'introduise dans la pièce. Et ne se fige subitement. Juste avant qu'un cri aigu ne retentisse à leurs oreilles.

« Oups. »

Si les deux amants s'étaient déjà désimbriqués - à défaut d'un meilleur terme - la scène était on ne peut plus explicite. Et c'était tout ce qu'il fallait pour rendre son sourire moqueur à l'aîné des Hunter. Se détournant de la scène au moment où la fiancée d'Orbán tirait brusquement la couverture sur son corps nu, Zol se contenta d'écouter d'une oreille distraite les explications maladroites de la jeune femme et les accusations de son futur mari. Ou bien le serait-il vraiment ? Impossible à prédire à présent.... Le brun ne reporta son attention sur le trio que lorsqu'il entendit Orbán proférait un " TOI ! " menaçant qui s'adressait clairement à Nás.

« N'essaie même pas. » persifla le Hunter en pointant sa baguette sur sa nuque.

Il était loin, l'adolescent effarouché, et par bonheur ce nouveau rôle improvisé de Gryffondor impétueux persuada le fiancé trompé de faire marche arrière, bientôt suivit par une fiancée honteuse qui se rhabilla en quatrième vitesse. Pfiou ! Une bonne chose ! Parce qu'honnêtement, il n'était pas certain de pouvoir gagner contre lui en duel. Comme devait d'ailleurs s'en douter Nás. Nás qui lui lançait un regard aussi vindicatif qu'amusé. Hum.... vrai qu'il y avait ça aussi. Bon. Il s'arma dans son plus grand sourire et de sa voix la plus mignonne pour claironner :

« Heeeey ! C'était bien ? Tu m'en veux pas trop hein ? Je savais que tu comprendrais. Pas vrai ? Merci Nás, t'es un vrai frère ! »



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