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 Chroniques d'une famille Hunter

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The Lady
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MessageSujet: Chroniques d'une famille Hunter   Lun 24 Juil - 16:42



Août 2031


« Hunter ! »

Corvus se retourna pour découvrir, comme il le craignait, le chef du département de la justice hongroise dont il avait reconnu la voix. Scroutt ! Il se força à lui adresser un sourire avant de faire un signe discret à Vaneet. L'indienne soupira mais attrapa les deux garçons par la main.

« Allez, venez. Votre père nous rejoint à l'intérieur. »

Le magistrat les vit disparaître dans la boutique de glaces du coin de l'oeil. Il n'avait pas vraiment la tête à parler affaires mais s'il voulait obtenir la faveur dont il avait besoin pour ses projets professionnels, il avait intérêt à être conciliant. Merlin soit baisé, qu'est-ce que l'âge et la maturité ne faisaient pas faire... Il laissa même passer la remarque moqueuse du magyar sur sa sortie "en famille". Le sorcier hongrois avait eu le temps d'apercevoir Vaneet et les deux enfants avant qu'ils ne s'éclipsent dans la boutique et il se faisait un plaisir évident de commenter leur présence, étant lui-même un conservateur très attaché aux valeurs familiales. Cela aurait d'ailleurs suffit à rayer Corvus de ses petits papiers si le Hunter n'avait pas été aussi doué dans son travail. Une réalité dont ils avaient tous les deux bien conscience.... tout comme ils savaient que le sang-pur anglais l'enverrait royalement chier le jour où il obtiendrait enfin ce qu'il voudrait. Ce qui ne serait tarder, si ses calculs étaient bons. Et ils l'étaient bien souvent. En attendant, Corvus fut forcé d'écouter la requête du magyar et d'y répondre, non sans une pointe de cynisme, pour lui faire comprendre qu'il avait déjà réfléchit à ce sujet-là et qu'il avait déjà une solution.... qu'il se ferait une joie de lui partager la semaine suivante, autour d'une table où ils pourraient négocier tranquillement. Comprenant qu'il n'obtiendrait rien de plus aujourd'hui, le chef du département de la justice capitula et lui donna rendez-vous dans son bureau le lundi suivant. Ca, c'était fait !

Un soupir blasé plus tard, Corvus Hunter franchit à son tour les portes du fameux glacier hongrois où se trouvaient sa compagne et leur deux garçons. Deux énormes coupes débordant de sorbets changeant de couleurs trônaient devant ses fils. Il roula des yeux, un sourire trahissant malgré tout son amusement. Evidemment, il avait fallut qu'ils prennent ce qu'il y avait de plus gros ! Anastáz et Zoltán étaient tellement fiers d'avoir résolus l'énigme que leur avaient soumis leurs parents dans l'espoir de gagner quelques jours de tranquillité. D'ailleurs, pour être tout à fait honnête, Vaneet et lui ne s'attendaient pas vraiment à ce qu'ils trouvent la réponse aussi vite. Mais qu'ils aient triché ou pas, le jeu était le jeu et ils leur avaient promis une glace chacun en cas de réussite - après qu'Anastáz ait judicieusement fait remarquer que " Une glace en cas de réussite " signifiait qu'il n'y aurait qu'une glace pour deux et que donc, ça ne valait pas tellement le coup que ça. Sales gosses !

Retrouvant sa bonne humeur, il rejoint le comptoir et se plaça dans la file, juste derrière deux trentenaires plutôt agréables à regarder.... Mais visiblement dotées d'un esprit aussi aiguisé que celui des bonnes sang-pures anglaises qu'il avait autrefois côtoyées. Forcé de les entendre piailler sur le dernier sac à main qu'elles rêvaient de s'acheter , il ne les écouta que d'une oreille jusqu'à ce que l'une d'elle change de ton et de conversation.

« Oh Kat ! » s'exclama soudain la blonde en hongrois. « Est-ce que tu vois la femme avec les deux enfants là-bas ? »

« Oui ? »

« Je la connais, elle travaille au ministèèèèère ! » chuchota-t-elle d'un ton surexcité. « C'est une anglaise. »

« Naaaaaan ! C'est pas vrai ! On dirait plutôt une portoricaine. » ricana la brunette aux tâches de rousseur.

« Nan mais attends c'est pas le pire.... Deux coupes Dracula avec un supplément chantilly allégée. » lança-t-elle froidement au serveur avant de se tourner à nouveau vers son amie. « Accroche toi à ton sac Diar : Elle. Est. Même. Pas. Mariée. »

« Naaaaaan ! C'est pas vrai ! »

« Je te jure Kat ! C'est Sigmund qui me l'a dit et il le sait parce qu'un de ses collègues a flirté avec elle en début d'année. »

« Naaaan ! Elle est un peu banale quand-même non ? »

« Très banale. »

« Mais alors les enfants qu'elle a... tu crois qu'elle est nounou pour arrondir ses fins de mois la pauvre ? »

Corvus ne put retenir un ricanement que les deux greluches n'entendirent pas. La tentation de balancer une connerie était de plus en plus forte.

« Peut-être qu'elle garde le petit blond mignon mais l'autre, vu sa tête et sa couleur de peau, c'est sûrement un bé-a-té-a-ér. » murmura-t-elle sur le ton de la confidence.

« Naaaaan ! C'est pas vrai ! La hoooonte ! »

Elles récupèrent leur coupe de glace en ricanant de plus belle et s'éloignèrent. Corvus les suivit des yeux distraitement puis fronça les sourcils en remarquant qu'elles s'approchaient de la table où Vaneet, Anastáz et Zoltán étaient installés. Même depuis le comptoir, il put entendre distinctement le « Catin ! » que la petite brune adressa à l'indienne avant d'aller s'installer un peu plus loin. Vaneet lui adressa un regard glacial mais n'eut pas le temps de répondre.

« C'était qui maman ? »

« Ca veut dire quoi catin ? »

« Oui, ça veut dire quoi ? »

La jeune mère déglutit avant de répondre avec un calme admirable :

« Vous pensez pas que vous devriez profiter de votre récompense avant de vous lancer dans d'autres énigmes ? Surtout qu'il y a bien plus intéressant que celle-là. Par exemple : vous savez ce que ça veut dire intarissable ? »

« Intirassable ? »

« Intarissable. Comme votre curiosité. »

« Monsieur ? Votre commande. »

Corvus déposa distraitement un billet magyar et attrapa sa coupe de glace. Même si ce genre de situation demeurait  heureusement assez rare en Hongrie,  il était bien placé pour savoir que ce n'était pas la première fois que Vaneet était insultée de la sorte. Il se souvenait notamment d'une fois où elle avait éclaté de rire avant d'expliquer à son interlocuteur que les putains étant rémunérées, elle ne pouvait être associée à cette catégorie professionnelle, puisqu'elle-même faisait ça gratuitement... Sauf peut être pour lui. L'homme avait fuit quand elle s'était amusée à lui demander quel prix il était prêt à mettre pour ses services. Non, elle ne manquait ni de répartie ni de cran.... Mais jamais elle ne se permettrait de tels propos devant ses enfants devina-t-il. Ni même la moindre esclandre si elle pouvait l'éviter. Il jeta un regard agacé aux deux hongroise puis, suivant son intuition, se dirigea soudain vers leur table.

Il se planta devant elles en fronçant les sourcils puis pointa du doigt la brune aux tâches de rousseur.

« Katerine ?... Katarina ? Zut, j'ai oublié ton prénom après tout ce qu'on a bu l'autre soir mais il me semblait bien t'avoir reconnue. »

Il lui adressa un sourire lubrique tandis qu'elle le dévisageait avec un mélange d'horreur et d'incompréhension.

« Vous.... vous faites erreur Monsieur, nous ne nous sommes jamais vus. »

Elle adressa un regard à son amie, comme pour la convaincre aussi, mais la blonde semblait passionnée par l'échange.

« Non non, il y a pas d'erreur : je me souviendrai de toi longtemps après ta performance. Oh ! Tu es gênée à cause de ton amie ? » demanda-t-il en semblant subitement se rendre compte d la présence de la blonde. « Oups. J'avais cru comprendre qu'elle était plus "ouverte" avec ce que tu m'as raconté à son sujet. Tant pis ! À une prochaine ? » conclut-il avec un clin d'œil.

« Alors c'est lui ton fameux ami à qui tu racontes tout ? »


« Mais non ! Je te jure que je le connais pas ! » s'offusqua Katarina.

Corvus rejoint la table de ses enfants et de son amante sans écouter la suite de leur conversation qui tournait clairement au pus de bubobulb.

« T'en as mis du temps ! » l'accueillit Zoltán. « C'est parce que tu supportes pas qu'on ait gagné ? »

« Ou parce que je réfléchissais à ce que je vais pouvoir parier si vous arrivez pas à finir vos coupes. »

« Ce que tu veux ! »

« Ouai ! Parce qu'on va tout finir ! » approuva vaillamment Anastáz.

« Tu n'étais pas obligé de faire ça. » murmura Vaneet tandis que leur deux rejetons se concentraient à nouveau sur leur glace.

« Faire quoi ? » demanda-t-il le plus innocemment du monde. Puis il reprit comme si de rien n'était : « Si vous mettez plus de deux gouttes en dehors du bol ça compte comme de la triche et vous perdez. »

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MessageSujet: Chroniques d'une famille Hunter   Mar 5 Sep - 11:53



Jamais les fils Hunter n'avaient fait quelque chose d'aussi excitant de leurs vies. Pourtant, Merlin savait qu'ils étaient l'auteur de nombreuses conneries... mais cette fois, c'était différent ; cette fois, c'était leur destinée qui s'accomplissait. Celle de deux futurs fabricants d'artefacts de renommée mondiale, savants en toute choses. Y compris les plus obscures.
Les deux frères se retournèrent l'un vers l'autre avec un sourire lumineux. Dans quelques minutes, ils passeraient la porte de l'unique boutique qui comptait à leurs yeux aujourd'hui. Se débarrasser de leurs parents avait été une tâche aisée : il avait suffit de leur faire croire qu'ils étaient surexcités à l'idée d'acheter leurs livres scolaires pour leur première rentrée et de promettre, main sur le coeur, de ne rien acheter d'autre. En soit, ce n'était pas un mensonge : ils n'achèteraient rien. Ils se contenteraient juste de regarder les objets mystérieux vendus par cette boutique interdite aux mineurs, dans une rue qui leur était tout aussi prohibée.... et essayeraient éventuellement d'un piquer un discrètement si le gérant ne faisait pas attention. Leur père y arrivait bien quand il était jeune, Aquila le leur avait tout raconté, alors pourquoi pas eux ? Il fallait juste attendre le bon moment.... qui arrivait maintenant.

La porte de la boutique s'ouvrit sur un sorcier enveloppé dans une cape grisâtre qui ressortait de l'échoppe avec un paquet en main. Zoltán et Anastáz attendirent qu'il ait disparut au coin de la rue pour sortir de leur cachette et jeter un coup d'oeil par la vitre. Ils observèrent le tenancier refermer son livre de compte avant de passer dans l'arrière boutique.

« Maintenant ! »

Ils poussèrent la porte tout doucement et s'infiltrèrent dans l'Antre de Vlad en essayant de ne pas faire de bruit. Une tâche rendue ardue par l'excitation qui les étouffait. Là ! Une étrange main squelettique qui scintillait ! Et là ! Une corne noire comme du charbon ! Et ici, et là-bas, et en face.... les garçons se poussaient tour à tour silencieusement du coude pour se montrer les merveilles qu'ils venaient d'apercevoir, tout en continuant d'avancer courbés en deux, à moitié planqués derrière les meubles. Ils mourraient d'envie de débattre de la fonction de chaque artefact mais avaient trop conscience des risques encourus. Tant pis, ils devraient se contenter de faire le tour et de mémoriser chaque objets pour en parler plus tard. Arrivés au bout de l'allée, ils hésitèrent un instant sur la nouvelle direction à prendre. Juste quelques secondes d'immobilité de trop....
Leurs regards furent attirés trop tard par l'objet éclatant qui émit une puissante lumière avant de lancer un rayon bleu en leur direction. Ils évitèrent bruyamment le premier mais pas le deuxième ni le troisième, se trouvant tour à tour figés au sol, comme congelés. D'ailleurs leur température corporelle chutait brusquement. Les deux garçons échangèrent un regard horrifié en voyant la peau de l'autre bleuir à vue d'oeil, tandis que leurs mâchoires commençaient à claquer des dents.

« Kis tolvajok ! * »

Frigorifiés, ils n'eurent ni la force ni le temps de bouger avant que le marchand les attrape l'un puis l'autre par les cheveux.

« Megbocsátás ! Megbo.... ** »

Mais leur pathétique tentative d'excuse n'eut aucun effet sur le sorcier bedonnant.

« Vous croyez vraiment que je laissais ma boutique sans surveillance ?! » persifla-il en hongrois. « Sales gamins mal élevés ! Je vais vous apprendre à entrer chez les autres sans autorisation moi ! »

Une violente baffe cueillit chacun des adolescents qui cette fois-ci, ne purent retenir des larmes de douleurs. Il les balança sans pitié dans l'arrière boutique et leurs dos heurtèrent une commode aux poignées métalliques qui ne fit aucun bien à leur colonne vertébrale. D'une voix faible et enrouée, l'aîné tenta une nouvelle fois de défendre leur cause :

« Apánk a Cor... *** »

« Je me fiche de qui sont vos parents ! Un voleur est un voleur ! » cracha-t-il dans la langue magyar. Une nouvelle gifle cueillit Zoltán avant que sa baguette ne se tourne vers Anastáz. Il déglutit sans cesser de grelotter, de plus en plus affaiblit par le froid. « Et croyez-moi, vos parents regretteront de vous avoir mis au monde quand j'en aurais finis avec vous. »

« Ca j'en doute. »

Le maléfice qui cueillit le tenancier l'envoya s'encastrer dans l'étagère au fond de la pièce.

« Maman... »

Vaneet tremblait d'inquiétude lorsqu'elle se pencha sur ses deux garçons. Le commerçant y vit une occasion de riposter avant d'avoir eu le temps de discerner la silhouette qui venait d'entrer à la suite de l'indienne. Le sortilège de Corvus attrapa brusquement le marchand à la gorge, ne lui laissant même pas le temps de lever sa baguette.

« Hu.... Hunter.... »

« Quelle étrange manière de traiter les enfants de ses clients. »

Cette fois-ci il n'y avait aucun sourire sur son visage. Aucune trace de cynisme dans sa voix. Juste de la colère pure et dure. Le sorcier tenta de se justifier mais les mots, au même titre que l'air, restaient bloqués dans sa gorge, de plus en plus serrée, de plus en plus rouge....

« Corvus. »

Le sorcier retomba brutalement au sol en suffoquant. Vaneet se rapprocha de son amant.

« Ne vous méprenez pas... »

« Nous aurions adoré vous doloriser. », compléta Corvus. « Mais on tient à la bonne éducation de nos enfants. »

Il attrapa la baguette de son ennemi et la balança dans la boutique avant de rejoindre sa compagne, occupée à appliquer un sort de réchauffement sur Anastáz. Il produisit le même sort sur Zoltán avant de suivre son amante et son cadet à l'extérieur. Les deux garçons n'eurent cette fois pas besoin de se concerter pour décider de garder le silence.

« Que Merlin soit baisé ! Vos conneries habituelles, les explosions dans vos chambre, la fugue en pleine nuit, c'est quelque chose ! Mais une intrusion dans la boutique la plus dangereuse de Budapest ?! »

« Je vous JURE que si vous ne vous en étiez pas déjà pris une je vous collerai une baffe chacun !! »

« Pardon... on voulait juste voir des artefacts qu'on avait jamais vus.... »

« J'espère que vous les avez bien regardés parce que vous êtes pas prêts d'en revoir ! »

« Mais Tonton A.... »

« OH AQUILA ! Je vais tuer ton frère !! »

« Je préférerais pas, on serait sacrément emmerdés. Mais je vais lui parler. » promit-il.

Il était grand temps d'expliquer à son petit frère que les aventures de leurs enfances étaient beaucoup trop inspirantes pour deux gosses qui avaient deux fois plus de libertés et deux fois moins de cervelle qu'eux. Même s'il ne doutait pas que Zoltán et Anastáz ne retenaient de ses histoires que ce qu'ils voulaient bien en retenir - à savoir les péripéties et non les conséquences qui en découlaient.

« Parfait. Je te laisse finir les courses, je vais enfermer ces deux imbéciles dans leurs chambres. Dont ils ne ressortiront pas avant leur départ à Durmstrang. »

Ni l'un ni l'autre n'eurent le force de protester que c'était dans plus d'une semaine. Pas ce soir... l'humeur de leurs parents ne leur permettrait pas de gagner cette bataille et ils étaient encore exténués par leur aventure. Ils se laissèrent donc traîner au manoir en fixant leurs souliers.

_________________
* Petits voleurs !
** Pardons ! Par....
*** Notre père est Cor...



Dernière édition par The Lady le Jeu 19 Oct - 21:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chroniques d'une famille Hunter   Mar 5 Sep - 18:55



Et voilà ! Ca venait encore de se produire ! A peine avaient-ils tournés la tête pour répondre à leur mère que leurs desserts avaient disparus ! Envolés ! Ne restaient que quelques miettes au fond des assiettes bien trop vides.

« Mais... »

« .... mon scoooone. »

Les gamins de trois ans scrutèrent la table avant de se pencher pour regarder en dessous. Corvus abaissa son journal avec un sourire malicieux, Vaneet roulant des yeux sans toutefois cacher son amusement.

« Il était là. » se plaignit Anastáz d'une petite voix perdue en se redressant.

« Oui et après... et après... »

« Il était plus là. »

« Oui. »

« Bon c'est pas grave, je vais vous en donner d'autres. »

Elle rouvrit le panier qui contenait les précieux gâteaux et en sortit deux nouveaux. Ses fils retrouvèrent instantanément le sourire, s'émerveillant à nouveau de l'odeur et de la si jolie couleur des scones à la framboise. Vaneet en déposa un dans chaque assiette puis releva la tête. Son regard fut alors attiré par un geste discret de la main de son amant, innocemment retourné derrière son journal. Elle soupira puis recula vers le buffet.

« Oh ! Attendez les garçons ! Vous avez vu ça ? »

Ils se retournèrent sans le moindre soupçon de méfiance :

« Quoi ? »

« Quoi ? »

« Quoi ? »

Elle rit devant cette compétition de croassement puis improvisa :

« Il reste du thé au caramel. Vous voulez que je demande à Random d'en faire un peu pour le boire avec les scones ? »

« Bah.... non. »

« C'est pas du thé à la framboise. » expliqua Anastáz comme si c'était d'une évidence enfantine.

« On peut pas le boire avec. »

Ils secouèrent la tête puis retournèrent à leurs assiettes.... à nouveau vide.

« Oh non ! »

« Mon scone... »

Le ton terriblement apitoyé de ses enfants faillit bien arracher un rire traître à Vaneet.

« Bah alors, ils sont où ? »

« Pas là... »

« C'est sûrement que vous les avez mangé. »

« Bah non ! »

Ils observèrent à nouveau la table, le sol, les chaises et les meubles autour... Soudain Zoltán sembla voir son père et il se pencha vers Anastáz pour chuchoter d'un ton suspicieux :

« C'est papa. »

« Tu crois ? .... Papaaaaa ? »

« Hum ? » maugréa-t-il sans baisser son journal.

« T'as pris nos scones ? »

Son ton était tellement innocent, tellement mignon que Corvus lui-même dû se concentrer pour garder son sérieux.

« Quand ça ? »

« Bah... maintenant. »

« Et j'aurai fais ça comment alors que je suis assis dans mon fauteuil ? »

« Avec ta baguette ! » scanda Zoltán en tendant un doigt accusateur vers son père.

« Vous pensez vraiment que j'ai que ça à faire ? »

Son froncement de sourcils instilla le doute dans l'esprit de ses deux fils. Ils hésitèrent, levèrent un regard dubitatif sur leur mère qui haussa les épaules avec une moue d'ignorance, puis se levèrent pour faire le tour de la pièce. Corvus soupira puis posa son journal.

« Mais vous savez, c'est peut-être les fées. »

« Les fées ? »

« Elles sont très farceuses. Elles s'introduisent dans les maisons où il y a de la lumière à la tombée de la nuit et elle chippe les desserts qui sont laissés sans surveillance. »

« Mais tu l'as vue ? »

« Ah non ! Moi je lisais mon journal. »

« Maman, tu l'as vue ? »

« Je crois que j'ai vue passer une petite lumière tout à l'heure mais elles sont très rapides ! »

« Elle est partie vers où ? »

« On va chercher la fée ! » décida Anastáz avant que sa mère n'ait eu le temps de répondre.

« Oui ! »

Et ils galopèrent vers le salon sous le regard horrifié de Vaneet.

« Alors là bravo ! »

« Oh, c'est bon, ils vont juste regarder sous les canapés et les.... »

BANG !

« .... ou pas. Mais je me permets de rappeler que tu les as autant encouragés que moi. »

Elle soupira avant d'attraper sa baguette et de rejoindre les deux petits monstres pour réparer leurs bêtises et les arrêter dans leur folie, suivie de près par un Corvus hilare qui grignotait un scone....

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MessageSujet: Re: Chroniques d'une famille Hunter   Lun 11 Sep - 19:06

« How many of you will be dining tonight master ? »

Corvus leva les yeux de l'artefact qu'il étudiait pour poser un regard pensif sur Random.

« As many as you see in this room.... or maybe not. » ajouta-t-il en entendant subitement la porte d'entrée claquer.

Il doutait fortement que Vaneet soit rentrée, sa concubine ayant prévu de passer la soirée avec l'un de ses amants hongrois, mais ses deux fils étaient visiblement de retour. Random semblait d'ailleurs du même avis puisqu'il demanda :

« Shall I serve for three master ? »

« Do as you please. » répliqua Corvus avec un sourire au coin des lèvres avant de retourner à son artefact.

L'elfe ressortit en marmonnant entre ses dents mais lorsque le dîner fut enfin servit, il avait  mis le couvert pour.... deux personnes ? Corvus fronça des sourcils puis jeta un regard suspicieux à son elfe. Il le savait âgé mais déjà au bord de la sénilité ?

« Have you ever learned to count in your house elves school's ? » railla Corvus avec un soupçon bien dissimulé d'inquiétude.

« There is no house elves school's master. »
rétorqua la créature le plus sérieusement du monde. « I learnt to count with my mother and as you are two masters in the house tonight... »

Corvus poussa un petit soupir sans écouter la fin de la phrase. Evidemment. Il aurait dû se douter que Zoltán aurait mieux à faire que dîner à la maison un vendredi soir. Anastáz devait donc être rentré seul... Même s'il était assez étrange qu'il n'ait pas prit la peine de passer la tête par la porte du salon pour le saluer. Ils ne s'étaient pas encore vus aujourd'hui et même plongé dans ses pensées, le cadet des Hunter ne manquait jamais de dire bon jour à ses proches. Etait-il de mauvaise humeur ? Malade peut-être ? Si c'était le cas, Random ne manquerait pas de s'en occuper. Voyant son maître réfléchir, la créature posa la question attendue :

« Shall I fetch him master ? Shall I fetch master Zoltán ? »

Corvus ricana en s'asseyant :

« Are you in need of a walk in Budapest Random ? »

« No master. »

« Would be fun to find out if you can locate him though. » ricana le patriarche Hunter.

« Master Zoltán is in his room master. »

Corvus reposa sa fourchette en fronçant à nouveau les sourcils. Par le calbut de Merlin ! Il aurait donc compris de travers ? Ce serait Zoltán qui serait rentré un peu plus tôt et Anastáz qui serait toujours à Budapest ? Bon, l'inverse était beaucoup plus fréquent mais en soi, ça n'avait rien d'inquiétant. Non, ce qui rendait le magistrat brusquement perplexe c'était l'absence de son aîné à table. Lorsque cette situation se produisait, Vaneet et lui le retrouvait souvent dans le salon ou la salle à manger, recherchant leur compagnie pour oublier qu'il avait perdu celle de son frère l'espace de quelques heures. Souvent il leur racontait sa journée, leur expliquait avec plus ou moins de détails dans quelles circonstances il avait abandonné Anastáz et râlait sur tout et n'importe quoi quand vraiment il n'était pas de bonne humeur. Bouder n'avait jamais été son truc, pour leur bonheur comme pour leur malheur. Zol s'exprimait, communiquait et faisait un boucan d'enfer plutôt que de s'enfermer dans un silence renfrogné. Même quand il était malade il devait le faire savoir à tout le monde en se baladant partout dans la maison pour faire entendre ses reniflements ou ses lamentations. Les deux parfois. Alors pourquoi ce silence ?

« Shall I fetch him master ? »
répéta Random.

Corvus posa un regard hésitant sur son assiette chaude, eu une pensée pour ses rares disputes avec Aquila puis repoussa le plat avec un soupir blasé. Qu'est-ce qu'il ne fallait pas faire pour être un père exemplaire... en arrivant à l'étage, il constata qu'il y avait effectivement de la lumière sous la porte close de Zoltán tandis que celle d'Anastáz semblait plongée dans l'obscurité. Deux petits coups plus tard, la voix de son aîné maugréa un « Coming.... » peu engageant. A l'instant où la porte s'ouvrit, les tympans de Corvus furent assaillis par la musique énergique et la voix enragée de May Laronce. Ambiance...

« Sorry. Random didn't tell me you were trying to get deaf. »

« Hilarious. » commenta Zoltán sans un sourire. A vrai dire, Corvus ne l'avait probablement jamais vu avec une expression aussi fermée. Son regard était moins colérique que triste et Corvus se félicita intérieurement d'être monté.

« Can I come in to get deaf too ? »

« Don't you have a spell for that ? » rétorqua le jeune homme en s'écartant toutefois.

Corvus sourit au souvenir de la soirée où il avait raconté à ses deux fils la fois où il avait utilisé un sortilège de surdité face à un client trop braillant et inintéressant.

« I'm trying new methods. Yours seems to be a little more efficient on the long term though. »

« That's why there's a soundproof spell on the walls. » s'agaça Zoltán « If you don't like it you can still go back to your diner... »

« … which is now cold thanks to you. »

« I didn't ask you to come. »

« No you didn't. You didn't said anything actually. You just walked in and ran into your room without a word. »

L'aîné haussa les épaules puis tourna les talons pour changer de chanson, passant à un air plus calme de son idole.

« Okay, I'm sorry. Hi dad. » marmonna-t-il en se laissant tomber sur un fauteuil.

« I wouldn't want to force you. » ironisa Corvus en s'arrêtant devant la collection d'artefacts de son fils.

« I said my sorry. » grogna Zoltán. « But I'm not hungry. »

« Was she that beautiful ? » attaqua son père sans pincettes.

« Who ? »

« The girl Anastáz left you for. »

Corvus abandonna son énième inspection du médaillon censé avertir de l'approche de vampires lorsqu'il entendit son fils émettre un bruit à mi-chemin entre rire moqueur et soupir blasé.

« I wish it was a girl. »

Le cœur du magistrat rata un battement. Pendant une petite seconde il craignit que son enfant ne soit atteint de la même anomalie qu'Aquila. Que cette tare puisse être familiale. Mais s'il s'agissait bien de ça Zoltán n'en rirait pas aussi légèrement n'est-ce pas ? Il ne lui en parlerait d'ailleurs probablement même pas. Lisant le doute sur le visage de son père, Zol l'interrogea :

« What are you thinking ? » Puis soudain il comprit : « No ! Not that !  Yurk ! How can you imagine something like this ?»

« By trying to understand what could have managed to turn my noisy son silent. »

« I'm not noi.... »

Mais Zoltán ne termina pas sa phrase, décidant qu'il n'avait pas envie de débattre sur son émission sonore ce soir. Corvus attendit la suite en essayant de ne pas se montrer impatient ; tirer les vers du nez d'un gamin grognon n'avait jamais été son activité favorite et même lorsqu'il s'agissait de ses gosses, sa patience avait de très courtes limites. Heureusement son aîné semblait avoir besoin de s'épancher.

« It's him. » reprit-il d'une voix triste.

« Oh ! Now I totally see who you're talking about. » se moqua Corvus en prenant place sur le lit.

« The man who told him about that wizard god, the true religion and all this bullshit. » précisa le jeune homme.

Le magistrat eu un certain mal à retenir la moue inquiète qui menaçait de poindre sur son visage. Qu'Anastáz ait décidé de croire en Dieu était une chose ; qu'il passe plusieurs heures par semaines avec cet étrange prêcheur sorcier en était une autre.

« So they've finally arrived to the point where they meet every night in secret huh ? » demanda-t-il avec un faux air de confidence. Mais le ton léger de son père ne trompa pas Zoltán et il le rassura rapidement :

« It's the first time he meets him this week. »

Corvus se détendit avant d'adresser à son fils un regard moqueur.

« I'm not jealous ! » contra l'apprenti fabriquant d'artefacts avant que son père n'ait eu le temps de le dire. « I'm really not ! What I would be jealous of anyway ? Having an old hag serving me stupid stories of God all day long ? »

« I could do that if you really feel the need. »

« You would be bored before me. » rétorqua son fils pince-sans-rire. « I don't need anything from you or this fraud. Or even Anastáz. Nothing except... » Il regarda ses pieds, comme s'il était d'ores et déjà gêné de ce qu'il allait dire. « He called me an asshole. »

Corvus roula des yeux en poussant un soupire très audible.

« I don't need to hang with you to know you can really be an asshole sometimes. »

« Of course but he never called me that before ! He says I'm a buta, a jerk, a moron or even a prick when it really comes to it but that... that's another level. »

« I see.... And what did you do to make him call you an asshole ? »

Zoltán rentra la tête dans les épaules face au regard inquisiteur de son père. Il se racla la gorge, attrapa le premier objet qui lui tombait sous la main - un cachet de cire - et le fit tourner entre ses doigts en murmurant :

« I told him that he was the stupidest dumbass and... » Il avala bruyamment sa salive sans cesser de fixer le cachet de cire qui tournait de plus en plus vite entre ses doigts. « ... that if God really existed and wanted the best for the wizards.... his mother would never have left him. »

« You really are an asshole. » commenta Corvus d'une voix glaciale.

« I know and I swear I'm sorry ! I'm really really sorry ! » promit-il en affrontant le regard de son père d'un air suppliant. « I just can't stand to see him with this man, believing every word he says and talking about prayers, prophecies and holy shity destiny ! » cracha-t-il d'un ton furieux.

« That I can get. » lui rétorqua son père d'une voix toujours froide.

« He looks like a fucking fanatic when he listens to him, like he's not the Anastáz I've known all my life anymore and I really don't know what to say to bring him back. I don't know... I just.... I just can't understand. »

Corvus se mordilla la lèvre sans lâcher des yeux les prunelles de son fils. Dire qu'il n'était jamais passé par là aurait été un mensonge éhonté. La situation n'avait évidemment rien à voir ; le secret d'Aquila était bien plus grave et plus enraciné qu'une histoire d'adolescent soudainement passionné par la religion. Mais Zoltán n'avait jamais connu ça. Non ; tout ce qu'il avait connu c'était une enfance fusionnelle avec celui qui était à la fois son demi-frère, son meilleur ami et son confident. Une enfance entière à partager les même aventures, les mêmes émotions et, très souvent, les même idées. A compléter les phrases l'un de l'autre et à se comprendre d'un seul regard. Jusqu'aujourd'hui. Pour la première fois de sa vie, Zoltán ne comprenait pas Anastáz et n'arrivait pas à le comprendre malgré tous ses efforts. Dès que son jumeau parlait de religion, l'aîné des Hunter avait l'impression de se retrouver face à une page indéchiffrable. Un peu comme lui-même lorsqu'il avait enfin comprit qu'Aquila n'apprécierait jamais autant que lui la compagnie féminine. Corvus reconnaissait chez son fils ce besoin de percer le mystère et d'être plus qu'un pan de mur impuissant, condamné à observer. Finalement, Zoltán était blessé par cette même peur de perdre un être cher en ne parvenant pas à l'aider....

« We all have our pack of bullshit. » reprit-il d'une voix plus calme. « Even... »

« Me, I know. »

« Actually I was going to say " Even me ". But you're right : you do have a big pack of bullshit yourself. And as despairing as it may be, I think that's why Anastáz will never let you go. I mean, all the prayers of the world wouldn't save you if he's not here to hold you back before the fall and he knows it. » Il esquissa un sourire railleur face à la moue vexée de son enfant puis ajouta « And the other way around. You're watching his back, aren't you ? »

Zoltán hocha doucement la tête d'un air pensif.

« Good. If this is going too far you'll just have to kill the guy. »

Un sourire fendit enfin le visage du jeune homme.

« Meanwhile I think Anastáz won't call you an asshole for asking some questions about his believes and the way he intends to apply it in every day life. If you speak of his mother again on the other hand... »

« I'm sorry.... » marmonna à nouveau Zoltán.

« .... I'm not sure she will let you live very long. »

Il hocha la tête, plus honteux que jamais. Son père avait raison : la mère d'Anastáz était Vaneet Shafiq et personne d'autre.

« Now I suggest you to go to dinner before Random looses his nerves. Unless you'd rather go deeper ino deafness with that bawling diva of yours. »

« She's not a diva ! She went into a famous singing school you know ? »

Corvus roula des yeux sans laisser transparaître le moindre signe indiquant qu'il était soulagé de retrouver la conversation futile de  son aîné. Il l'écouta délabrer sur May Laronce jusqu'en bas des escaliers, avec la consolation de savoir, comme une intime évidence, qu'il se rabibocherait avec Anastáz dès que ce dernier serait de retour.  
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MessageSujet: Re: Chroniques d'une famille Hunter   Jeu 21 Sep - 22:08


Le doux carillon de l'horloge Hunter retentit à l'instant précis où Corvus actionna la poignée cuivrée. Pile à l'heure ! Non pas qu'il ait vraiment d'horaire précis mais la coïncidence était assez belle pour être remarquée. Un sourire rayonnant au visage, il déposa sa cape sur le porte-manteau et passa devant le salon pour rejoindre son bureau. Ou du moins était-ce l'intention initiale... Ses yeux lui signalèrent toutefois la présence d'un individu dans la pièce précédente et il fit doucement marche arrière.

« Par Merlin ! T'as perdu ta moitié ? » lança-t-il en trouvant Zoltán seul, étalé par terre, le nez plongé dans un bouquin.

Le jeune garçon leva la tête pour adresser un sourire timide à son père.

« Salut P'pa. »

" Salut P'pa ? " Sérieusement ? Où était passé le Zoltán épuisant qui lui sautait au cou en beuglant des " Papaaaaaa " à lui exploser les tympans ? Et ce sourire sans conviction... Ca ne pouvait vouloir dire qu'une chose. Il soupira en s'avançant dans la pièce :

« Tu t'es disputé avec ton frère ? »

« Non. Pas moi. »

« Ca veut dire que quelqu'un d'autre oui ? Ta mère ? »

L'enfant haussa les épaules avant de retourner à son livre.

« Elle m'a interdit de t'en parler. »

« Ca tombe bien, j'ai une bonne nouvelle pour toi : je lève cette interdiction. »

« Quelle interdiction ? »

Corvus tourna la tête pour trouver une Vaneet au visage résolument triste et fermé. Décidément....

« Comment était ta soirée ? »

« Plutôt pas mal. Où est Anastáz ? » demanda-t-il sans détour avec ce sourire agaçant dont il avait le secret.

« Dans sa chambre. Il est puni.. »

« Et pas Zoltán ? »

« Heeeeeey ! J'ai rien fais cette fois ! » s'offusqua le gosse en bondissant sur ses pieds.

« Il a juste cassé un objet mais je l'ai réparé. Il redescendra à midi. »

Mais le pincement de lèvres de Zoltán et l'air défiant de Vaneet démentait formellement cette version. Corvus accorda successivement un regard à son fils puis à sa compagne, sa curiosité piquée à vif. Par les couilles de Merlin ! Qu'est-ce que son cadet avait bien pu faire ?

« Est-ce que je dois lui poser la question moi-même ? »

« Non. Laisse le tranquille. » rétorqua froidement l'indienne avant de ressortir de la pièce.

L'aîné s'approcha alors sur la pointe des pieds et tira sur la manche de son père pour lui avouer dans un murmure :

« Anastáz voulait aller à Budapest tout seul pour s'acheter une nouvelle cape mais Maman a refusé de le laisser partir sans elle alors il s'est énervé et il a crié qu'il avait pas d'ordre à recevoir d'elle parce que c'était pas sa mère. »

Corvus inspira longuement en fermant les yeux. Il aurait dû se douter que cela finirait par arriver et pourtant... il n'avait rien vu venir. Comme s'il avait lu dans ses pensées, Zoltán ajouta timidement :

« Je crois que ça fait quelques jours qu'il pense à ça. Mais j't'ai rien dis, hein.» grommela-t-il en retournant à son livre. « En tout cas Maman ça l'a vraiment rendue triste. Et Nas aussi, même s'il veut pas me parler depuis tout à l'heure. »

Le magistrat n'eu aucune mal à entendre la tristesse qui perçait au fond de la voix de son fils.

« Merci Zol. Je m'en occupe. » le rassura-t-il avec un petit sourire avant de quitter à son tour le salon.

" Pas sa mère "  ! Il imaginait trop bien la portée que ces mots avaient pu avoir sur Vaneet. Et cape ou pas cape, il refusait de les tolérer. Il s'engagea dans les escaliers avec colère, prêt à déclamer à son fils que s'il n'était pas content il n'avait qu'à aller chercher sa mère lui-même ! Mais son élan fut brusquement interrompu par une main fraîche qui le tira en arrière.

« Où est-ce que tu vas ? »

Comme à chaque fois dans ce genre de situation, Corvus dégaina son plus beau sourire cynique.

« Je vais gentiment expliquer à mon fils qu'il y a certaines choses ici qu'il ne peut pas casser. »

« Évidemment, Zoltán n'a pas pu s'empêcher de l'ouvrir ! » pesta-t-elle. « Laisse Anastáz tranquille. »

« Tu crois vraiment que je vais le laisser s'en tirer comme ça ? » s'agaça le magistrat.

« Je ne veux pas que tu interviennes ! »

« Toutes mes excuses de vouloir intercéder en ta faveur. » siffla-il d'un ton extrêmement cynique.

« C'est très attentionné de ta part » répondit-elle d'une voix mielleuse « mais ce n'est la peine. »

« Si tu n'es pas sa mère, moi au moins je suis son père et il paraît que c'est de mon devoir de lui remettre les idées en place. »

« Mais tu ne sauras pas faire. Non, tu ne sauras pas ! » insista-t-elle furieusement devant l'expression outrée et vexée de son amant. « Tu es un très bon père Corvus mais tu n'as pas la moindre idée de ce qu'il vit ! Tu as grandis avec des parents qui t'ont toujours aimé sans conditions. Tu n'as jamais ressentis ce manque ! Alors ne me dis pas que tu es mieux placé que moi pour lui parler de ça, tu sais très bien que c'est faux ! »

Corvus se renfrogna dans un grognement mécontent, moins parce qu'il estimait qu'elle avait raison que parce qu'il avait conscience d'arriver sur un terrain dangereux.

« J'avais l'intention de lui parler un peu plus tard mais puisque tu insistes, je vais le faire maintenant. »

« Je ne te force à rien. » rétorqua-t-il d'un ton acide.

« Eh bien moi si. Et occupe-toi de ton fils à la langue bien pendue. »

En suivant son doigt tendu, Corvus constata que Zoltán s'était effectivement levé pour passer la tête par la porte du salon. Le garçon rougit et disparut aussitôt comme si de rien n'était. Un peu comme sa mère qui le planta dans les escaliers sans attendre son consentement. Non mais sans blague !

Vaneet grimpa les marches deux par deux jusqu'au pallier avant de ralentir son allure. Bouse ! Elle voulait vraiment laisser passer une heure avant de confronter Anastáz mais il était hors de question de laisser Corvus parler à sa place. C'était leur conflit, leur relation et c'était à eux d'en démêler les nœuds. A condition de savoir par lequel commencer....

Elle s'approcha timidement de la chambre, hésita quelques secondes puis toqua à la porte.

« Je peux entrer ? »

Pas de réponse. Evidemment. Mais elle ne pouvait pas baisser les bras aussi facilement. Elle soupira doucement puis s'adossa à la porte.

« Je voudrais juste qu'on parle un petit peu tous les deux. »

Toujours pas de réponse.

« Tu veux bien ouvrir ? S'il te plaît. »

Le silence s'éternisa dans le couloir sombre. Pourtant, quelque chose lui disait qu'il écoutait chaque mot.

« Je ne t'en veux pas Anastáz.... »

« Tu mens ! » scanda soudain la voix fluette du blondinet derrière la porte. « T'es en colère j'le sais ! »

Vaneet déglutit en levant les yeux au ciel. L'heure de vérité approchait plus vite qu'elle ne se l'était imaginé.

« Tu as raison, je suis en colère. Mais pas contre toi. »

« Contre qui alors ?! Tu dis n'importe quoi, va-t-en ! »

Sans se décourager, elle laissa glisser son dos contre la porte pour s’asseoir devant la chambre.

« Je ne sais pas.... contre plusieurs personnes je crois. Des gens à qui j'en veux depuis longtemps. Parfois on pense ne plus être en colère et puis un jour, ça revient sans prévenir et ça se dirige sur la mauvaise personne. Je ne suis vraiment pas en colère contre toi Anastáz. » répéta-t-elle d'une voix douce. « Enfin, je ne le suis plus. Je suis en colère contre.... ce qu'il t'arrive. Et ce qu'il m'est arrivé. »

Anastáz réalisa soudain que s'il avait déjà vu ses grands-parents paternels - venus plusieurs fois visiter la Hongrie - il n'avait jamais entendu parler des parents de Vaneet. Ni jamais vu la moindre photo d'eux dans la maison.

« T'as.... t'as pas de parents ? » demanda-t-il d'une voix timide.

Quelques secondes de silence s'écoulèrent avant qu'elle ne réponde :

« Plus maintenant. J'ai fais une erreur et après ça, ils n'étaient plus très contents d'être mes parents. Je n'étais pas assez bien pour eux. Alors on s'est séparés. »

Soudain la porte s'ouvrit sur le blondinet, les larmes aux yeux et la morve au nez.

« Et moi, qu'est ce que j'ai fais comme erreur ? »

« Tu n'en n'as fais aucune ! » assura l'indienne d'une petite voix en sentant ses yeux s'humidifier. « Ta mère voulait quelque chose que tu ne pouvais pas lui donner, ce n'est pas de ta faute. Parfois les gens en demandent trop et on y peut rien. »

« Mais qu'est-ce qu'elle voulait ? » chouina le blondinet.

Vaneet déglutit une nouvelle fois en cherchant ses mots. Il était encore trop jeune pour comprendre ça. Plus tard peut-être....

« Je ne suis pas sûre.... »

« Alors comment est-ce que tu peux savoir que je pouvais pas lui donner ? »

Crotte. Il restait décidément le fils de Corvus, beaucoup trop curieux et intelligent.

« Parce que.... parce que tu donnes déjà tout ce que tu as Anastáz. » improvisa-t-elle. « Tu es un merveilleux garçon très intelligent, très drôle, tu aimes ton frère, ton père, tu étudies bien avec le précepteur, tu fais des bêtises de temps en temps mais tu t'excuses ensuite.... c'est déjà beaucoup tu crois pas ? En tout cas je ne veux pas t'en demander plus. On ne veut pas t'en demander plus. » corrigea-t-elle en osant enfin poser une main sur son épaule. « Écoutes, si vraiment tu veux savoir, tu pourras toujours essayer de trouver ta mère pour lui poser la question directement plus tard. D'accord ? »

Anastáz hocha la tête timidement.

« D'ici là, j'aimerai bien te garder en un seul morceau. C'est parce que je tiens fort à toi que je veux pas que tu ailles tout seul à Budapest. Il y a des sorciers vraiment dangereux là-bas. »

« Je sais. » avoua-t-il en baissant les yeux. « Je savais que t'allais dire non. »

« Parce que je t'aime. Et.... si tu le permets, ça me ferait très plaisir d'être ta maman en attendant le jour où tu retrouveras ta mère. Je peux s'il te plaît ? » demanda-t-elle sans parvenir cette fois à retenir ses larmes.

Le blondinet fonça brusquement vers elle et enfonça sa tête dans sa poitrine en tentant vainement de serrer ses bras autour de sa taille.

« Oui je veux ! Je suis désolé, je te demande pardon... maman. »

Et voilà ! Elle s'était transformée en fontaine. Pathétique.... heureusement que Corvus n'assistait pas à ça. Enfin, normalement.... Sans lâcher l'enfant qu'elle tenait serrée contre elle, elle tourna la tête vers les escaliers mais ne vit aucune silhouette suspecte. Rassurée, elle déposa un baiser sur la tête blonde de son fils.

« Il ne faut vraiment pas que tu le répètes à Zoltán mais, vous êtes ma seule famille tu sais ? »

« Je savais pas. » avoua le garçon en séchant ses larmes.

« C'est pas grave. Je te pardonne, tu me pardonne et on se réconcilie ? »

Il hocha la tête avant de déposer un baiser sur sa joue. Vaneet sourit tendrement en essuyant sa dernière larme.

« Il faut que t'ailles voir ton frère maintenant. Il est un peu triste que t'aies pas voulu lui parler. Mais il s'en remettra. » ajouta-t-elle rapidement en voyant la culpabilité se peindre sur le visage d'Anastáz. « Et ça ne l'a pas empêché de faire conneries tout seul. »

« Lesquelles ? »

« Tu lui demanderas toi-même. Allez zou ! »

Il attrapa la main de Vaneet et la suivit dans les escaliers. Sa maman. Sa mère. La vraie et l'unique.
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MessageSujet: Re: Chroniques d'une famille Hunter   Ven 22 Sep - 13:50

"Corvus.."

"Humm...?"

Levant la tête de son journal, le magistrat reposa sa tasse de café fumante pour sourire à sa compagne. Un sourire qui ne trompait personne mais qui fit lever les yeux au ciel à la Shafiq.

"Tu es irrécupérable, tu sais?" souffla t-elle dans un soupire mi-blasée, mi-amusée.

"Oh, à mon âge il est trop tard pour se refaire il parait. Tu te joins à moi?"

"Tu sais qu'ils vont le remarquer, et qu'ils vont nous faire une scène pas possible, n'est-ce pas?"

"Les disparitions spontanées ça arrive tous les jours."

"Ils feront rapidement le lien avec ce que tu leur à dit ce matin."

La sorcière tira la chaise à côté de Corvus et s'y assit, remplissant une nouvelle tasse de thé d'un coup de baguette. Elle avait été présente un peu plus tôt quand les deux garçons avaient voulu terminer ce fabuleux gâteau pour le petit-déjeuner et que leur père leur avait le plus sérieusement du monde rétorqué qu'il s'agissait d'un dessert, pas d'une ration pour petit-déjeuner.

"Randöm peut parfois être si négligeant..." commenta t-il d'un faux sourire contrit qui fit à nouveau soupirer Vannet. Son amant, le père de ses enfants, pouvait parfois être si immature. C'était aussi plaisant qu'agaçant et elle avait dans l'idée que ça ne changerait pas avec les années. Pour le meilleur et pour le pire.

"Ne compte pas sur moi pour te soutenir sur ce coup-là."

"Tant que tu ne me jettes pas le sortilège dans le dos..." Un petit sourire malicieux comme il savait si bien les faire.

"Hum..laisses-moi réfléchir.."

"Me laisserais-tu acheter ton silence?"

Refermant un instant le journal anglais qu'il lisait, le Hunter révéla un petit plat contenant un morceau de gâteau aux couleurs chocolatées. Attrapant une assiette non loin, il coupa une part dans ce qui restait du délicieux cake aux 10 chocolats de Nagy Cukrászda, une version revisitée du Doboš hongrois, pour la tendre à la sorcière.
Qui releva le nez avec cette mimique unique qui le faisait si facilement craquer.

"Tu veux faire de moi ta complice? Me corrompre avec ce pot-de-vin et ainsi m'empêcher de te vendre aux jurys? C'est une technique peu honorable maître Hunter..."

Les lèvres de Corvus s'étirèrent finement, révélant un sourire carnassier.

"Peut-être devrais-je effectivement revoir mon offre. Partager le butin à ce stade me lèse un peu trop.."

La main de Vaneet ramena rapidement la part survivante près d'elle, ponctué d'un fin éclat de rire.

"Ah non, c'est trop tard! Mon silence est acheté!"

Les deux adultes se regardèrent en souriant, avant que l'indienne n'attaque le gâteau, un énorme sourire vorace sur les lèvres.

Si Corvus était rarement capable de lui dire à quel point il tenait finalement à elle, ce genre de petits moments uniques et si plaisants le lui rappelait inévitablement. Il avait de la chance de l'avoir, elle qui non seulement acceptait tous ses travers, élevait ses enfants malgré la complexité de la situation, mais surtout qui était aussi tumultueuse et joueuse que lui. Il avait un temps eu peur de s'engluer dans cette situation, de regretter de se caser malgré tout avec la Shafiq et de se perdre lui-même dans cette vie de famille improvisée et pas du tout son genre.

Il ne regrettait rien.

"Et puis je leur ferai le coup de la blague du petit-déj s'ils posent trop de questions."

"Celle qui n'a pas de bol?"

"Toutafé." Clotura t-il d'un énorme sourire alors que Vannet roulait exagérément des yeux avant d'attraper elle-même un journal hongrois et de reprendre un morceau de ce fameux gâteau.
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MessageSujet: Re: Chroniques d'une famille Hunter   Dim 24 Sep - 0:39



« Allez vas y. Tu peux le faire ! »

Corvus et Vaneet eurent un léger froncement de sourcils en entendant les chuchotements derrière la porte du salon mais ni l'un ni l'autre n'abandonna sa lecture ou son canapé. Comme ils l'avaient prévu, leur deux fils entrèrent l'un après l'autre la minute suivante, Zoltán en tête.

« Papaaaaaa ? Mamaaaaaan ? »

Si Corvus releva la tête de son journal, Vaneet ne se donna même pas la peine de quitter son livre des yeux. C'était un peu vexant mais ça ne découragea pas les deux gamins de douze ans qui esquissèrent de grands sourires éclatants. Zol ouvrit la bouche mais fut interrompu par son père avant même d'avoir parlé.

« D'accord, t'as l'autorisation à condition d'être rentré pour vingt et une heures. »

« YEEEES !!! »

« HEY ! Non, non, non ! » réagit soudain l'indienne en posant son livre.

« C'est trop tard, papa a dit oui ! » rétorqua Zoltán d'un ton un poil provoquant.

« Exact. Dommage que tu m'es interpellée aussi. »

« Mais tu répondais pas. » tenta Anastáz plus modestement.

« Et qu'est-ce que je suis en train de faire là ? »

Corvus laissa échapper un petit rire depuis le journal derrière lequel il était aussitôt retourné.

« Alors ? Quoi, où, quand, comment ? »

« Une course d'hypogriffes, à Pilisszentlászló, samedi après-midi, en Magicobus. »

« Une course à laquelle vous serez simples spectateurs ? »

Silence. Zoltán adressa un regard en coin à son frère. " Tellement discret ... " songea Vaneet en poussa un soupir exaspéré.

« Alors non. »

« Mais alleeeeeez !! Je me suis entraîné toute l'année à Durmstrang pour ça ! Anastáz et moi on s'est embêtés à ensorceler plein d'objets, on a pratiqué la métamorphose, les sortilèges et tout pour que je puisse tenir sur le dos d'un cheval malgré les secousses ! »

« Ouai on a fait des vrais test en balai aussi, avec des virages serrés et même des figures aériennes trop stylées ! »

« Pour faire de la voltige pendant la course ? » demanda soudain Corvus d'une voix amusée

« Non, au cas où je doive prendre un virage serré pour rattraper mes adversaires ou éviter un obstacle ! » rétorqua l'aîné avec un grand sourire avant de réaliser que la mention des obstacles n'était peut-être pas une bonne idée. « Mais bon, c'est pas dangereux hein ! »

« La preuve, les inscriptions sont autorisées pour les adolescents ! »

« Fantastique ! » s'émerveilla  faussement Vaneet d'un ton tellement réjouit qu'il instilla le doute chez les deux garçons pendant une seconde. « Vous pourrez donc vous inscrire quand vous atteindrez l'adolescence. »

« Mais on a DOUZE ans ! » insista Anastáz comme si cet âge était la preuve ultime de maturité.

« Et le même nombre de conneries multiplié par 100 en si peu de temps. Non c'est non. » insista-t-elle alors que Zoltán rouvrait la bouche. « Vous participerez à cette course d'hypogriffes quand vous serez capables de faire vingt tours du jardin en balai en restant assis, sans vous trémousser, vous pencher ou essayer de tenir debout en équilibre..... peut-être. » ajouta-t-elle alors qu'ils se précipitaient hors du salon en courant.

Ils revinrent aussitôt la mine boudeuse.

« Et si je participe avec lui pour qu'on se soutienne ? » demanda Anastáz avec espoir.

« Toujours non. »

« Pourquoiiiii ? »

« Parce que deux crétins ensemble ne sont pas plus prudents qu'un seul. »

Cette fois-ci ce fut au tour de Vaneet de pouffer.

« Mais tu as dis oui ! »

« A quoi ? »

« Tu as dis qu'il avait l'autorisation à condition d'être rentré pour vingt-et une heure. »

« Laisse tomber. » soupira Zoltán avec agacement. « Il va encore nous faire le coup de " J'ai pas précisé pour quoi je donnais mon autorisation alors ça marche pas, gna gna gna ! "  »

« Eh bah vous voyez, vous commencez à apprendre ! A ce rythme là vous atteindrez bientôt le stade adolescent. » se moqua Corvus sous les rires de son amante.

« C'est pas drôle ! » s'énerva le brun.

Le blond posa alors une main sur son épaule et plongea ses prunelles dans celles de son père.

« Mais Papa, tu disais pas la dernière fois que notre fraternité était plus forte que tout ? Qu'en cas de difficulté on pouvait se raccrocher l'un à l'autre et surmonter tous les obstacles ? »

« Il a pas dit ça quand Zoltán étais suspendu à une main au rebord de ta fenêtre par hasard ? » demanda Vaneet avec un sourire moqueur.

« Ah, c'est possible ! »

« Oui mais tu l'as dis quand-même. Alors voilà, on va se soutenir, se surveiller l'un l'autre et arriver jusqu'à la fin de la course en un seul morceau ! Enfin non, deux mais un chacun. »

« Ouai ! »

« Alors... vous vous rappelez quand je vous expliquais l'importance de bien choisir ses mots pour faire des phrases qui marquent l'esprit ? »

« J'y ai pourtant bien réfléchis. » marmonna Anastáz.

« J'en doute pas mais moi aussi. C'était une jolie phrase qui a eu l'effet escompté au moment où j'en avais besoin mais qui n'est pas applicable dans cette situation. »

« Mais pourquoiiiiii ? » pesta à nouveau Zol tandis que leur père retournait derrière son journal.

« Parce que vous êtes deux jeunes adolescents... »

« Deux crétins. » rectifia Corvus sans lever les yeux du quotidien hongrois.

« Non. Ce que votre père veut dire c'est que vous êtes deux adolescents un peu irresponsables et souvent inconscients du danger. »

« Deux crétins. » confirma Corvus sur le même ton.

« Mais non !.... en fait si. Désolée, il faudra attendre encore quelques années. »

« C'EST NUL ! » s'énerva Zoltán.

« Archi pourri. » renchérit Anastáz.

« Puisque c'est ça on va faire des courses de balai en équilibre ! »

Et ils quittèrent le salon dans un vacarme exagéré. Corvus releva les yeux de son journal pour croiser le regard de Vaneet. Ils haussèrent tous deux les épaules, échangèrent un sourire amusé et complice puis retournèrent à leur lecture. Rien de bien extraordinaire dans la famille Hunter.
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MessageSujet: Re: Chroniques d'une famille Hunter   Jeu 28 Sep - 15:10


Les visages de Corvus et Vaneet commencèrent à se dessiner devant les deux jeunes hommes avant même que le Portoloin n'ait finit sa course. D'abord floues, les silhouettes des deux adultes se précisèrent jusqu'à devenir parfaitement nettes lorsque le sol du ministère hongrois se matérialisa sous les pieds d'Anastáz et Zoltán. Merlin que c'était bon de rentrer chez soi ! Le brun et le blond n'attendirent qu'une seconde avant de se moquer gentiment de leur père, qui ne leur avait pas fait l'honneur de sa présence pour leur départ. Vaneet rit doucement tandis que Corvus se faisait un plaisir de leur répondre point par point. L'échange de piques se poursuivit jusqu'au transplanage devant le manoir familial.

« Home sweet home. » soupira Zoltán en posant sa valise tel un pèlerin harassé qui rentrait chez lui après un long voyage.

« I thought England was your real home. » ironisa sa mère avec un sourire en coin.

« Can't we have more than one ? »

« You should have been more clear then. » se moqua Corvus « We thought you didn't want this one anymore so we felt free to rearrange your rooms. »

« Ha ha. You already did this joke ! »

« Did you really thought we would leave it empty when you both promised to never come back ?  » renchérit Vaneet d'un ton très sérieux.

Anastáz, qui suivait jusqu'à là l'échange avec une expression amusée, afficha soudain un air aussi inquiet que son frangin.

« You havn't done it for real, right ? »

« You'd better be kidding ! » râla Zoltán avant de s'engouffrer dans la maison en courant derrière son frère.

« I would say that I missed that but it's so easy it's almost boring. » soupira Vaneet.

Corvus haussa les épaules avant de refermer la porte, sans oublier de laisser sur le perron les deux bagages abandonnés par ses fils dans leur précipitation. Nul doute qu'ils s'en plaindraient mais il n'y avait aucun risque de vol et cela faisait beaucoup trop longtemps qu'il n'avait pas eu l'occasion de les faire râler. Vaneet semblait d'ailleurs de son avis puisqu'elle ne releva pas et se contenta de le précéder dans le salon.

« I knew you were lying ! » ronchonna Zoltán lorsqu'il fit irruption dans la pièce à son tour.

« Yeah. You knew it so well that you were already threatning to send all their stuff in the hall with a spell to put yours back in. »

Le brun adressa un regard vindicatif à son frère mais ne démentit pas.

« You would have done the same. » se contenta-t-il de répondre la tête haute.

Corvus prit la liberté de servir quatre verres pendant que le blondinet poursuivait cette conversation futile qui lui arracha quelques sourires amusés et quelques roulements de yeux. Le magistrat interrompit enfin leur débat en leur tendant à chacun une boisson.

« Well... »

Zoltán s'éclaircit brusquement la gorge en levant la main, stoppant ainsi son père avant qu'il ne boive à leur retour. Il avait parfaitement conscience que son jumeau n'attendrait pas longtemps avant de cracher le morceau et s'il voulait le prendre de court, c'était maintenant ou jamais.

« Actually, I have to ... »

« He's engaged » lâcha Anastáz d'un ton blasé avant de se mettre à rire.

« Thanks. You're a real brother ! » grogna l'aîné d'un ton cynique.

« You're welcome. »

« Wait, wait.... what ? Zoltán is engaged ? »

« Is that so surprising ? »

Corvus fronça des sourcils, un demi-sourire aux lèvres, l'air encore indécis sur sa réaction. Vaneet quant à elle s'assit sans quitter son fils des yeux, le regard incrédule.

« I need to sit. »

« Mum ! It's not such a big deal. »

« I mean, no offense sweetheart but, I'm amazed someone wanted you as his son-in-law. »

Le rire d'Anastáz s'éleva à nouveau, soutenu cette fois-ci par celui de Vaneet et par le sourire amusé de leur père.

« What did I do to deserve this ? » râla le brun. « Nas did the same stupid joke. »

« I'm sorry Zol. » s'excusa sa mère en l'invitant à s’asseoir à côté d'elle. « So tell us : who is she ? »

« Want to tell them that too ? » demanda Zoltán à son frère d'un ton sarcastique.

« Why would I ? It's your engagement. » rétorqua le blond du ton le plus surpris du monde, comme s'il n'avait jamais révélé le pot aux roses.

Son jumeau haussa les épaules, posa son verre sur la table basse puis s'éclaircit la gorge en changeant légèrement de position, suscitant un froncement de sourcils chez ses deux parents. Vaneet s'apprêta à faire une réflexion sur son hésitation mais son fils se décida enfin à parler au même instant :

« It's a Zabini girl. » avoua-t-il sans regarder son père.

Vaneet fit des yeux ronds, très sincèrement cette fois, puis se tourna vers Corvus. Zol continua quant à lui de fixer sa mère, déterminé à ne pas croiser le regard de son paternel. Il dû toutefois s'y résoudre lorsque Corvus prit la parole d'une voix moqueuse :

« I know I've always been a role model for you but I assure you you don't have to make every same mistake I made. »

« I'm not doing every same mistake you did. » rétorqua Zoltán d'un ton fier en haussant le menton. « I'm doing better where you failed. »

Corvus eu un rire mauvais, Vaneet adressa un regard courroucé à son fils et même Anastáz eu une moue désapprobatrice.

« Sorry. I didn't meant it to sounds like this. » tenta de se rattraper le jeune Hunter en baissant la tête.

« How did you meant it then ? »

« I don't want it to be compared to your engagement. » se défendit-il. « It's not the same type of girl at all. »

« Naya is very cool. » confirma Anastáz avec un sourire.

« Naya ? »

« It's the daughter of Nicodem and Naima Zabini. »

« You're engaged to the daughter of Naima Zabini ? »  répéta Corvus avant d'éclater de rire. Oh oui, il se souvenait très bien de cette cousine de Violet qu'il avait rencontré quelques fois lors de réunions familiales et de soirées sang-pures. « Congrats son ! It can't be compared indeed ! Doing better eh ? »

« She's very nice ! »

« I don't doubt she is. » se moqua-t-il en référence évidente à la plastique de rêve des femmes Zabini.

« And open minded. »

« She's fun and smart. She likes us. » lança Anastáz comme si cela suffisait à en faire définitivement quelqu'un de bien.

« We'll be enjoyed to meet her then. » dit Vaneet avec un sourire pour aplanir la situation.

« Well, you will have to meet her parents of course but.... »

« The Zabinis are not ready to welcome your father yet ? » devina l'indienne.

« Pretty much. » reconnut Zoltán tête basse.

« Why have they agreed to this then ? I'm sorry Zoltán, it's not against you but I still think there's something odd. » réitéra la mère des Hunter, sérieusement cette fois. « Are you sure of yourself ? »

« No. Why would I be ? Isn't an engagement made to be enjoyed and then broken ? » demanda-t-il avec un étonnement sincère.

Vaneet se frappa le front de la main tandis que Corvus roulait des yeux.

« Zoltán ! »

« What ? That's what we learned from dad stories ! »

« He's right. That or to never get engaged at all. »

« Yeah. And dad's my role model after all. »

« Am I now ? » ironisa Corvus.

« At least you're someone's model. » lança Vaneet d'un ton faussement vexé.

Son aîné ouvrit la bouche pour se défendre mais Anastáz posa une main pleine de sagesse sur l'épaule de son frère.

« Don't. You will only make it worse. »

« Help me then ! » s'offusqua le brun.

« Sorry, neither of them is my role model. I have many inspirations in life, althought I'll admit they are the best one. »

Sa flatterie lui valut un sourire moqueur de Corvus et un regard faussement attendrit à l'excès de Vaneet.

« You're such a smooth talker ! »

« I'm pretty sure I know who is his inspiration for that. » s'amusa Vaneet en lançant un coup d'oeil à Corvus

« I take it as a compliment ! At least he didn't get his vanity from me. »

« Are you saying I'm vain ?! » s'offusqua Vaneet.

« Thanks. » souffla Zoltán à Anastáz tandis que leurs parents se lançaient dans un faux débat.

« As always, you're welcome. »

Ils firent tinter leurs verres avant de prendre une nouvelle gorgée de vin. Finalement, fiancé ou pas, ça ne changerait jamais rien. Ni à lui, ni à eux, ni à leur famille. De toute façon, il ne le resterait sûrement pas très longtemps. C'était bien ce que leur avaient apprit leur parents non ? Ah la famille....
 


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MessageSujet: Re: Chroniques d'une famille Hunter   Ven 20 Oct - 20:29

Et voilà : c'était repartit ! Anastáz laissa retomber ses bras le long de son corps en poussant un long soupir blasé.

« Come ooooon ! Not again. »

« Would you prefer that I lie, just to get of rid of it, or maybe suggest you something else that's absolutely not your style ? »

Le blondinet haussa les épaules sans prendre la peine de demander à qui elle faisait référence. Sa dernière séance de shopping avec son père remontait à plusieurs mois - ou peut-être même plusieurs années - et celles avec Zoltán se terminaient systématiquement sur un débat animé au sujet de la mode. Ce qui n'était pas forcément désagréable mais qui avait le désavantage de rallonger colossalement le temps qu'ils passaient dans chaque magasin. Et aujourd'hui, il n'avait pas le temps.

« I honestly don't understand why you don't stand with the first dress. » reprit l'indienne en quittant son fauteuil victorien pour attraper l'étoffe bleue claire.

« I told you alreay, there's not enough.... »

« .... colors, I know. But there's an easy spell that could fix that in less than thirty seconds. »

« That's cheating mum ! » s'offusqua le jeune Hunter en récupérant la robe de soirée sorcière qu'il avait essayé quelques minutes plus tôt.

« Well, I may have misunderstood but is it not the way we do things in this family ? »

« Not when it comes to fashion. » protesta Anastáz en disparaissant à nouveau derrière le rideau satiné de la cabine d'essayage.

Vaneet ricana en retournant s’asseoir dans son fauteuil.

« I just want my son to be handsome for his fifteenth birthday. » s'excusa-t-elle gaiement. « Is that too much that I'm asking for ? »



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