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 Orgueils & épitoge - Acte en cours [UA-PART I]

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Corvus Hunter
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Messages : 92
Date d'inscription : 28/03/2015

MessageSujet: Orgueils & épitoge - Acte en cours [UA-PART I]   Ven 2 Déc - 20:25


La porte claqua violemment, rebondissant contre le mur et laissant une nouvelle trace sur la coûteuse tapisserie, finissant entrouverte alors que l'homme s'avachissait lourdement dans son fauteuil de cuir. Dire qu'il fulminait aurait été un euphémisme. Lui qui pourtant était connu pour son flegme et sa nonchalance des plus agaçante pour les autres se sentait en cet instant aussi enragé qu'impuissant. Et mal. Oui, lui, Corvus Hunter, avocat émérite aussi renommé que craint se sentait mal. Presque maudit. Parce que ça ne pouvait être que ça, non?

Soupirant, le magistrat se laissa aller à ce mélange doux-amère de désespoir et de colère, la tête dans les mains.

Cette série catastrophe avait commencé depuis quelques mois, il n'aurait su dire quand exactement. Mais ce qui était sûr c'était qu'il avait perdu de plus en plus d'affaires, d'abord insignifiantes et maintenant voilà que celle sur laquelle il bossait depuis bien trop longtemps menaçait de lui glisser en les doigts comme une demi-molle! Oh, bien sûr, il suspectait une partie de ces procès d'avoir bien plus profité de pot-de-vins que de ses judicieux plaidoyés, mais autant que cela? Un temps suspicieux, le Hunter s'était tout de même interrogé quand à un quelconque point commun - ou plusieurs se croisant- pouvant justifier une telle dégringolade sans aucune mesure, mais rien. Nada. Nichts. Aucun intérêt pour quiconque de perdre temps et argent à forcer la balance de ces affaires. C'était à n'y rien comprendre. Il n'y comprenait rien. A part qu'il en faisait un putain de mal de ventre.

Parce que s'il n'y avait personne à l'origine de cette dégringolade, il n'y avait plus qu'une seule explication... La mort dans l'âme, Corvus plongea la main dans le tiroir le plus proche pour en retirer une petite flasque d'argent et la porter à se bouche. Le liquide ambré et brûlant lui procura un bien fou sans pour autant éteindre l'alarme qui semblait exploser dans son esprit. Le doute. De la décrépitude, de sa propre fin, ses erreurs. Sa faute. Sa. Putain. De. Faute.

" Indéniablement. "

Zut, apparemment il avait dû parler à voix haute. Par contre, il aurait dû pouvoir continuer tranquillement, et seul.

Sourcils froncés, l'avocat releva la tête sur la silhouette qui avait pénétré dans son bureau comme par magie, avant d'hausser vaguement les épaules et de prendre une nouvelle rasade de whisky. Tout en détaillant rapidement le nouveau venu qui ne semblait guère gêné de rentrer comme ça chez les gens. Que la porte puisse déja être ouverte ou que Corvus lui-même n'en avait en fait rien à faire n'étaient que détails.

"Suis-je sensé te connaître?"

Gardant la flasque en main, il se redressa un peu mieux dans son siège, appréciant l'éclat sombre qui passa dans le regard de son interlocuteur -était-ce du au tutoiement ou à la méconnaissance de sa personnalité? -. En réalité l'homme lui disait quelque chose mais il avait du mal à le remettre exactement. Soit un insignifiant qui ne méritait pas qu'il s'en souvienne, soit un personnage croisé de loin ou sur un écran numérique qu'il ne connaissait donc pas personnellement.

"La plupart me connaissent oui. Mais cela est peut-être trop demandé pour quelqu'un comme vous..."  susurra l'homme en costard, à la fois mauvais et extrêmement poli, insistant effectivement sur le vouvoiement, arrachant par là même un fin sourire au Hunter. Ah il avait visé juste! Ça lui apprendrait à ce jeunot à rentrer comme ça chez les gens pendant qu'ils sont occupés à se morfondre! Aucune tenue!

"Probablement, oui."

Ne pas rouvrir la conversation. Corvus pouvait presque palper d'ici l'égo de l'homme, et il était évident que le forcer à relancer la discussion, donner la raison de sa présence ou mieux encore cette si fameuse identité serait bien plus jouissif que de le demander lui-même. C'était lui qui était venu dans son bureau, il doutait qu'il puisse repartir sans lâcher son sac. Surtout avec ce mépris et cette importance littéralement peinte sur ses traits.

Quelques pas, une enveloppe qui glisse de l'intérieur de la veste de l'homme à ses doigts puis au bureau de Corvus. Qui blêmit bien malgré lui. L'avocat venait de remarquer un détail dans l'habillement de son invité forcé qu'il n'avait pas aperçu plus tôt. Une brodure qui semblait maintenant briller de mille feux, dans le coin du col de l'homme. Et qui expliquait beaucoup de choses tout d'un coup.

"Kark, Arutha Kark."

La gorge soudain sèche, l'identité de l'homme venait de lui revenir, de glisser de ses lèvres de façon à peine inaudible mais suffisamment pour faire naître un fin sourire carnassier sur le visage du concerné. Corvus n'avait absolument pas besoin de vérifier le cachet sur la lettre scellée. Plutôt de s'humidifier les lèvres dans un sombre mélange d'angoisse et d'excitation.

"Hum."

Tout s'éclairait d'un coup.
Il se revoyait presque huit mois plus tôt, refuser sans état d'âme la proposition d'intégration avec la grande firme, jeter cette lettre dans un ricanement et un simple haussement d'épaules. La proposition n'était pas inintéressante, clairement ambitieuse et avantageuse. Mais pas pour lui, pas pour quelqu'un comme Corvus. Abandonner sa liberté pour rentrer dans le moule et se faire diriger? Ne plus pouvoir voltiger d'affaires en affaires suivant uniquement ce qui l’intéressait lui, quel qu'en soit le prix ou la pertinence? Non merci.

La multinationale L'ombre de la rose noire avait récidivé, une fois, l'enjoignant à un rendez-vous avec leur créateur lui-même, Mervyn Kark, pour discuter de ce qui pourrait leur profiter au mieux à tous deux. Il avait fait pire que refuser ou snobber le rdv... Et n'en avait plus entendu parler, oubliant cette histoire aussi sec.

Et maintenant, en voyant la silhouette du fils Kark dans son bureau, il revoyait son cadet le mettre en garde. Il était pourtant bien placé pour connaître la réputation de la filiale et la réalité derrière sa belle image.

Il était sûr que s'il cherchait, il trouverait leur trace dans chacun des procès qu'il avait perdu. Que ce fil brûlant d'acide suinterait sur sa récente déchéance.

Levé depuis quelques instants, sans porter un regard de plus à la lettre sur son bureau, Corvus avait rejoint sa fenêtre le regard porté vers la ville qui grouillait à l'extérieur.

Soulagé de ne pas être aussi décrépit qu'il avait pu le craindre. Au final même si la situation n'était pas reluisante, il en avait bien conscience, tout valait mieux que la perte de ses propres capacités.

Devinant le regard acéré du fils Kark dans son dos, il se retourna, s'appuyant nonchalamment au bois de la fenêtre et croisant les bras. Difficile malgré tout de dissimuler son stress sous son amusement cynique.

"Bien joué. Probablement mérité je présume. Et maintenant? Dois-je m'attendre à devoir courber l'échine et laper toutes les bottes Kark pleine de foutre et d'épines pour éviter de moisir dans un sombre cabinet au fin fond de l'Angleterre?"

Clairement, il n'aurait peut-être pas dû l'ouvrir ainsi. Mais c'était trop tard. Comme l'affaire qu'il avait prise – et gagnée- contre le groupe de la Rose comme toute réponse à leur proposition, trouvant l'ironie de ce refus fort amusant, à l'époque. Bon, il la trouvait toujours amusante maintenant et apparemment le message était passé. Juste qu'il avait fait davantage que passer visiblement.

Difficile de savoir si le Kark présent dans son bureau se faisait un plaisir de la situation ou au contraire se retenait très fort de lui en coller une.

"Tout est dit dans cette lettre...Mais si vous vous évertuez à ne pas vouloir la lire, je ne peux effectivement rien promettre quand à la suite de cette affaire."
Arutha sembla hésiter un instant avant de continuer.

"Aussi agaçante que puisse être votre verve et pour avoir suivit une partie de vos affaires, je confirme que votre place est avec nous, pas contre nous."

Corvus arqua un sourcil, finalement étonné de voir son homologue ne pas contre-attaquer, ne pas chercher à l'enfoncer. Cela aurait été facile, mais clairement contre-productif avec lui. Il l'observa avec une nouvelle attention avant de se diriger vers l'un de ses meubles, d'en faire coulisser une porte et de laisser apparaître un petit bar de qualité.

Deux verres en main et une bouteille rafinnée en main, il rejoignit son bureau, inventant enfin le Kark à s'assoir. Avant de leur servir à chacun un verre.

A nouveau assit dans son siège, la lettre à la main, il hésita un instant, croisant les prunelles brunes d'Arutha.

"Je.."

"Lisez. Nous parlerons après."

Haussant les épaules, Corvus Hunter décacheta enfin cette fameuse lettre, en parcourant les lignes avec un intérêt grandissant et un sérieux étrangement similaire.
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