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 The ever after

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Arutha L. Kark
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MessageSujet: The ever after   Sam 11 Juin - 20:27




20 mai 2024

C'est fou comme tout semble normal. Comme si nous étions tous de retour dans nos manoirs, entourés des meilleurs mets et des vins les plus raffinés. Sans crainte ni menace... sans peur du lendemain. Il y a quelques années j'aurais détesté cette ambiance faussement paisible, trop rageusement impatient de me lancer dans la bataille. Mais aujourd'hui.... j'observe avec une certaine fierté les vestiges de notre société, si proche de la renaissance. Bientôt, nous retrouverons nos maisons, nos vies et notre avenir. Tout ce qui nous a toujours appartenu, bien que les rebuts de ce monde ait tenté de nous en dépouiller. En vain. Et le joyau de notre résistance, c'est Pré-au-Lard. Bien sûr, cela reste un trou à doxy en comparaison de Londres mais tout de même, voyez ce que nous en avons fait ! Pré-au-Lard est devenu un lieu de vie cent fois supérieur à ce qu'il était auparavant. Parce que nous en avions les capacités. Parce que partout où nous passons, nous subsistons et perfectionnons. Nous ne sommes pas seulement le progrès ; nous sommes aussi la raison et la nécessité. Ce pays a besoin de nous et bientôt, nous lui ferons l'honneur de notre retour.

Alors oui, cette dernière soirée ici est appréciable. Comme un verre que nous portons tous à l'évidence que nous réussirons, où qu'on nous séquestre et quoiqu'on nous inflige. Et à celle que bientôt, nous parviendrons à rentrer chez nous et à reprendre le cours de nos vie. Ces trois ans n'ont finalement été qu'une longue parenthèse qui se refermera sur l'extermination définitive de la racaille qui nous a forcé à l'ouvrir. Et dans cinq ans, dix ans, vint angs, vous verrez.... on en reparlera avec fierté à nos enfants.

L'idée m'amuse autant qu'elle me dérange et j'avale une nouvelle gorgée de liqueur pour dissiper ce bref malaise. Peu importe, ce soir j'ai décidé de profiter. Mes yeux vagabondent une nouvelle fois dans la salle de réception et je laisse échapper un sourire amusé en croisant le regard de la jeune femme, à quelques pas de moi. Je les entends discuter d'ici.... je sais que je devrai soutenir mon ami mais la manière dont elle réussit à parer chacun de ses pièges est irrésistiblement drôle. Comme s'il avait lu dans mes pensées, Corvus se retourne soudain et capte mon regard. Je vois dans ses yeux qu'il est parfaitement au courant que j'écoutais leur conversation. Il s'approche alors pour me demande insolemment si je trouve l'inspiration pour nos futures soirées. Je lui réponds d'un haussement d'épaules avant d'avaler une nouvelle gorgée de liqueur.


❃❃❃

Nuit du 20 au 21 mai 2024

Les poings serrés sur la table, j'inspire une grande bouffée d'air. Respirer. Surtout, ne pas céder. Ne pas laisser la place à mes sentiments. Il l'a fait exprès de tout façon. Cette provocation ne peut être qu'intentionnelle. Pour me voir enrager et échouer lamentablement sous le coup de la colère. Mais.... PUTAIN !! Il s'attendait à quoi BORDEL DE CUL DE SCROUTT ?!

Mon poing frappe violemment la table et je rouvre les yeux sous l'effet de la rage et de la douleur. Non, non, non ! Surtout, pas ça ! Il faut que je me calme et que je prenne les choses en main. Oui, c'est ça, il faut que je me mette au travail. Pour ne pas me foirer. Pour lui renvoyer son pied de nez en pleine gueule ! Il s'attend à ce que je perde Pré-au-Lard ? Eh bien il va voir qui est le vrai Kark ! C'est ça ! Qu'il emmène son bâtard puant à Londres. Qu'il essaie de reprendre le ministère avec lui ! Il regrettera de ne pas m'avoir choisit quand il verra de quoi il est incapable ! Et avec quelle baguette, MOI, je me bats ! En commençant par réunir les quelques bons éléments qu'il m'a laissé....

J'appelle Rhodes, l'un des rares basique quatre de confiance de la Brigade, et lui donne la liste des personnes à aller chercher dans l'heure. Il en manque trois mais pour celles-là, je dois m'en occuper moi-même. Elles sont trop importantes pour être confiées à un vulgaire basique. Enfin.... trop importantes ou trop chiantes. Blasé d'avance à l'idée de la conversation qui va suivre, je quitte la brigade et rejoins rapidement la modeste maison de Corvus Hunter, en espérant qu'il ne soit pas au lit avec je ne sais quelle sorcière. Et dire que trois heures plus tôt je riais de lui en vidant allègrement mon verre...

Arrivé sur le pas de sa porte, j'ai à peine le temps de frapper qu'il ouvre déjà. Evidemment, il m'attendait. Je n'ai pas besoin de lui expliquer que mon père a choisit de reconquérir Londres avec le gros des troupes (et le bâtard) en me laissant la pauvre mission humiliante de protéger les civils restés en arrière... et d'empêcher nos ennemis de reprendre Pré-au-Lard, dans le cas où ils seraient assez stupides pour tenter le coup. Je ne sais pas s'il a eu l'information par une quelconque source ou s'il a deviné tout seul, à ma tête et à ma présence en cette heure tardive, mais je m'en tamponne. Comme de sa vague suggestion selon laquelle cette mission est au contraire une preuve de confiance. Un regard assassin de ma part suffit à le faire soupirer et changer de sujet pour se concentrer sur l'essentiel : la peu probable bataille inintéressante qui ne va sûrement jamais avoir lieu ici.


❃❃❃

21 mai 2024

« DEBOUT ! »

L'ordre claque comme un fouet sur la croupe d'un sombral. La Bullstrode me lance un regard noir mais s'exécute. Ou plutôt tente de s'exécuter. Son genou vacillant ne semble pas prêt à supporter son poids, que je devine pourtant léger comme une plume. De quoi sont faites ces femmes, nom d'un scroutt fumant ?!

Je lance un regard nerveux aux alentours mais ne parvient pas à repérer Corvus. Est-ce que je dois vraiment m'occuper de ça ? Alors que je suis censé être aux remparts pour donner mes ordres ? Merlin, je n'aurais jamais dû les quitter ! Mais il fallait que je m'assure par moi-même que tout se passait bien du côté de la forêt interdite. Bon, en l’occurrence " Bien " est un grand mot mais si Wilkes respecte mes instructions à la lettre, le village devrait tenir face aux forces américaines. Enfin j'espère. Dans tous les cas, le temps presse et je dois hâter mon retour aux portes de Pré-au-Lard. Pour autant.... c'est une sang-pure. Et la fiancée de mon ami.

Sans réfléchir plus longtemps, je m’accroupis et passe le bras droit sous ses épaules pour la soulever. Elle lâche aussitôt un hoquet de surprise et de douleur.

« Lâchez pas votre baguette. », je grogne en continuant de surveiller le paysage enfumé. « Où est le reste de votre famille ? »

« Perdus dans la confusion », répond-elle un peu froidement, comme si c'était une évidence.

Elle pourrait se montrer un peu plus aimable. C'est pas comme si j'avais autre chose à foutre que de sauver les Sang-Purs en détresse ! D'ailleurs en parlant de ça.... j'accélère en direction de la silhouette que j'identifie comme Corvus. Et ralentit en le voyant accompagné d'Aquila et Esmé. Youpi ! De toute façon, je lui abandonne SON fardeau et je me tire.

« Ta fiancée ! », je grogne en lui poussant la demoiselle dans les bras. « Prends soin de tes affaires ! », j'ajoute méchamment. « Mais dépêches-toi, on est attaqué par l'Est. ».

Sans lui laisser le temps de répondre, je repars en courant vers les remparts. Ce soir, on transforme les Phénix et leurs aigles de malheur en pâté.


Dernière édition par Arutha L. Kark le Lun 13 Juin - 9:02, édité 1 fois
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Arutha L. Kark
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MessageSujet: Re: The ever after   Dim 12 Juin - 11:11



31 mai 2024

Bon, d'accord. Avec le recul, je reconnais que je me suis peut-être un tout petit peu comporté comme un rustre. D'autant plus que la demoiselle se battait avec brio avant de se prendre un maléfice ennemi. Cela aurait pu arriver à n'importe qui... sauf aux meilleurs bien sûr. Mais je reconnais qu'elle y a mis du sien. Peut-être que je devrais maintenant faire pareil et lui montrer qu'en dehors des batailles décisives je suis un parfait gentleman accoutumé aux bonnes manières. Non pas que son avis m'importe vraiment mais ce soir, je suis d'humeur joviale et sociale. Comment ne pas l'être dans de telles circonstances ?

Un sourire aux lèvres et un verre à la main, j'abandonne mes deux soeurs pour m'avancer vers la statue de Voldemort, tout juste rénovée. A mon approche, Rosae lève les yeux pour croiser mon regard. Elle m'adresse aussitôt un sourire aimable. Je salue ses parents avec toutes les formalités qui sont de mises puis interroge complaisamment la blonde sur l'état de sa jambe.

« Elle est comme neuve. Je vous remercie de votre grande sollicitude. », rétorque-t-elle avec un sourire lumineux.

Pendant une fraction de seconde, j'ai l'impression d'entendre une pointe de sarcasme au fond de sa voix. Mais c'est sans aucun doute dû à mes habitudes avec Corvus et ses grands sourires à la "vautre toi dedans".

« Je vous en prie. C'était la moindre des choses, après vous avoir sauvée d'une situation aussi risquée. » je réponds avec toute la modestie dont je suis capable.

« Vous êtes décidément doté d'un savoir-être irréprochable. » Elle laisse échapper un petit rire cristallin. « Je vous suis extrêmement reconnaissante et jamais je n'oublierai ma dette envers vous. Ni vos précieux conseils ; la prochaine fois, je prendrai bien soin de mes affaires. »

Je fronce les sourcils. Cette fois le doute n'est pas permit ; la lueur vindicative dans son regard jure terriblement avec son sourire mielleux. Eh bien elle est gonflée ! Je viens me soucier de son état et elle, elle me reproche de l'avoir aidée, certes un peu brusquement mais en pleine bataille, alors que j'avais d'autres sombrals à fouetter ! Un peu de véritable reconnaissance ne serait pas de trop. Mais j'imagine que l'absence de Corvus l'a mise de mauvaise humeur. Si seulement elle savait où il était... mais peut-être qu'elle s'en doute déjà ? Ca expliquerait bien des choses.

Merlin ce que les femmes peuvent être égocentriques ! Car si elle sait effectivement où il est, elle doit forcément en connaître la raison ; tout le monde est désormais au courant du veuvage de Mesmeria Smith.... bien que tous ne savent pas à quel point ça l'a réellement atteinte. J'ai deviné dans les regards et les mots couverts de mon ami ce qu'il n'avait pas envie de révéler à voix haute. La mort d'une mère, d'un frère puis d'un mari peut effectivement conduire à se poser des questions sur l'acharnement dont fait preuve le destin. Ou sur la poisse que l'on porte. Qu'est-ce que je devrais dire.... Mais aussi antipathique qu'elle me soit, j'avoue que je me sens presque désolé de son deuil. Presque. J'aurais quand même préféré que Corvus soit là pour satisfaire sa blonde.

« Ainsi, nous resterons toujours bons amis, n'est-ce pas ? », reprend-t-elle avec son sourire mielleux.

Je l'observe intensément, bien décidé à lui répondre, lorsque soudain un grand blond apparaît dans mon champs de vision. Un regard grave fixé sur moi, il se poste à l'entrée de la salle en croisant les bras. Merlin. Qu'est-ce qu'il me veut ENCORE ? Mes exploits à Pré-au-Lard ne me valent-ils pas un peu de tranquillité ? Je pousse un lourd soupir.

« Bien entendu. Mais pour l'heure je vous souhaite une bonne soirée. », je réponds machinalement sans lâcher l'homme de main de mon père des yeux.

Je sens le regard de la jeune Bullstrode me suivre alors que je traverse la salle. Il y a au moins intérêt que ce soit pour me féliciter à nouveau. Ou m'annoncer une bonne nouvelle. Puisqu'on dit qu'elles n'arrivent jamais seules, je peux bien espérer, non ?


❃❃❃


30 octobre 2024

Et voilà : on y est. Je regrette amèrement de ne pas l'avoir parié. Même si, le connaissant, il aurait probablement refusé de jouer ou triché sur les mots. Impulsif ou pas, je suis sûr qu'il savait depuis longtemps comment ça finirait. Il n'y avait pas d'autres issues possibles. Enfin, techniquement si mais aucune qui ne vaille à son goût le prix d'une bague à son doigt.
J'avoue que je ne comprends pas. Évidemment, je garderai désormais pour moi mon opinion sur la nouvelle Mme Hunter mais Merlin ! Il pouvait tellement faire mieux ! Je suppose qu'il fallait qu'il trouve quelqu'un d'aussi... aussi... eh bien, aussi "particulier" que lui. Mais elle l'est cent fois plus. Et pas dans le bon sens du terme.

Mes yeux se posent à nouveau sur la robe colorée et outrageusement décoltée qui est la sienne. Même s'il faut reconnaître qu'elle lui va à merveille, que Mesmeria Selwyn est particulièrement splendide ce soir, elle marque une nouvelle fois son affreuse tendance à vouloir se démarquer de tout et de tout le monde en faisant les choses à contrepieds. Vous me direz, il n'est pas mieux. Même si pour le coup, sa tenue a plutôt tendance à me faire sourire. " Parce qu'il a moins de seins. " chuchote une petite voix au fond de mon cerveau que je m'empresse d'étrangler. Il va vraiment falloir que cela cesse. Sourcils froncés, j'interdis à mes yeux de se reposer sur la silhouette voluptueuse de la mariée et concentre mon attention sur le dos de mon ami.

Voldemort... ça fait vraiment bizarre de le voir comme ça. La main dans celle d'une femme. L'air aussi sérieux et engagé. J'en serais presque jaloux, moi qui avais presque réussis à me convaincre que j'arriverai à cette étape avant lui. Encore une fois, il a joué et triché. Saleté de Hunter... Je me réconforte heureusement dans l'idée que mon mariage ne ressemblera nullement au sien. Pas seulement parce que la mariée sera beaucoup plus classique et distinguée mais aussi et surtout parce que je ne suis pas Corvus Hunter.
Aussi sérieux que soit cet évènement, je m'attends à tout moment à un mot d'esprit, une farce, une péripétie mémorable dont on parlera pendant des mois. Si pour l'heure seules leurs tenues sont extravagantes, j'ai hâte de découvrir et de vivre la suite. Je sais qu'ils ne me décevront pas ; on ne marie pas un Hunter et une Selwyn sans amusement. Un sourire lumineux aux lèvres, je m'enfonce confortablement dans mon siège pour savourer la scène des voeux. Merlin que je suis heureux d'être là.


❃❃❃


13 décembre 2024

La porte claque derrière moi. Comme prévu il me regarde furieusement mais ça ne m'empêche pas d'avancer la tête haute. Par pure provocation, je l'avoue. Je m'avance jusqu'à son bureau et tire le siège pour m'installer en face de lui. La réponse est sans équivoque :

« Je ne t'ai pas demandé de t'asseoir. »

Le ton est plus glacial qu'un hiver suédois. Très bien. Il veut la jouer comme ça ? Sans baisser les yeux, je range le siège et me poste devant son bureau, droit comme un i. Surtout, ne pas rentrer dans son jeu.

« Ceci était la première et dernière fois que tu me contredis en public... »

« Vraiment ? », je demande avec arrogance.

Ces pupilles brillent d'une lueur assassine. Mais je n'ai plus peur de lui. Ou plutôt... je ne veux plus avoir peur. J'ai sauvegardé Pré-au-Lard il y a six mois ; je suis fort, je suis digne et je suis dans mon droit. Puisant dans mon courage pour garder la tête haute, j'attends la suite en essayant d'ignorer les tambourinements de mon coeur.

« Je peux toujours reconnaître ton frère. »

La rage me prend aussitôt à la gorge. Qu'il ose appeler cet individu mon "frère" me fait oublier toute prudence.

« Le bâtard ne m'arrive pas à la cheville ! », je crache. «  Et il ne sera jamais rien d'autre qu'un bâtard ! »

Bien qu'il n'ait pas du tout été réfléchit, ce coup de poker est peut-être le plus périlleux de ma courte existence. Mais je ne ploierai pas deux fois l'échine sous cette menace. Surtout pas dans ces conditions.

« Son statut dépend uniquement de moi et contrairement à toi, il se tait quand je lui en donne l'ordre ! »

« De quel bâtard on parle exactement ? De ton fils ou d'un chien ?! »

La baffe retentit sur mon visage avec fracas. Aveuglé par la rage, je ne l'ai même pas vu esquisser son rapide mouvement de baguette. La honte se mélange sournoisement à la fureur. Soudain, j'ai l'impression d'être à nouveau ce gosse de six ans aux abois. Merlin, je ne peux pas le laisser gagner !

« Ta dernière initiative était un échec lamentable et j'ai pas l'intention d'hocher la tête à toutes tes conneries. Je... »

Je perçois du coin de l'oeil un nouveau mouvement de baguette et plonge la main sur la mienne. Mais je dois malheureusement admettre qu'il est plus rapide. La suite n'est qu'un enchaînement de douleurs et de chocs confus. Je me sens tomber à terre, bien que je tente tant bien que mal de conserver l'équilibre et ma dignité. Lorsque je parviens à relever la tête, je distingue sa silhouette qui me domine de toute sa hauteur. Je sens la peur investir malgré moi mon cerveau, dont le courage est platement battu par le regard meurtrier qu'il me lance. Même si j'avais voulu parler - ce qui n'est pas le cas - je ressens la douleur de mes lèvres scellées par je ne sais quel enchantement. En cinq mots comme en cent : je suis à sa merci. Comme je l'ai toujours été. Rage, honte et frustration se mélangent dans les larmes que je sens humidifier mes yeux.

« Puisque tu as décidé d'oublier le respect et tout ce que le monde sorcier me doit, je vais t'aider à rafraîchir ta mémoire. »

Merlin non ! Non ! J'hoche frénétiquement la tête mais je sais qu'il est déjà trop tard. Son regard en dit beaucoup trop long sur ses intentions.


❃❃❃

9 janvier 2025

Affalé sur le canapé, je ne prends pas la peine de relever les yeux en l'entendant arriver. Il me dit quelque chose mais je ne prends pas non plus la peine d'essayer de le comprendre. Je distingue juste sa main posant un verre plein devant moi. Sans réfléchir je m'en empare, hésite une seconde, puis le vide d'un trait. Le liquide me brûle la gorge, pour mon plus grand bien. Les larmes me montent aux yeux mais je n'esquisse aucun geste pour les cacher. Il peut bien dire ce qu'il veut, je m'en cogne. Comme de beaucoup de choses désormais.

« Ôte moi un doute : il ne t'a pas rendu muet pour le reste de ton existence ? »

Je hausse les épaules en attrapant la bouteille pour me resservir. Muet. Si seulement je l'avais été.... je vide de nouveau mon verre d'un trait sans l'écouter. Combien de litres d'alcool dois-je engloutir pour compenser ces trois semaines d'abstinence forcée ? Pour oublier ce long calvaire qui n'a rien de comparable à ceux qu'il m'a fait vivre auparavant. Pour m'éduquer. Me dresser. Soudain, je recrache à moitié ma gorgée de liqueur en pouffant. Je sens mes abdominaux se tordre et le rire percer ma gorge pour éclater dans le salon ; sans comprendre comment, je perds le contrôle et laisse le fou rire s'emparer de mes nerfs. Corvus m'observe, avec ce que je pense être un mélange d'amusement, de surprise et... d'inquiétude.

« Je... j'l'ai trai... »

Je hoquète entre deux séquences de rire.

« Je l'ai traité d... de chien. », je ricane nerveusement.

Corvus hausse un sourcil intrigué.

« Ton père ? »

Mon rire s'estompe aussi soudainement qu'il est apparu.

« Le bâtard. », je rétorque d'un ton grave.

Je vide un nouveau verre avant de le reposer sèchement sur la table. Il se fissure sous le choc. En face de moi, Corvus semble trop occupé à décrypter mes expressions pour s'en soucier. Ou pour s'amuser de cette douce ironie. Mais au fond, est-ce vraiment drôle ? Ou triste. Tellement triste. Je m'accroche aux accoudoirs de mon fauteuil et plonge le regard au sol.

« Plus jamais ça. », je murmure à voix basse. Presque inaudible. « Plus jamais. Plus jamais il ne m'aura. »

Je redresse la nuque pour croiser le regard de Corvus, qui m'observe toujours avec ce mélange d'inquiétude et de curiosité. Mes yeux s'accrochent intensément aux siens. Je prends une inspiration.

« J'ai besoin de toi. »



Dernière édition par Arutha L. Kark le Ven 26 Aoû - 19:31, édité 1 fois
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Arutha L. Kark
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MessageSujet: Re: The ever after   Mar 14 Juin - 8:01



15 novembre 2025

Je détourne poliment les yeux pour lui laisser le temps d'avaler sa gorgée de thé, avec toute la lenteur et la délicatesse qu'exige son rang. Bien entendu, elle profite de ce répit pour faire tourner les méninges de son cerveau mais je ne m'en formalise pas. Qu'elle prenne tout son temps ; elle finira par me dire oui.

Tout doucement, elle repose la tasse en porcelaine bleue sur sa soucoupe et ses yeux sur moi.

« Je reconnais que votre optimisme m'impressionne. », finit-elle par dire

Je comprends sans aucune difficulté le mot qu'elle s'est abstenu de prononcer à la place d'optimisme. Oui, j'y vais au culot. Mais n'est-ce pas comme ça que nous avons toujours fonctionné ?

« L'optimisme ouvre bien des portes. », je rétorque avec un sourire mutin.

« Sur ce point au moins, nous sommes d'accord. »

« Vous m'en voyez ravi. Il ne vous reste donc plus qu'à m'indiquer lesquels vous laissent perplexes pour que je finisse de vous convaincre. »

Elle laisse échapper un petit rire que je sens, mi-moqueur mi-amusé.

« Vos objectifs et vos conditions sont très claires monsieur Kark mais vous oubliez un précieux détail dans votre réflexion : ma dignité. »

Je pousse un soupir agacé en balayant l'air de ma main.

« Ce n'est pas avec lui qui vous passez accord : c'est avec moi. Si c'est le seul détail qui vous retient, je peux vous donner la garantie qu'il n'interviendra pas. »

Enfin... j'espère. Il faudra que je lui touche deux mots à ce sujet.

« Tout ce que vous avez à faire c'est convaincre votre ami et profiter de tout ce qui s'en suivra. »

« Vous voulez dire de tous les bénéfices que vous en tirerez ? », demande-t-elle avec ce sourire faussement complaisant que je commence à connaître.

« Je sais que vous n'êtes pas aussi obtuse ! Toute la communauté sorcière y gagnera. Sans parler de votre profit personnel. Souhaitez-vous renégocier ? »

A mon plus grand agacement, elle s'abstient de répondre pour reprendre une gorgée de thé. Toujours à la même lenteur si exaspérante. Mais je ne perds pas mon calme. Au moins m'a-t-il aidé dans ce sens.... devinant que le trouble va s'emparer de mon cerveau si j'ouvre la porte à ce genre de souvenirs, je m'empresse de recentrer toute mon attention sur Rosae Bullstrode.

La blonde dépose sa tasse avec un peu plus de fermeté puis repousse la coupelle au milieu de la table avant de reculer sa propre chaise. Je sens mes sourcils s'arquer sous l'effet de la curiosité. Cela semble amuser cette garce qui se lève la tête haute, un rire aux coins des lèvres.

« Très bien. J'accepte de réfléchir à votre proposition. »

Ma main attrape fermement son poignet avant qu'elle n'ait le temps de le retirer. A mon plus grand plaisir, c'est à son tour d'être surprise ; son sourire s'évapore comme un épouvantard confronté à un rire.

« Navré, je n'ai pas pour habitude de conclure mes négociations par des points de suspension. Si vous avez l'intention d'accepter, je suis prêt à rediscuter. Dans l'autre cas... je ne vous retiens pas plus longtemps et je pars immédiatement en quête d'une alternative. »

Un ange passe. Son regard, si froid, ne laisse désormais plus paraître aucune émotion. Aucune pensée. Je m'amuse à essayer d'entrevoir les rouages qui tournent dans son cerveau. Et soudain, sans pouvoir me l'expliquer, je me surprends à la trouver... intrigante. Je fouille silencieusement son regard. Elle me rend la pareil sans la moindre trace de gêne. Et finalement, elle se fend d'un sourire.

« Puisque vous insistez, renégocions donc. »

Je retiens de justesse un soupir blasé.

« Je vous écoute. »

« Bien que j'apprécie les honneurs que vous souhaitez accorder à ma famille lorsque les choses seront à l'avantage du... monde sorcier, comme vous le dites si bien, j'ai peur de m'ennuyer après m'être consacrée à une mission si importante. »

« Vous voulez un poste au ministère ? », je m'étonne.

« Qu'irai faire la fille d'un botaniste qui ne connaît que les fleurs dans ce milieu ? »

C'est bien la question que je me pose.

« Sans compter que je suis déjà très occupée par le poste que j'occupe actuellement. Peut être avez-vous entendu parler de l'association que je préside ? »

Effectivement cela me dit quelque chose. Je la laisse poursuivre son idée.

« Nous défendons corps et âme les moeurs et les trésors de la bonne société qui se perdent. Néanmoins, je dois admettre que nous manquons de reconnaissance et d'adhérents pour s'investir plus activement dans la vie publique. Pourtant je rêve de faire partager cette passion pour ce savoir-être et ce savoir-vivre. Peut-être pourriez vous me faire une place sur la scène ? »

J'ai besoin de quelques secondes de réflexion pour comprendre qu'il n'est absolument pas question de son association. Les mots précis qu'elle a utilisé repassent dans mon cerveau et soudain, je saisis. Elle ; c'est elle, la Sang-Pure parfaite, gardienne officielle des valeurs, des trésors et du savoir-vivre de notre rang, qui doit être à l'honneur. Ainsi, son intéressement était parfaitement égocentrique.

Un sourire amusé m'échappe alors que je prends, à mon tour, une gorgée de thé.

« Il est possible que si vous parveniez à convaincre votre ami d'adhérer à notre cause je trouve le moyen et le temps d'organiser quelques évènements publics où vous pourrez mettre en avant votre association. Ou d'autres choses. », je ne peux m'empêcher d'ajouter avec un rictus.

La pique ne semble pas la vexer. Je ne me gêne donc pas pour en rajouter une dernière :

« Ainsi, nous serons toujours bons amis. »

Le clin d'oeil explicite à notre première prise de bec au ministère lui arrache un nouveau sourire malicieux.  

« Toujours. », conclue-t-elle en se levant.





Dernière édition par Arutha L. Kark le Mar 30 Aoû - 13:57, édité 1 fois
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Arutha L. Kark
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MessageSujet: Re: The ever after   Sam 27 Aoû - 1:03



4 juin 2026

«... vraie Arutha ? »

La mention de mon prénom me tire brusquement de mes pensées. Je détache mon regard de la chevelure étrangement hypnotique de la blonde pour le reposer sur mon ami, qui me fixe avec ce sourire moqueur que je connais si bien et déteste tant. Surtout quand je n'ai absolument aucune idée de quoi il parle. Quelque chose me dit qu'il en a parfaitement conscience mais il est hors de question de l'admettre ! J'esquisse donc un sourire forcé et opte pour un évasif :

« Plus ou moins. »

Il se met à rire franchement. Je détourne la tête avec agacement pour parcourir à nouveau la salle des yeux... en prenant bien soin de ne pas la regarder cette fois-ci.

« Quelqu'un d'autre que moi s'en offenserait sûrement. » , ricane-t-il. J'hausse un sourcil intrigué ; scroutt, de quoi il parle exactement ? « Mais je suis plutôt surpris de te découvrir adepte du.... recyclage. »

Je devine à son expression que la mienne est teintée d'incompréhension. Nom d'une harpie ! J'aurais mieux fais de la fermer. Ou de l'écouter. Ne sachant absolument pas de quoi il retourne, je ne réponds rien. Il y a beaucoup trop de risques que je m'enfonce en mettant les pieds dans le plat. L'air grave, je cogite à toute vitesse pour trouver un autre sujet de conversation ou, au moins, une pirouette pour rebondir, mais il est plus rapide :

« Bien qu'elle soit encore comme neuve. » , conclue-t-il avec un grand sourire sardonique. « Dans ma grande manséitude, je te laisse pour te permettre de donner corps à la rumeur. »

LA j'ai capté ! Il parle d'une femme ! .... mais laquelle ? Je le regarde s'éloigner, ricanant, en m'efforçant de camoufler ma confusion. Scroutt, j'ai raté un épisode et pas un des moindres visiblement. Mais je refuse de reconnaître la perplexité dans laquelle je me trouve et de lui poser des questions. De toute façon je finirais bien par comprendre, tôt ou tard.

Songeur, je tourne à nouveau la tête vers la salle de bal et croise un regard orienté vers ma personne.... et soudain, je percute. Bordel de scroutt fumant de troll des bois ! Ne me dites pas que.... je m'attarde quelques secondes sur les yeux bleus de la demoiselle puis cherche Corvus du regard. Il m'observe toujours, depuis le coin de la pièce dans laquelle il s'est sournoisement retranché. Il lève un verre dans me direction et je dois me retenir de toute mes forces pour ne pas lui faire un geste obscène, qui serait très remarqué par le public bienséant de ce soir.

Il n'empêche qu'il le mériterait ! Ainsi qu'une bonne potion de Tête à l'endroit. Non mais franchement, quelle idée ! Il s'imagine vraiment que je suis le genre de type à recycler ses erreurs ?!! Et quand bien même il y aurait quoique ce soit - ce qui n'est PAS le cas soyons d'accord ! - il n'y aurait rien de "recyclant" là-dedans ! C'est une femme très respectueuse, probablement même l'un des meilleurs partis d'Angleterre à l'heure actuelle, avec son indéniable charme, sa réputation sans tâche et son intelligence discrète. Une femme très enviable donc mais pas pour moi. Et puis quoi encore ? Je n'ai clairement pas l'intention de subir ses piques à ce sujet pour le restant de mon existence.

Désormais de mauvaise humeur, je la regarde s'approcher " innocemment " au bras de sa petite soeur avec les lèvres pincées. Je sens le regard de cet abrutit sur ma nuque et je n'ai qu'une envie : me retourner pour lui lancer un maléfice. Au lieu de ça, je me force à sourire et à prononcer de ma voix la plus agréable :

« Misses Bullstrode. Quel plaisir de vous voir ce soir. » . Je m'oblige à esquisser un signe de tête respectueux. « Mal.... »

« Un plaisir partagé. » , m'interrompt l'aînée avec un sourire mielleux. « Quelle joie de vous trouver sur le chemin du buffet. Ma soeur a grand besoin d'un rafraichissement mais je pense que je vais l'abandonner ici, si elle n'y voit pas d'inconvénient. » Evidemment, la soeur en question hoche la tête d'un air entendu. Ben tiens donc....« Car j'ai quant à moi besoin d'air frais. Peut être accepterez-vous de m'accompagner sur la terrasse monsieur Kark ? »

Son regard de poupée russe ne m'échappe pas... et cela m'irrite. De le voir, de savoir qu'il le voit aussi et de me retrouver dans cette situation. Mais la réponse est évidente ; je ne peux pas refuser. Car voyez-vous, je suis un gentleman... comparé à d'autres. Retenant difficilement un soupir, j'accepte de lui tendre mon bras avec un sourire tout aussi charmant que le sien. Au moins m'entraîne-t-elle loin du regard gênant du corbeau.... à moins que je ne me fasse des illusions et qu'il ne soit déjà partit pour de bon ? Je refuse de me retourner pour vérifier.... juste au cas où il serait encore là.

De toute façon, la douce voix de Rosae Bullstrode attire déjà mon attention sur un autre sujet. Je m'efforce alors d'oublier le reste pour me laisser gagner par son charme et sa conversation.


❃❃❃

17 Août 2026

Bon ok. Il avait raison. Et s'il y a bien UNE raison pour laquelle j'ai envie de faire marche arrière c'est bien celle-là ; on ne se moque pas impunément d'un Kark ! Cela étant dit.... il y a beaucoup d'autres raisons qui rivalisent avec celle-ci de l'autre côté de la balance. A commencer par son impeccable réputation. Dire que Rosae Bullstrode est sans reproche serait un euphémisme ; elle est devenue la coqueluche de la jeunesse sang-pure par sa conduite exemplaire et son implication dans diverses associations. Un modèle de savoir-vivre et de courtoisie. Les convenances n'ont plus aucun secret pour elle et elle parvient à les manipuler avec malice. C'est d'ailleurs le deuxième poids dans la balance.
En plus d'être dotée d'esprit, Rosae a l'intelligence de l'utiliser avec mesure et de ne pas l'ouvrir à tout bout de champs comme ces femmes qui parlent trop en voulant à tout prix prouver qu'elles ont plus de trois neurones dans la caboche. Elle est aussi observatrice et discrète.
Et puis, même si les blondes n'ont clairement pas ma préférence, je dois admettre qu'elle a beaucoup de classe et un certain charme.

Enfin bref.... pourquoi je me justifie déjà ? Et scroutt ! Je n'ai besoin de l'avis de personne pour poser le genou à terre et lui offrir le privilège de porter mon nom. Oui, MON nom. Car après ça, c'est tout ce qu'elle sera : ma femme, quoiqu'il ait pu se passer avant et quoiqu'en pensent les imbéciles qui oseront ouvrir leur clapet en ma présence. Une nouvelle Madame Kark parfaite qui ne pourra que lui plaire... qui devra bien lui plaire.

Sans réfléchir plus longtemps, je repose le verre de champagne sur le plateau en argent et quitte dignement mon fauteuil pour amener mon genou droit à la rencontre du sol. Elle plaque une main - sûrement faussement - surprise devant la bouche, le regard hébété. Il est l'heure pour moi de passer à la vitesse supérieure.


23 octobre 2027

« Monsieur Kark ? »

Je bondis sur mes pieds en faisant appel à toute la concentration dont je suis encore capable. Les battements de mon coeur semblent assourdirent tout le reste, tant ils sont bruyants, mais je dois entendre ce qu'il a à me dire. Merlin, pourquoi est-ce qu'il a un visage aussi grave ? Pourquoi est-ce qu'il avance aussi lentement ? Putain de bordel de scroutt, il peut pas se bouger ?! Enfin il arrive face à moi - à moins que ce ne soit moi qui lui ai bondit dessus ? - et m'adresse.... un sourire.

« Votre femme et votre fille sont en parfaite santé. Il n'y a aucun danger. »

Merlin ! Je lui collerai presque mon poing dans la gueule tiens ! Il pouvait pas le dire plus tôt bordel ? Sans plus attendre, je l'écarte brusquement de mon chemin d'un coup d'épaule et fonce vers la salle où se trouve ma.... famille ? Nom d'une harpie. Ma... famille. Je déglutis. Je l'avoue, ma main tremble lorsque je pousse doucement la porte en bois. Soudain, je ne suis plus sûr d'être aussi pressé... même si une partie de mon cerveau a littéralement envie de me jeter en avant. Mais mes jambes ne semblent pas consentantes. Flageollantes, elles me portent doucement vers le lit où je retrouve une femme blonde, portant dans ses bras un horrible bébé tout frippé. Voldemort ! C'est à moi ça ? " Oui, oui, c'est bien à toi. ", m'assure une petite voix perfide au fond de mon cerveau. " Bravo, tu es papa d'une petite chose moche et criante. "

« La ferme. » , je marmonne tout bas.

« Hm ? »

Je détache mes yeux de la chose pleurante pour regarder ma femme. Vivante. Echevelée, visiblement épuisée, rouge comme un homard sortie de l'eau.... mais vivante. Je suis soulagé. Non pas que je sois un sentimental mais celle-ci me convient très bien ; ça m'aurait embêté de devoir en chercher une autre. Et puis.... non. Laissez tomber.

Finalement, cette chose est tout ce qui compte. Mon regard se repose sur ... l'enfant. Déjà enveloppée dans une tunique aux couleurs des Kark, elle continue doucement de geindre en se tortillant. Est-ce que c'est parce que c'est une fille ? Ou est-ce qu'un fils aurait fait la même scène ? Merlin, je n'y connais rien en bébé. Ca tombe bien, ce n'est pas moi qui vais m'en occuper mais... c'est si bizarre. Si étrange. Et si... attrayant à la fois. J'approche doucement ma main de sa tête, sans oser la toucher. Rosae ne dit rien, se contentant de me regarder avec douceur. Je déglutis une nouvelle fois... et me force finalement à poser la main sur ce minuscule bout de corps qui sera son futur bras. Qui est déjà son bras en fait mais c'est tellement.... petit.

Scroutt ! Je ne peux pas être impressionné par un bébé ! Surmontant mes émotions, je me force à tendre les deux mains et à l'attraper pour la soulever doucement, tout doucement, avec toute la délicatesse dont je suis capable. Elle se remet à brailler plus fort. ARGH ! Si ça continue je vais lui lancer un silencio ! Je tente maladroitement de la rapprocher de mon torse.... mais pas trop quand même parce que je ne suis même pas sûre qu'elle soit bien propre. Eh ! Vous savez d'où ça sort d'abord ?! Même s'ils sont censés l'avoir lavée et mise dans une tunique propre et.... et scroutt ! Je prends une longue inspiration et m'oblige à la reprocher. Aussitôt, je la sens se ratatiner contre moi. Je.... eh bien... voilà.... c'est... mon enfant... ma fille. Je la dévore du regard avant de sentir, malgré moi, un sourire fleurir sur mon visage. Ma fille.

« Freya. »

L'émotion encrasse ma voix mais tant pis.

« Freya Honorine Kark. »

Le meilleur nom qu'elle puisse avoir. Sans le destin qui y est associé ; contrairement à ses deux grands-mères, elle aura le temps de vivre jusqu'à que ses cheveux prenne la couleur de la cendre, foi de Kark ! En m'asseyant contre ma femme, je nous fais la promesse secrète de ne jamais lui laisser perdre ce que j'ai perdu. Jamais. Désormais, ma famille est sous ma protection.




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Arutha L. Kark
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MessageSujet: Re: The ever after   Dim 28 Aoû - 10:32



4 mars 2033

« Je n'aime pas ça. »

Corvus pousse un soupir avant de tendre le bras pour se resservir. Carter se contente quand à lui de baisser la tête en lançant un regard en coin à mon ami. Je n'arrive pas à savoir s'il réprouve son attitude ou s'il rêve au contraire de se servir la même boisson. Ce dont je suis certain par contre, c'est qu'ils ont tous les deux la même opinion sur la direction que doivent prendre mes affaires. Seulement... je ne peux pas.

« Très bien. », admet Corvus en reposant son verre sur le bord. « Ta carrière, tes choix. »

« Bien. Je propose qu'on.... »

« Ceci étant dit,... » m'interrompt-il brusquement. «... je te laisse en leur brillante compagnie. »

« Hein ? »

« Oh et celle de ce cher Lannister aussi, bien sûr. » ajoute-t-il en adressant un sourire mielleux au concerné. Celui-ci lui renvoie un regard mauvais en guise de réponse. Je le sens prêt à répondre mais je ne lui en laisse pas l'occasion ; voir Corvus se lever et attraper sa cave me plonge dans une agitation extrême... teintée de peur, je dois bien l'avouer. L'idée qu'il puisse m'abandonner, pour cette impasse ou pour toujours....

« Alors c'est ça ?! Tu laisses tomber ?! » ME laisse tomber serait même plus exact.

« Tu vois, tu t'en sors très bien sans moi : tu arrives tout seul aux bonnes conclusions ! », ironise-t-il. « Je regrette mais les projets de ton cabinet ne m'intéressent plus tellement finalement. Je n'ai jamais eu pour ambition de travailler avec quelqu'un qui a du chien. »

Cette fois c'est la fureur qui s'empare de mes veines. Une toute petite partie de mon esprit a conscience que Carter s'est levé à son tour... et qu'il entend chaque mot de cette conversation. Quelque part, dans un coin de mon cerveau, j'ai l'envie de le voir disparaître. Ou de la faire disparaître moi-même. Mais le gros de mon attention est centré sur cette goule de piaf pernicieux qui ne mérite qu'un maléfice !

« Comment OSES-TU ?! »

« Et si j'avais voulu travailler pour ton père, j'aurais accepté son offre directement il y a trois ans. »

« Je ne suis PAS mon père ! » , je rugis.

« Tu m'en diras tant... je vous souhaite d'heureuses magouilles familiales. », conclue-t-il en faisant un pas vers la porte.

Merlin je vais le doloriser ! Si seulement je n'avais pas laissé ma baguette sur le bureau derrière moi ! Il faut que je lui enfonce au moins mon poing dans la gueule ! Il f....

« Finalement vous êtes plus sournois que je l'imaginais Hunter. »

.... euh.... what ? Nous nous retournons simultanément sur l'homme dont nous avions tous les deux oubliés la présence. Enfin presque.

« Tiens donc ! Les elfes donnent leur avis maintenant ? »

« Vous pouvez rire de ma loyauté... »

Corvus laisse aussitôt échapper un rire cruel.

« T... »

« Mais vous devriez surtout vous en inspirer, pour un soit disant ami qui s'engage à soutenir son allié et le laisse tomber au moindre désaccord. »

J'observe l'expression de Corvus changer du tout au tout. Il adopte son air mauvais.... ça ne sent pas bon du tout.

« Bravo, tu as appris à aboyer ! Tu gagne le droit de prendre ma place auprès de ton maître pour le servir docilement en remuant la queue. »

« Je serais toujours plus utile qu'un corbeau de malheur qui ne fait que voler dans les plumes en se raillant de tout, sans jamais se salir les mains. »

Merlin, je crois que Hunter va le défoncer. Verbalement au moins et je préfèrerai éviter que ça n'en vienne aux baguettes. Surtout que c'est MOI qui suis censé être en colère, pas eux ! Fouteurs de merde et voleurs de vedettes avec ça !

« Peut-être qu.... »

« Vous n'avez qu.... »

« Hey, hey, hey ! Ca suffit ! » , j'ordonne en me plaçant entre eux. « Carter, je t'interdis de remettre l'implication de Corvus en doute. » Même si ça me fait mal à la gorge de prononcer cette phrase, surtout dans l'état actuel des choses. « Et Corvus... je n'ai pas l'intention de marcher dans les traces de mon père pas pour pas mais je refuse de prendre des décisions irréfléchies par pur esprit de contradiction. »

« Ah mais oui, j'oubliais ! C'est vrai que toutes les décisions que nous avons prises jusqu'à là étaient complètement irréfléchies et calquées sur celle de Mervyn ! »

« Ce n'est pas ce que j'ai dis. Mais cette fois, votre idée est beaucoup trop risquée. »

« Bien sûr, je comprends. », poursuit-il sur le même insupportable transpirant de cynisme. « C'est vrai que tu risque de gagner tous les électeurs qui ne sont pas d'accord avec ton père et de prendre de l'avance dans certains projets politiques, c'est extrêmement périlleux. Oh et bien sûr de perdre l'approbation du Saint Paternel mais ça n'a aucun poids dans la balance, n'est-ce pas ? »

Je grimace en réaction à la désagréable allusion.

« Je risque surtout de me faire des ennemis puissants et de passer des alliances avec des personnes encore trop faibles. Et je ne sais même pas si ces projets ont une chance de succès. »

« Hum.... inutile de préciser que je déteste être de son avis mais, Hunter a raison. Les projets sont fait pour être révisés s'ils ne fonctionnent pas et les personnes faibles peuvent être placées au bon endroit pour devenir plus fortes. Sans compter que nous avons déjà Wilkes et Goyle de notre côté. En plus de l'apport financier des Lannister bien sûr. », conclue-t-il la tête haute.

« Inutile de préciser que je n'avais pas besoin du soutien d'un elfe, bien sûr. »

Je pousse un soupir en passant une main lasse sur mon visage. Les voilà à nouveau donc ligués contre moi. Est-ce qu'ils se rendent seulement compte de ce que cela signifie ? C'est un tournant majeur ; un aller sans possibilité de retour. Une fois que je me serais démarqué de mon père, je ne pourrais plus revenir en arrière. Je savais que ce moment arriverait, parce que c'est ce que j'ai toujours voulu, mais je ne le pensais pas pointer son nez aussi tôt. Puis-je vraiment prendre ce risque, avec une femme enceinte, deux enfants en bas âge, tant d'incertitudes et tellement de choses à perdre ? Qu'en dirait Clio ? Et Callie ? Et...

« Bien. En attendant que tu cogi... »

« Reste là. Je.... asseyez-vous. » je demande en m'attendant à ce que seul Carter obéisse. Ce qui bien sûr se produit.

Je regagne mon siège la mine sévère. Je sais qu'il est temps d'agir quand je commence à me poser trop de question.

« Je... j'ai besoin d'y réfléchir encore un peu. Je veux qu'on ré-examine attentivement la liste de nos sympathisants. »

« Pour la vingt-septième fois tu veux dire ? »

« Ce sera fait pour mercredi. » déclare solanellement Lannister.

« Lundi soir. Il faut que je sois sûr au plus tôt. Corvus, j'ai besoin de revoir avec toi tous les termes. »

« Evidemment... », soupire-t-il avec un agacement certain. « Tu ne m'en voudras pas si je ne t'annonce pas de délai miraculeux ? Sur ce je vais prendre des décisions autrement plus importantes. »

A savoir la brune ou la rousse, je devine. Ou la prune ou la mirabelle. A moins que ce ne soit les deux ? Cette fois-ci je le laisse partir sans le retenir. Carter se lève à son tour pour se mettre au travail. Merlin.... j'espère que c'est vraiment la bonne décision.

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Arutha L. Kark
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MessageSujet: Re: The ever after   Mar 30 Aoû - 13:56



14 mars 2033

Finalement, tout ça pour ça. Je plante ma fourchette dans mon morceau de roastbeef sans conviction. En relevant la tête je surprends Freya et Amaranth qui m’observent du coin de l’œil avant de rapidement baisser la tête. Ils ont compris tous seuls que ce dîner se passerait de bruit et de mots. Ce qui ne les a pas empêchés de finir leurs assiettes en triple vitesse. Les voir attendre que j’ai terminé la mienne pour passer au dessert m’énerve au plus haut point. Cette satanée elfe ne leur a donc rien appris ?

« Yellin, emmène les enfants dans leur chambre et sert leur le dessert là-haut. »

Rosae a l’intelligence de ne pas broncher, elle qui déteste pourtant qu’ils mangent ailleurs qu’à table. Elle se contente de se lever pour leur faire un bisou chacun avant de les confier au soin de l’elfe-nourrice.

« Bonne nuit Père. »
« Bonne nuit Pèèère. » , répète fièrement Amaranth.

Je ne prends pas la peine de leur répondre. Je ne suis pas d’humeur et j’aurais toute la vie pour me rattraper. Du moins l’aurais-je si je prends la bonne décision. Je lâche brusquement ma fourchette et repousse mon assiette ; rien à faire, ça ne passe pas.

« Tu n’as pas obligé de décider tout de suite. »

Je laisse échapper un claquement de langue agacé. Est-ce que c’est censé être rassurant ou intelligent ? Parce que ce n’est ni l’un ni l’autre !

« Merci pour ton aide précieuse Rosae ! D’autres réflexions aussi utiles à partager ? »

Je la vois pincer des lèvres mais elle parvient à contenir ses émotions.

« Personne ne t’oblige à hisser le drapeau blanc. », reprend-elle doucement. « Mais s’il te permet de contourner le fort et de …. »

« Tu penses vraiment que je n’y ai pas pensé tout seul ?! »

Cette foi-ci  je repousse carrément ma chaise pour me lever d’un bond. Je vous jure, il y a des fois où je me demande pourquoi j’ai épousé une blonde ! J’aurais dû en prendre une avec plus de jugeotte. Mes pas me conduisent dans mon bureau – et plus exactement face à l’arbre généalogique des Kark – où elle me rejoint quelques minutes plus tard. J’aurais dû verrouiller la porte….

« Je sais que tu as déjà réfléchis à tous les paramètres parce que c’est ce que tu fais de mieux. Tu te poses toutes les questions, les bonnes questions, et tu finis toujours par trouver la meilleure réponse. »

Je grogne en m’écartant de ses bras. Si j’avais vraiment trouvé la bonne réponse la dernière fois, je n’en serais pas là. Comme si elle avait lu dans mes pensées, elle reprend sur le même ton calme :

« La preuve : tu as maintenant le choix. Les perdants n’ont jamais le choix. »

« Quel choix ! » , j’ironise d’un ton mauvais.

« Il n’empêche que tu l’as… contrairement à avant. » , se permet elle de rappeler.

Je grimace mais je dois reconnaître qu’elle a raison. Jusqu’à là je me contentais de courber l’échine dans l’espoir de gagner quelques galons. Mais hier soir j’ai gagné le droit de la redresser pour devenir son …. partenaire. A l’heure actuelle, je ne vois pas de meilleur terme.  

« Il faut que je le vois. »

Elle hoche la tête, bien que je la devine vexée que son avis ne me suffise pas.

« Je le contacte. »




❃❃❃


Nuit du 14 au 15 mars 2033

Voilà. Il sait tout ; l'absolution offerte par mon père, son discours sur l'importance de notre famille, sa proposition.... et la réponse que je lui ai faite. Corvus sait tout. Et reste pourtant silencieux, les yeux plongés dans son verre.

Je l'observe sans oser interrompre sa réflexion. Je crois deviner quelles pensées le traversent.... et quels doutes. Après tous les sacrifices pour en arriver là, ce tournant a tout l'air d'un énorme bond en arrière. Et c'est bien comme ça que je l'ai perçu hier soir, quand il a finalement quitté ma demeure.
Le mot "alliance" résonnait alors à mes oreilles comme un le cri d'un augurey. Ou comme un aveu de défaite. Je suis enfin libre, enfin dissocié de son image, et lui vient tout balayer d'un beau discours. Il comprend. Bien sûr qu'il comprend ; je suis son fils. Nous avons les mêmes ambitions, la même détermination tranchante et les mêmes méthodes. Mais la famille passe avant tout. Le nom des Kark s'est forgé une réputation inébrenlable sur plusieurs décennies et il doit être préservé coûte que coûte. Ensemble ou séparemment. L'important est de rester unis, malgré les apparences. De récupérer l'électorat qu'il n'arrive pas à avoir, comme j'ai commencé à le faire en le contredisant, de m''assurer ses voix et de les conduire à lui malgré tout sous une autre couverture. Même s'il l'a présenté comme un "nous" ....

Comment refuser un accord tel que celui-là, me garantissant à la fois l'absolution paternelle pour cet écart et une vie prospère ? Comment ? J'ai dû me poser la question une centaine de fois depuis qu'il a quitté mon manoir moins de vingt-quatre heures plus tôt.... Une centaine de fois après avoir accepté tacitement sa proposition. Inutile n'est-ce pas ? A moins que mon constement ne soit que factice.

L'est-il vraiment ? Réussirais-je à profiter de cette fausse paix, la conscience tranquille, avant de lui lancer un maléfice dans le dos ? Est-ce vraiment le seul choix possible : la retraite ou la trahison ? Et si ça l'était..... si ça l'était, je choisirai la deuxième option. Comme lui l'aurait fait à ma place. Simuler pour prendre. Prendre pour grandir. Grandir pour écarter. Et finalement prendre la place.

Corvus repose doucement le verre qu'il faisait tourner entre ses doigts. Je l'observe pincer les lèvres et devine avant qu'il ne se retourne vers moi qu'il a choisit sa réponse. Mon coeur se serre dans ma poitrine.

« Tu as toutes les raisons de douter mais... je te donne ma parole que je n'ai pas l'intention de revenir en arrière et ... je souhaiterais que tu me croies. »

Une supplication ? Presque. J'entends le sang battre à mes oreilles tandis qu'il me dévisage, sans laisser transparaître aucune émotion. Il pousse finalement un soupir qui me laisse dubitatif.

« Au contraire petit Kark. J'ai tout intérêt à te faire confiance. »


❃❃❃


22 mars 2033

Il lève les yeux de l’artefact qu’il est en train de manipuler dans tous les sens pour m’accorder un regard curieux. Bien ; ne pas se dégonfler. Mon idée est bonne, j’en suis certain. Et l’aspect qu’elle prendra.... également.

« Eh bien.... maintenant que nous sommes plus ou moins entre nous, j’ai pensé à un signe de reconnaissance et de ralliement. »

« Tant que tu me forces pas à porter une rose blanche à la boutonnière. » , s’amuse-t-il.

« Non, les fleurs ont trop tendance à s’enraciner. » , j’ironise en référence à l’Ombre de la Rose Noire paternelle. « Je pensais à quelque chose de plus animal. »

« Ah ? Tu as enfin décidé d’assumer ton côté canin ? » , raille mon ami.

« Eh bien en fait... »

Son sourire laisse place à une expression plus sérieuse, teintée de surprise. Au moins n’aurais pas besoin de lui dire d’où vient mon inspiration... tirant ma baguette de sa poche, j’effectue une rotation de poignet en direction d’un espace vide.

« Fumistros. » , j’énonce d’une voix claire et sûre d’elle.

Une épaisse fumée noire s’extrait de mon arme. Elle s’élève doucement dans la pièce en prenant d’abord une forme indistincte. Puis apparaissent des pattes, un museau, deux oreilles... Je tourne un regard légèrement anxieux vers Corvus. Il observe le Sinistros avec ce que je crois être de la considération. Et soudain, il éclate de rire. Je le regarde lâcher son artefact, l’âme blessée. Parfait. De toute façon je n’en attendais pas moins. Je lève la main pour faire disparaître le grand chien noir d’un finite. Mais une main se pose sur mon poignet avant que j’ai eu le temps d’exécuter ma manœuvre.

« Ne te méprends pas Petit Kark. » , m’interrompt-il en étouffant son rire. « Je suis très admiratif de ta capacité à inventer un sortilège comme celui-là. Quand au signe de ralliement ...  »

Il laissa sa phrase en suspens deux secondes. Je ne doute pas un instant qu’il le fasse exprès.

« ... aucun ne t’irait mieux que celui-là, Kark. »

Et je sens cette fois-ci de l’approbation au fond de sa voix. Nous reposons tous les deux nos prunelles sur le Sinistros de fumée. Cette fois, je suis bel et bien lancé.




Dernière édition par Arutha L. Kark le Mer 27 Sep - 11:22, édité 3 fois
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Arutha L. Kark
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MessageSujet: Re: The ever after   Jeu 1 Sep - 13:14



12 janvier 2036

« Papa ? »

Mon premier réflexe est de planquer la bouteille sous l’accoudoir de mon fauteuil. Le deuxième de lancer un regard courroucé à Corvus qui roule des yeux. Et mon dernier de tourner la tête pour regarder ma petite Bryonny courir vers moi sans se casser la gueule. Merci Merlin ! Je détesterai que ma progéniture se ridiculise devant mon ami. Même si de base, elle ne devrait même pas être ici. Que fait encore cette fichue elfe nom d’une goule ?!

« Qu’est-ce que tu fais là toi ? » , je demande sévèrement. « Tu es censée être dans lit. »

« Pas envie. » , rétorque-t-elle le plus naturellement du monde en s’agrippant à mon genou.

« Où est Yellin ? »

« Dans l’eau. »

Pardon ?! Qu’est ce que foutrais l’elfe censée garder mes enfants dans de l’eau ? J’ignore les ricanements et la pique moqueuse de Corvus à ce sujet.

« Quelle eau ? Où ça ? »

Mais ma fille est trop occupée à escaler mes jambes dans l’espoir de se hisser dessus. Je la repousse – peut être un peu brusquement – en lui attrapant les deux poignets. Il n’est pas question qu’il me voit en papa gâteux avec ma fille sur les genoux.

« Papaaaaa. » , râle-t-elle.

« Où est Yellin ? » , je répète.

« Avec Feya. »

« FReya » , je corrige. Et soudain le lien se fait. « Tu veux dire dans la salle de bain ? »

« Bah vi. Avec Feya dans l’eau. »

Je soupire tandis qu’elle essaie une nouvelle fois d’échapper à ma prise pour grimper sur mes genoux.

« Non. Tu retournes te coucher demoiselle. »

« Pas envie. »

Elle s’échappe pour courir cette fois-ci vers Corvus. Par les burnes de Merlin... Je ne parviens pas à savoir s’il est amusé ou agacé. Un peu des deux sans doute.

« Bryonny ! » , je gronde en me levant.

« Quelle autorité. » , se moque Corvus tandis qu’elle le supplie de le laisser monter sur ses genoux. Je le vois alors lever les bras.

« Ne fais pas ça. » , je le préviens. « Surtout ne.... »

Trop tard. Il la soulève, la retourne et la pose sur l’accoudoir la tête à l’envers. A sa plus grande joie bien sûr... elle éclate de rire en se tordant dans tous les sens. Pathétique. J’ai honte.

« Haaaaaaa ! Il est two rigolo Couvus ! » , pouffe-t-elle.

« Bravo. » , je commente en lançant un regard noir à mon ami. « Allez descends de là. »

« Naaaaan ! »

Elle se retourne et s’accroche au bras de Hunter. Soudain, elle aperçoit sa montre à gousset et s’extasie.

« C’est quoi ça ? »

A peine a-t-il eu le temps d’ouvrir la bouche qu’elle a changé de cible, pour désigner à présent la chevalière qu’il porte.

« C’est quoi ça ? »

Puis la poche enflée dans son manteau.

« C’est quoi ça ? »

Cette fois, je crains réellement qu’il s’agace. En plus d’avoir assez honte du comportement on ne peut moins respectable de la dernière Kark. Il va vraiment falloir que je touche deux mots à Yellin. Sans plus attendre une seconde, j’attrape la gamine de bientôt 4 ans et la soulève pour la caler sur mon épaule, comme un vulgaire sac.

« Allez, on va se coucher. »

« Naaaan ! Je veux ester avec Couvus. »

« CoRvus. » , je corrige en la ramenant à la porte, les joues encore un peu plus rouges d’embarras.

« Papaaaa ! Pas envie, pas enviiiiiiie, pas enviiiiie ! » , martèle-t-elle en se trémoussant violemment sur mon épaule.

Et scroutt ! Manquerait plus qu’elle me fasse une crise ! Calqué sur mes pensées, Corvus laisse échapper un rire cynique.

« La preuve vivante que Rosae t’es entièrement fidèle. » , raille-t-il.

Je lui adresse un regard noir. Oui, je sais, la ressemblance est aussi frappante physiquement que caractériellement. Mais ce n’est vraiment pas le moment ! Elle continue de se débattre et j’ai presque envie de lui jeter un pétrificus quand soudain, la porte du salon claque avec fracas. Je ralentis aussitôt, hésitant.

« Papaaaaa ! Laisse moi ! »

Je lance un regard en coin au fessier qui continue de se trémousser sur mon épaule puis pose une main sur la poignée. Lorsque je l’actionne, la porte reste hermétiquement fermée. Et j’ai beau tirer dessus, elle ne s’ouvre pas. Comme toujours, la magie infantile inconsciente est puissante. J’entends Corvus rigoler derrière, bientôt rejoint par ma petite Bryonny.

« Haaaaaa ! C’est two rigolo ! »

« Besoin d’aide petit Kark ? »

Je l’ignore mais repose quand même ma fille sur le sol ferme pour la laisser courir vers mon fauteuil. Je l’observe prendre ma place en riant, puis se pencher de chaque côté pour regarder sous les accoudoirs. Quelle chieuse ! Il faudra impérativement que je limite ses interactions avec Corvus, histoire qu’elle ne s’en inspire pas trop... Mais même si cela devait arriver, je suis certain qu’elle grandira pour devenir une merveilleuse sorcière. Parce que c’est la plus précoce de mes trois enfants, à 3 ans et dix mois.

Tentant difficilement de dissimuler mon émotion face à ce premier acte de magie, je retourne sur mes pas pour récupérer ma fille. Une vraie Kark.
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Arutha L. Kark
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MessageSujet: Re: The ever after   Mer 27 Sep - 14:44



8 avril 2043

Voilà. J'en étais sûr. J'aurais pu le parier avec moi-même. Je pousse un long soupir irrité avant de me lever de mon fauteuil, moins parce que j'ai envie de le voir que parce que je sais qu'il ne nous laissera pas tranquille tant que je ne lui aurai pas adressé deux mots. Je déboule dans le hall d'entrée d'un pas vif et aperçoit immédiatement la silhouette qui confirme mes soupçons.

« Corvus. Je regrette mais je n'ai pas le temps de te recevoir. » j'annonce directement d'un ton tranchant.

Il m'adresse un regard mi-surpris mi-amusé en prenant le temps d'enlever sa cape et de la confier à l'elfe. Comme si rien de ce que je venais de dire n'avait la moindre importance. Je serre et desserre frénétiquement les doigts en tentant de garder mon calme.

« Un autre soir peut-être. » j'insiste avec un sourire mielleux.

« Quel accueil chaleureux ! Ca tombe bien, je ne viens pas pour toi. »

« Je sais pourquoi tu es là. » j'avoue d'un ton glacial. Ou plutôt pour qui. « Je t'interdis d'le voir. »

Je devine à son sourire mauvais qu'il avait anticipé cette réponse. Ce qui me donne encore plus envie de le foutre dehors à la vitesse d'un waddiwasi.

« Je ne changerai pas d'avis, alors...  »

Mais Corvus ne me regarde déjà plus. Ses yeux visent un point derrière moi, bien au-dessus de ma tête. Je me retourne pour voir ce qui peut autant le captiver et découvre Amaranth se tenant en haut de l'escalier avec un air de chien battu. Il détale la tête rentrée dans les épaules avant que je n'ai le temps d'ouvrir la bouche. Parfait. Je lui ferai payer cette nouvelle désobéissance plus tard. Je pivote à nouveau pour faire face à son parrain mais.... il n'est plus là. Sa cape est pourtant toujours bien posée dans les bras de l'elfe. Et scroutt !! Je fonce vers le vestibule qui permet aussi d'accéder à l'étage supérieur mais il n'est pas là. Où est passé ce foutu Hunter ? Je retourne dans le hall, ouvre la porte du salon (sans succès) puis rentre dans mon boudoir privé à tout hasard... et le trouve penché au-dessus de ma collection de bouteilles française.

« Tu cherches quelque chose petit Kark ? » demande-t-il d'une sans même prendre la peine de me regarder.

« Je vais te demander de partir. »

Cette fois-ci il se retourne pour me dévisager d'un air on ne peut plus sérieux. Je discerne même de l'agacement dans son expression.

« Vas-tu vraiment m'obliger à me répéter ? Ce n'est pas toi que je suis venu voir. »

« Alors je vais moi aussi te répéter qu'il est hors de question que tu le vois. » je rétorque en articulant exagérément chaque mot. « Il est absolument hors de question que tu lui demande comment c'était avec ton espèce de sourire amusé et que tu le sermonnes gentiment ensuite. Il ne verra personne d'autre que l'elfe avant de retourner à Poudlard et il va comprendre dans quoi il a mit les pieds ! »

« Et toi qui avais peur d'être excessif ! » se moque-t-il en référence à la première fois où j'ai sermonné Freya des années plus tôt, avant de regretter de m'être emporté et de craindre d'être allé trop loin. Mais cette fois c'est complètement différent ! Il est d'ailleurs intolérable qu'il compare cette situation à la première !

« JE NE SUIS PAS EXCESSIF !! » j'explose.  

Et soudain la même rage qui me consumait quatre jours plus tôt revient au galop. Une fureur que je n'avais pas connu depuis des années, des décennies mêmes ! J'ai chaud, je brûle d'attraper ma baguette pour faire exploser des objets dans la pièce et mes bras s'envolent à mesure que j'éructe chaque pensée qui me torture l'esprit depuis quatre jours.

« Est-ce que je l'ai TRAHI ? Est-ce que je lui ai infligé la PIRE HUMILIATION DE SA VIE ?! Est-ce que j'ai adressé un geste obscène à son employé avant de me barrer côté moldu pour disparaître dans la nature pendant des heures ?! DES HEURES !! CA c'est excessif !! »

Et Corvus qui me regarde hurler en prenant la liberté de déboucher une bouteille. Putain ! Je lui balancerai un maléfice en pleine face si j'étais pas trop occupé à cracher ma rage ! Surtout que c'est sa faute !

« Et ne viens pas me dire que tu viens jouer ton rôle de parrain ! Je sais très bien que tu es là parce que Rosae t'as envoyé une missive et je sais très bien ce que c'est ton foutu rôle de parrain ! Tu passes ton temps à lui bourrer la tête de conneries et à l'inciter à aller plus loin, toujours plus loin ! A s'amuser, à prendre des risques et à emmerder tout le monde parce que c'est tellement drôle ! Ce qui arrive est de ta faute Corvus ! »

Et voilà, c'est dit ! Je le regrette déjà mais tant pis, il fallait que ça sorte ! Corvus me lance un regard terriblement mauvais en semblant attendre que j'ai terminé. Comme s'il s'agit d'une représentation particulièrement pénible mais inévitable. Putain ! Est-ce qu'il réalise que ça me donne au contraire envie de continuer à hurler ?! Pourtant j'essaie. J'essaie vraiment de ronger mon frein. De souffler fort. De croiser puis décroiser les bras pour occuper mes mains en attendant de retrouver mon calme.

« C'est tout ? D'autres récriminations petit Kark ? »

« Ce sera tout si tu rentre chez toi. » je rétorque d'un ton tranchant.

« Crois-moi .... » siffle-t-il d'un ton acide. « Ce n'est pas l'envie qui m'en manque. Mais tout ne tourne pas autour de ta petite personne et je suis venu pour parler à quelqu'un d'autre ici, que ça te plaise ou non. »

« Tu va me forcer à te foutre dehors par la force ? » je menace.

« Je serais curieux de voir ça. »

Nom d'une goule ! Son ton défiant me donne envie de le prendre au mot sur le champs ! Mais je sais parfaitement que je ne peux pas faire ça. Pas si je veux éviter un long conflit houleux qui me coûterait beaucoup plus qu'une blessure d'orgueil. Corvus Hunter a beaucoup trop d'importance pour que je le balance dehors comme un vulgaire sang-de-bourbe, sous le coup de l'impulsion, et je sais qu'une fois la colère retombée je le regretterai. Beaucoup. Toutefois, il n'est pas question de céder pour autant.

« J'ai juré qu'il ne parlerait à personne et ne sortirait pas de sa chambre avant de retourner à Poudlard et je suis... »

« ... un homme de parole. » raille Corvus en s'asseyant sur le fauteuil en face. « Ou bien l'es-tu vraiment ? Il me semblait pourtant avoir eu ta parole de ne plus me balancer de mots aussi gentils sur ce ton. »

Je serre les lèvres, bien incapable d'admettre qu'il a raison ou de m'excuser. Parce que même si je l'ai effectivement dit, je suis persuadé de ne pas avoir tout à fait tort sur son implication dans les conneries de mon fils. Peut-être pas celle-là en particulier mais de manière générale, je sais qu'il le pousse à faire certaines choses que je désapprouve.

« J'ai promis à un ami d'être le parrain de son fils et de veiller sur lui. » reprend-t-il sur le même ton cynique. « Devrais-je me parjurer ?  »

Je laisse échapper un rire moqueur.

« Il n'a pas besoin que tu le protèges ! Etre enfermé dans une chambre n'a jamais tué personne ! Je suis même trèèèès indulgent ! A ma place il.... »

Je m'interrompt de justesse avant de prononcer les mots fatidiques. Malheureusement, je vois dans son regard qu'il sait parfaitement bien où j'allais en venir. Scroutt ! Je ne lui ferais pas le plaisir de terminer ma pensée. Si je commence à comparer à voix haute les châtiments que j'inflige à mon fils à ceux que m'infligeais mon propre père, Corvus ne me ratera pas.  

« Oui petit Kark ? Il ? »

« Deux semaines ne seront pas de trop pour le faire réfléchir. » je grogne en ignorant la question. « Et .... il se remettra du reste. » je marmonne en supposant que Rosae a mentionné les quelques maléfices cuisants que j'ai envoyé dans la figure d'Amaranth sous le coup de la colère.

« Dans le reste, tu comptes aussi le chien de garde que tu va lui coller aux basques à Poudlard ? »

« S'il n'est pas content, il n'a qu'à s'en prendre à lui-même ! » je scande en sentant la colère me gagner à nouveau. « Quand on est incapable de se comporter comme un fils de ministre, il faut s'attendre aux conséquences qui vont avec ! »

« Je ne me rappelais plus que tu étais aussi irréprochable.... »

« Je ne suis jamais passé du côté moldu, moi ! Je n'ai jamais fait honte à mon père en me faisant arrêter par un brigadier ! Mes amis étaient des gens fréquentables, pas des putains de Gryffondor ! Et encore pire, des putains de Flint avec trois fois rien dans le crâne ! Il est hors de question qu'il revoie ce petit con et si je dois le faire suivre à Poudlard pour ça, tant pis pour eux ! »

Il me fixe quelques secondes de son regard sévère avant de prendre une gorgée de vin blanc d'un air résolu.

« Très bien. Admettons que tu lui colles un brigadier au cul... »

« Ce sera une fille de septième année indétectable. » je corrige en devinant où il veut en venir... avant de réaliser que je n'aurais peut-être pas dû préciser ce détail au parrain de mon fils. Il esquisse un sourire moqueur puis reprend calmement :

« Ou une charmante jeune fille de bonne famille qui le suivra partout pour l'empêcher de fréquenter son meilleur ami. Ou n'importe laquelle de ses connaissances qui aurait le malheur de rire un peu trop suspicieusement avec lui, de lui chuchoter quoique ce soit même s'il s'agit du nom de son dernier plan cul et de l'entraîner dans une aventure un peu trop douteuse pour un fils de ministre. »

« Ca lui apprendra à fréquenter les bonnes personnes. » je maugrée en attrapant un verre et la bouteille à mon tour.

Corvus éclate d'un rire mauvais.

« Rappelle-moi, dans quelle catégorie est-ce que tu me classais exactement ? »

Je lui adresse un regard noir en prenant une grande gorgée de liquide dorée.

« C'est totalement hors propos. » je rétorque de mauvaise foi. « Tu étais déjà un brillant avocat et .... »

« ... j'avais déjà une bonne réputation qui me précédait. » m'interrompt-t-il avec un putain de sourire fier. « Mais si tu tiens vraiment à avoir toutes les atouts en main petit Kark, je t'accorde volontiers celui-là. Admettons que j'avais une bien meilleure influence sur toi que ces Gryffondors sur Amaranth.... ce qui est probablement le cas. » ajoute-t-il d'un air pensif. « Soit. Si tu veux, on peut même pousser le vice jusqu'à admettre qu'il ne t'en voudra pas de l'avoir isolé de toutes les personnes avec qui il apprécie de passer du temps et qu'il ne sera pas tenté de faire toutes les conneries qui lui passe par la tête par pu esprit de rébellion comme le font tous ces Gryffondors. Même si ce serait commencer à pousser un peu les probabilités.... »

« Je vois très bien où tu veux en venir. » je coupe fermement. « Il comprendra plus tard que j'ai fais ça pour son bien. »

« Hm. Comme ton père a fait tout ça pour le tien ? » lance-t-il d'une voix nonchalante avant de reprendre tranquillement une nouvelle gorgée de vin. Comme si de rien n'était. Comme s'il ne venait pas de me balancer la pire saloperie de la soirée. Me comparer à Mervyn dans ce domaine est.... indescriptiblement blessant. Et il le sait. Oh oui, il le sait parfaitement bien. Je peux le voir déchiffrer tout ce que j'en pense dans mon regard assassin.

« Tu es le mieux placé pour savoir ce que donnent ce genre de méthodes. » reprend-t-il calmement.

Je m'apprête à lui répondre que ça n'a rien à voir et qu'Amaranth et moi n'entrerons jamais dans un tel conflit. Qu'il ne fera pas de nouvelles conneries, plus grosses que la précédente, par frustration et par esprit de contradiction et que je ne deviendrais pas de plus en plus sévère et mauvais. Qu'on entrera pas dans un engrenage sans fin où aucun de nous deux ne voudra jamais s'avouer vaincu et qu'on ne pourrira pas notre relation père-fils définitivement à cause de cette mésaventure. Mais je vois tous ces évènements défiler devant mes yeux à l'instant où je m'apprête à balancer ce tissu de mensonge. Et je referme la bouche rageusement.  

« Il est hors de question que je le laisse s'en tirer aussi facilement. » je crache avec fureur.

« Plusieurs maléfices douloureux et une confrontation avec toi n'est probablement pas ce que j'aurais appelé s'en tirer facilement » ironise Corvus. « mais je suppose qu'on a chacun notre vision des choses. »  

« Tu n'étais pas là ! »

Comment pourrait-il savoir ce qu'il s'est passé ? Savoir ce que j'ai ressentis quand Fawcett est venue m'annoncer ce qu'il c'était passé et que j'ai dû attendre pendant plusieurs heures dans mon bureau, rongé par la rage... et surtout l'inquiétude. Comment pourrait-il me juger sur quelque chose qu'il n'a pas vécu, ne peut pas comprendre ?!

« Tu te doutes bien que j'ai eu tous les échos qu'on pouvait avoir. Tous ceux qui méritaient d'être entendus. » précise-t-il en croisant mon regard. Oui, oui, message reçu cinq sur cinq : tu as aussi eu la version de Fawcett qui m'a vu tourner dans mon bureau comme une chimère enragée dans sa cage. Les gens ne peuvent-ils pas apprendre à fermer leur putain de gueule ?! L'idée qu'il puisse toutefois considérer aussi l'état dans lequel je me trouvais m'aide à me calmer un tout petit peu. Mais alors vraiment un tout petit peu.

« Et donc je devrais juste lui faire une leçon de moral et le laisser gambader à nouveau à Londres selon toi ?! »

« Je suis impressionné par la confiance que tu as en ton ministre adjoint. » lâche-t-il d'un ton mauvais. « Est-ce que j'ai l'air con au point de ne pas réaliser tout seul quels dangers représente le monde moldu ? »

« Ce n'est pas ce que j'ai dis.  »

« Non mais tu supposes visiblement que si ça avait été mon fils je me serais contenté de lui demander comment c'était avec un sourire amusé et de lui faire un gentil sermon avant de le laisser ressortir. Ou bien tu estimes peut-être que je n'éprouve pas assez d'affection pour Amaranth pour me donner la peine de faire plus que ça ? Que je ne me soucie pas vraiment de ce qui lui arrive. »

Je sens le rouge me monter aux joues malgré moi. Comme un enfant pris la main dans le sac. Je me ressors du vin d'une main tremblante en évitant son regard. Et soudain, je réalise que dans ma fureur et ma certitude de savoir ce qu'il en penserait, ce qu'il en dirait, je n'ai pas abordé le sujet une seule fois avant ce soir avec lui. Alors qu'il est censé être mon ami le plus proche. S'est-il vexé d'avoir été contacté par Rosae sans avoir un seul mot de moi ? " Probablement " je reconnais en croisant à nouveau son regard. Alors je me force à prononcer les mots qu'il souhaite sûrement entendre.

« Je suis désolé je... qu'est ce que je vais faire de lui ? » je soupire en passant une main lasse devant mes yeux.

« Je suis presque sûr qu'il se posait la même question à ton sujet. » ironise Corvus

« D'accord, je reconnais que j'en ai fais des belles. » j'admets de mauvaise humeur.


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Arutha L. Kark
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MessageSujet: Re: The ever after   Jeu 14 Juin - 0:24



12 mai 2047

L'atterrissage est rude, un peu violent même. Cela dit, je ne m'attendais pas à moins après un si long trajet. J’époussette mon costume neuf puis me retourne nonchalamment vers ce cher Hunter, qui fronce déjà des sourcils en regardant tout autour de lui à la manière d'une girouette. Sans surprise, il ne lui a fallut que quelques secondes pour capter que quelque chose clochait. Les bras croisés et un fin sourire aux lèvres, j'attends qu'il pose la question qui lui brûle les lèvres. Mais c'est oublier que Corvus reste Corvus, avec ses étranges manies et son esprit de contradiction à la con. Il croise les bras et me fixe à son tour. Je pousse un soupire.  

« Nous sommes bien en France. Ce n'est pas ma faute si tu as omis de me demander des précisions sur la ville dans laquelle nous nous rendions. »

« J'ignorais que les français avaient déplacé leur Ministère au bord de la mer. » ironise-t-il avec son habituelle intonation d'oiseau moqueur.

J'ouvre la bouche mais il réalise avant que je n'ai le temps de le dire :

« Sauf que tu n'as jamais parlé de Ministère. »

Mon sourire s'élargit.

« Ni de politique. Très bien. Puis-je maintenant avoir le privilège de savoir ce qu'on fout dans ce bled paumé ? »

Je le sens aussi tiraillé par la curiosité qu'agacé. Sans perdre ma jovialité, j'annonce :

« On part en vacances. Oh, je suis sincèrement désolé si tu as compris que notre destination finale était en France. Peut-être une confusion dans l'ordre des mots ? » je raille. « Quoiqu'il en soit, notre voyage ne prend pas fin ici. Non : on prend le prochain bateau sorcier pour Hawaï. »

Il laisse échapper un étrange son entre le claquement de langue et le reniflement agacé. Je mentirai si je disais que je ne m'y attendais pas. Alors je me force à expliquer :

« J'ai réalisé que j'avais besoin d'air frais quand j'ai faillis stupéfixier Amaranth hier soir pour être simplement rentré dans mon bureau sans frapper. Si Brie, lui, Goyle ou n'importe quel autre subordonné me répond encore une fois un peu trop spontanément, je risque de leur lancer un maléfice que je regretterai plus tard. »

« Je n'avais pas remarqué. » se moque l'ancien Serdaigle.

« Tu es là à titre professionnel, en tant que bras gauche officiel. Pour le bien et l'avenir du pays, ta mission est dès à présent de distraire le Ministre de la Magie. » je conclue d'un ton solennel.

« Tsss ! Il suffisait de demander. »

« Ca aurait été beaucoup moins amusant que de t'embarquer dans cette longue mission " officielle " de dix jours. Bien ! Première tâche accomplie avec succès. Le bateau arrive dans un peu plus d'une heure, ta seconde besogne est donc d'offrir un verre à ton Ministre en attendant. Je connais une bonne ad.... hey ! »

Et le voilà qui se barre ! Tssss ! Cela dit, il se dirige vers le village sorcier où nous pourrons siroter un verre en attendant notre prochain transport magique. Je le rejoins en quelques enjambées et le laisse m'expliquer à quel point il va prendre cette seconde tâche au sérieux. Je devine que nous n'arriverons pas à Hawaï sobres.... mais après tout, c'est bien pour ça que je l'ai embarqué dans cette escapade qui devenait urgemment nécessaire. Et qui j'en suis sûr, nous fera autant de bien à l'un qu'à l'autre. Comme au bon vieux temps....
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Arutha L. Kark
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MessageSujet: Re: The ever after   Jeu 5 Juil - 23:47


« Bon. Puisque cette fois-ci c'est la bonne.... »

« Je crois bien oui. » rétorque Corvus d'un ton pensif en examinant faussement notre deuxième bouteille.... ou bien est-ce la troisième ? ... peu importe !

Je lui adresse un regard en coin avant de reprendre d'un ton à peu près sérieux - autant que me le permet mon niveau d'alcoolémie en tout cas :

« Puisque cette fois-ci c'est la bonne.... je te laisse prendre en charge tous les frais. »

Le Hunter repose soudainement la bouteille en éclatant de rire.

« Ha ! Et en quel honneur petit Kark ? »

J'aurais pu parier que mon " petit " diminutif ressortirait en moins de cinq minutes. Mais je ne vais pas faire semblant d'être vexé. Non ; je vais même relever la tête pour argumenter mon ingénieuse idée.

« En l'honneur de ton fils qui n'a pas été assez rapide. »

Sans surprise, mon bras gauche ricane à nouveau. Rira bien qui rira le dernier....  

« Bien entendu.... » répond mon ami en retrouvant à peu près son sérieux. « En l'honneur de mon fils. Et certainement pas en l'honneur de ta fille qui s'est entêtée à vouloir épouser son Schmidt. »

« Si Jay avait prit les devants, on en serait pas là. » j'insiste avant de vider le fond de mon verre.

« Oups ! Je crois que tu as oublié la négation petit Kark. Ce ne serait pas plutôt : si Jay n'avait pas prit les devants, on en serait jamais arrivés là ? »

Je hausse nonchalamment des épaules en comprenant le sous-entendu. Bien qu'on ait jamais réussit à obtenir la version complète et " Certifiée réelle " de l'histoire de leur remise en couple (après de nombreuses tentatives à la fois subtiles, sophistiquées et intelligentes), on a prit soin de mettre en commun les pièces de puzzle subtilisées pour comprendre ce que nos rejetons avaient fait, s'étaient dit et à qui revenait tout le mérite. Conclusion de cet exposé ? Tout le mérite revient évidemment à Bryony. Oui oui ; tout le mérite revient à ma merveilleuse fille qui, même fiancée et inaccessible, est indéniablement irrésistible. Comme son père. Et comme lui, elle a sut faire les bons choix aux bons moments. Il est juste regrettable que ce moment ne se soit pas présenté avant que son crétin de Schmidt ne mette un genou à terre mais ça, c'est de la faute de Jay qui n'a pas été assez rapide. Foutu Hunter ! Il mérite bien toute cette dose de mauvaise foi. ILS même ! Et ils n'ont pas finit d'en faire les frais.

« Il a déjà une chance incroyable d'avoir Brie pour fiancée, et toi une chance incroyable de l'avoir pour futur belle fille. Alors contentez-vous d'en profiter et d'aligner les gallions. »

Corvus pince les lèvres avec un fin sourire que je connais trop bien.

« Parfait. Si c'est vraiment ce que tu veux, je prendrai le mariage en charge entièrement . » fléchit-il en me tendant la paume de sa main.

S'il croit que je vais encore me laisser avoir pour ses conneries ! C'en est presque vexant tiens.

« Marché conclu. » Je rapproche ma main de la sienne. « Tu prends le mariage en charge.... » Ma paume se colle à la sienne. « .... financièrement-en-m'laissant-décider-d'tous-les-détails. » je débite rapidement avant de retirer ma main... ou plutôt d'essayer. Mais les doigts du Hunter se sont subitement enroulés autour de mon poignet.

« Bien tenté petit Kark ! »

Ses prunelles brunes accrochent les miennes. Pendant quelques secondes, elles s'affrontent dans un duel sans merci.... Puis nos rires francs brisent la tension factice.

« Bon allez, j'ai soif. » je tente sournoisement sans trop y croire.

Évidemment, ça ne fonctionne pas.

« Ttt ttt ttt ! Nous disions donc... »

« Pas de chimères. » j'attaque de front.

« Quelle idée ! Pas plus de Kark et assimilés que  nécessaire. »  riposte-t-il sans se départir de son sourire.

« C'est pas de ma faute si on est nombreux. »

« Ni de la mienne si ma femme est une circassienne. »

« Si. » je m'oppose d'un ton blasé.

« ... Ah oui ! »

Son expression me donne autant envie de rire que de rouler des yeux. Ou plutôt : son expression me donnerait autant envie de rire que de rouler des yeux si le contact prolongé de sa main ne commençait pas à me déranger. Ami proche ou pas, les contacts physiques n'ont jamais été ma tasse de thé. Et cette goule le sait très bien.

« Pas de décoration morbide, étrange ou déplacée.» j'enchéris sans me démonter.

« L'art est à l'appréciation du mécène Arutha. »

« Ne me dis pas que tu t'es laissé avoir par cette blague ! » je grogne en reprenant ma main de force.

« Laquelle ? » interroge-t-il en nous resservant. « Celle où tu laisse entendre que ta Kark de fille nous laissera décider du moindre détail concernant son mariage ? »

Je ris en faisant tinter mon verre à nouveau plein contre le sien.

« Et où ton Hunter de fils ne s'opposera pas à tous nos plans par pur esprit de contradiction. »

« Il n'y a aucune chance pour qu'ils nous laissent intervenir. » soupire-t-il d'un ton faussement attristé.

« Absolument aucune. » je confirme.

« Ce qui ne nous empêche pas d'essayer. »

« Certainement pas. Concernant les chimères, quelle est l'espèce la plus petite et la plus charismatique dont dispose Esmée ? »

« Avec une préférence pour la taille ou pour le charisme ? »

Merlin que ce mariage s'annonce bien !
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